CHAPITRE II. — EAUX MÉNAGÈRES Cl
études sur « les systèmes d’évacuation des eaux et immondices d’une ville » (i) formulait déjà en 1879, contre l’insuffisance du siphon hydraulique ordinaire dans l’assainissement des habitations des plaintes, justement méritées. Il accordait la préférence « à un siphon çempli de matières fécales fraîches ou d'une eau fortement chargée de matières tenues en suspension plutôt que rempli d’eau pure ». Outre * l’occlusion insuffisante » et » le déplacement de la cloison hydraulique causé par la différence de tension de l’air aux deux bouts du siphon » il soulevait une objection grosse de conséquences. Sans nier que les microbes puissent être retenus dans le liquide du siphon il admettait que « cependant une fois retenus dans ce liquide ils peuvent très bien s’éparpiller avec quelques gouttes de celui-ci audessus du siphon, adhérer aux parois du conduit intérieur de déversement et reprendre leur voyage aérien avec les gaz qui les détachent ultérieurement. »
. Ces objections de M. le professeur Yan Overbeck de Meijer avaient en 1879 un cachet de véracité qu’elles ont, heureusement pour nous, perdu aujourd’hui. A cette époque, véritable enfance du siphon hydraulique, qu’on ne plaçait guère d’ailleurs au pied de la canalisation, ce siphon ne constituait peut-être qu’un ; ’fOIri Revue d’hygiène et de police sanitaire, 1879, p, 967.. ’
« appareil ridicule » inefficace qui n’opposait au passage des gaz de l’égout qu’une garde d’eau de quelques millimètres « obstacle aisément et fréquemment vaincu par les conditions de pression, de température, etc. », mais quantum mutatur ab illo ! 11 n’en est plus de même aujourd’hui que tous les siphons peuvent et doivent être établis de manière à ménager un effet d'eau sérieux et à rendre le siphonnage sinon impossible du moins exceptionnel. Nos constructeurs français en effet, en ventilant le siphon en couronne, c’est-à-dire en greffant au sommet du siphon hydraulique une tubulure en communication avec l’atmosphère extérieure par un orifice muni d’une grille ou d’une valve, ont non seulement empêché toute succion sur la poche interceptrice des odeurs, mais, en s’opposant au siphonnage, ils ont arrêté tout reflux gazeux de l’égout et des tuyaux de décharge dans l’habitation. C’est le siphon hydraulique modifié si heureusement, c’est le siphon ventilé qu’il convient d’adapter aujourd’hui non seulement sous tous les orifices d’évacuation, mais à la sortie de la maison en aval du drain de rue, car c’est, dans l’état actuel de notre outillage sanitaire, la seule obturation siphoïde véritable et efficace- L’installation de ce siphon ventilé et ventilateur tout à la fois, sous la vôie publique, n’est pas si difficile