CHAPITRE II. — EAUX MÉNAGÈRES l
va sans dire que le tuyau de décharge des eaux ménagères, comme le tuyau de décharge des closets. sera muni à o,5o centimètres en avant ou en arrière de son abouchement avec la canalisation horizontale d’un regard de visite. Quant à sa terminaison par un siphon rectangulaire ou en D, si on n’a pas oublié que le bacille typhique peut trouver dans ces petites fosses fixes tous les matériaux et toutes les conditions favorables à son développement, la question d’interposition d’un de ces mauvais modèles d’occlusion siphoïde sera jugée. Il vaut mieux terminer le tuyau de décharge des éviers comme celui des vidanges à o,3o centimètres au-dessus du radier ou de la cunette demi-circulaire de l’égout particulier, de façon à ce que les matières solides ou liquides, y soient projetées aussi exactement que possible en évitant les souillures des parois, et qu’elles viennent tomber, en se délayant, dans une masse d’eau qui les entraînera rapidement du canal particulier dans l’éjecteur de la maison et de là dans la canalisation publique.
Quelques mots seulement sur l’importance, au point de vue sanitaire, de la séparation du tuyau de chute des vidanges et des eaux ménagères.
Dans un certain nombre de maisons de nos grandes villes avec tout à l’égout on rencontré, encore trop
l86 LES VIDANGES ET LES. EAUX MÉNAGÈRES
fréquemment un tuyau de chute commun pour les vidanges et pour les eaux ménagères, c’est-à-dire que les eaux ménagères vont se mélanger aux excreta, non pas dans le drain, dans le canal particulier de la maison (nous reviendrons plus tard sur cette question), mais dans la colonne .de chute des closets. Si la nocuité des émanations fécales dans les logements est hors de conteste, les eaux ménagères susceptibles de fermentation et de putréfaction ne sont pas moins nuisibles qiie les excreta, et il faut les éliminer tout aussi rapidement et tout aussi complètement. Si la fermentation et les émanations de ces matériaux usés peuvent, séparés, être une cause d’infection pour l’habitation, leur réunion dans un tuyau de chute commun ne peut être que plus infect et plus insalubre.
Tous ceux qui s’occupent de l’assainissement de l'habitation connaissent l’odeur fétide qui se dégage des « plombs », de ces boîtes infectes remplaçant l’évier particulier, où on jette tous les immondices, eaux ménagères et matières fécales, dans les habitations ouvrières. Dans certaines de nos maisons aisées, la disposition est peut-être mieux dissimulée que dans les logements d’ouvriers, mais elle est identique puisque l’évier recevant les eaux ménagères, se trouve en communication par son tuyau de décharge avec la co-