‹ Les vidanges et les eaux ménagèresChapitre 72 sur 99 · CHAPITRE II. *— EAUX MÉNAGÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. *— EAUX MÉNAGÈRES

lonne de chute des vidanges, dans laquelle viennent se déverser les eaux grasses et autres, des cuisines, des baignoires, des lavabos. Voilà une disposition, une communication dangereuse, qu’il est du devoir des membres des Commissions des logements insalubres de rechercher toujours pour en exiger l’interdiction absolue. Nulle part il ne doit exister de rapport entre l’évier de cuisine ou le plomb, et le tuyau de chute des vidanges, en admettant même que l’évier ou le plomb fussent munis d’obturations siphoïdes efficaces. Ce serait tolérer l’infection de la cuisine par le closet et exposer l’habitant à l’infection dans tout son logement.

Certains hygiénistes ont attiré l’attention sur l’action délétère du reflux par l’évier des vapeurs, des exhalaisons, des miasmes, résultant du mélange des eaux ménagères aux excreta, dans la colonne de chute des vidanges : leurs conseils n'ont pas été entendus. D’autres ont eu beau affirmer que lorsque de semblables effluves se dégagent régulièrement dans une cuisine il peut survenir « un méphitisme chronique » véritable empoisonnement lent « qui produit quelquefois les accidents redoutables » jusqu’ici on s’est fort peu soucié de leurs avis. Qu’on soit revenu aujourd’hui de ce méphitisme chronique c'est possible, ce qui est cer-

tain cependant c’est que les domestiques qui sont obligés de vivre dans un semblable milieu infecté sont une proie offerte à la fièvre typhoïde. A cela quoi d’étonnant d’ailleurs ? Là où le bacille typhique n’est pas, il ne petit se créer, objectera-t-on ! Mais nous n’avons pas la prétention de croire qu’il se crée spontanément au milieu des matériaux usés qui séjournent sous nos habitations mal drainées ou à écoulement lent, insuffisant, vers l’égout public, mais s’il pullule dans les eaux d’égout de nos grandes villes (et il faut bien reconnaître qu’il doit y exister), il peut pénétrer dans les maisons à assainissement mal compris, mal installé, en quittant l’égout, arriver dans l’éjecteur, puis gagner le drain de maison dont les eaux chargées de matières fécales et de matières organiques offrent au bacille d’Eberth un excellent milieu de conservation : non seulement il y vit, mais il s’y multiplie et par suite de cette pullulation dans le canal particulier il peut venir souiller ou l’atmosphère du closet de la cuisine.

Certaines relations d’épidémies de fièvre typhoïde dans des villes drainées (i) démontrent la possibilité de cette propagation atmosphérique. De là l’importance d’une séparation absolue dans l’écoulement des

(i) Mémoires de MM. Poincaré et Duclaux in Revue médicale, de l’Est, loco citato.

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