CHAPITRE II. — EAUX MÉNAGÈRES
nés, des éviers, des lavabos et des baignoires (i). Sa raison d’être est de former une fermeture hydraulique infranchissable au courant des gaz viciés provenant de l’éjecteur et de l’égout public au même titre que le petit modèle placé au-dessous de chacun des orifices de décharge dans la maison s’oppose à l’issue des gaz provenant du canal particulier, de la colonne de chute des vidanges ou du tuyau de décharge des éviers.
Cependant c’est pour nous un devoir de faire remarquer: i° que le siphon en S ne peut s’appliquer partout (parties basses des villes); 2° que le siphon hydraulique ordinaire ne suffit pas. L’hygiène en général et l’hygiène de l’habitation en particulier bénéficient tous les jours des acquisitions de la science et la vé-
(i) Un inconvénient qu’qn pourrait reprocher au siphon hydraulique du pied de l’habitation c’est, pendant l’hiver, la congélation possible de l’eau contenue dans sa panse et l’obstruction, pendant un certain temps, de la conduite d’évacuation mais, pendant les plus grands froids de notre pays, malgré la ventilation, la température du canal éjecteur formant branchement entre la maison et l’égout public se maintient d’ordinaire à plusieurs degrés audessus de o° et semblable accident semble peu probable. La température des égouts et des galeries d’égout reste, même pendant les froids les plus rigoureux, notablement au-dessus de o° .absolument comme dans nos caves. Il en résulte que les eaux d’égout au lieu de geler conservent généralement une tempéra ture de 6° à 7» centigrades, ainsi qu’on l’a observé à Paris pendant les froids si rigoureux et exceptionnels de l’hiver 1879-1880.
rité d’hier n’est pas toujours, en fait d’assainissement et d’outillage sanitaire, la vérité d’aujourd’hui. Si le siphon hydraulique simple, ordinaire, placé au-dessous de la cuvette de nos water-closets et de noséviers ne répond plus aux données rationnelles de i’assainissement intérieur de nos habitations, il en est demême, a fortiori, pour le siphon hydraulique ordinaire placé à l’émergence du drain de maison dans le drain de rue. Ce siphon ne suffit pas parce qu’il est sans sécurité; d’abord, il peut se siphonner lui-même,
, c’est-à-dire que sous l’action d’une succion produite, dans l’égout ou dans l’éjecteur, ou par suite d’une chute trop brusque et trop abondante, sa garde d’eau court le risque de disparaître ; il ne convient pas non plus, parce qu’une brusque augmentation de pression dans les égouts suffit pour en faire passer l’air à travers la couche d’eau, de six à sept centimètres,, remplissant la panse de ce siphon. Avec une garde d’eau limitée à une épaisseur de quelques centimètres ou sujette .à s’épuiser et à disparaître, avec une obturation hydraulique souvent plus hypothétique que réelle, on court le risque de laisser le gaz des égoûts pénétrer facilement dans les habitations.
: M. le D r Van Overbeck de Meijer, professeur d’hÿgiène à l’université d’Utrecht, dans ses savantes--