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CHAPITRE PREMIER

Vidanges.

Sépara te-System. — Système diviseur. — Tinette filtrante. —- Jetage à la nie. — Systèmes de la guerre à l’eau : fosse fixe et fosse à fond perdu, fosse mobile. — Tuyaux d’évent. — Dry- System ou traitement des matières fécales par les poussières sèches : système Goux, système à la terre ou earth System . — Système à la tourbe, etc. — Installation des closets dans les villes non drainées.

Nous ne nous sommes occupé jusqu’alors que du tout à l’égout, c’est-à-dire d’un seul des modes d’évacuation des vidanges et de$ eaux ménagères. Il faut

23o les vidanges et les eaux ménagères

remarquer que si ce système semble préférable aux ingénieurs et aux architectes, il ne satisfait pas toujours les médecins pour cette raison bien simple qu’on ne l’applique pas partout avec une sécurité absolue et qu’on se contente trop généralement du tout dans l’égout.

Avec le tout à l’égout les citadins n’ont pas â se préoccuper de la façon dont on disposera ultérieurement des eaux vannes et des eaux ménagères de leurs maisons. Moyennant une redevance pour chacun de leurs canaux, avec de l’eau en quantité suffisante (i) pour bien laver les canalisations convenablement ventilées et fréquemment surveillées, ils peuvent facilement se débarrasser de leurs immondices que les municipalités, par des égouts plus ou moins bien établis, transportent au dehors de l’enceinte des villes soit dans le cours d’eau le plus voisin, soit sur des terrains d’irrigation appropriés (champs d’épandage) ou transforment chimiquement (transformation chimique).

Dans presque toutes les villes où ce système est adopté, il ne fonctionne pas encore dans toutes les

(i) Il en faut trop pour en avoir assez, a dit Foucher de Carreil.

rues, si bien que dans certains quartiers il faut tolérer les anciens systèmes de vidange dont tous les hygiénistes réclament la suppression.

Les adversaires du tout à l’égout sans tenir compte ni des résultats favorables obtenus en France ou à l’étranger, ni des indications dont l’hygiène est tenue de s’inspirer, expriment des craintes et se retranchent derrière des hypothèses que l’expérience scientifique, l’observation journalière et l’état de nos connaissances microbiologiques n'ont pu confirmer. Ils font observer aux apologistes du tout à l’égout que tous les perfectionnements apportés dans ces dernières années : siphons hydrauliques ventilés sous les cuvettes des closets, sous les éviers, au pied de la canalisation, n’ont isolé que l'intérieur de la maison et empêché seulement l’air de l’égout de pénétrer dans les tuyaux de chute, au détriment de la rue. D’après eux, toutes les tentatives pour purifier l’air à sa sortie vers la rue, ou pour brûler les gaz des égouts sont insuffisantes et le tout à l’égout est le plus détestable de tous les systèmes. Il est abominable ; il faut le supprimer, le remplacer et le perfectionner. La suppression, c’est le maintien des fosses fixes, le remplacement et le perfectionnement, c’est l’adoption du separate-system ou plutôt des separate-system qui avec la double canali-

sation séparée, « semblent être les derniers mots do -progrès ».

Cependant quand, sans parti pris, on s’est rendu compte de la facilité d’écoulement et d’isolement du tout à l’égout bien installé, on se demande comment on a pu songer à d’autres moyens plus compliqués. On reste stupéfait en entendant vanter les separatesystem avec leurs mécanismes compliqués, sujets à se détraquer, à s'arrêter. Tandis que le premier contribue' à l’assainissement des habitations et des villes, qu’il les débarrasse des eaux de pluie, des eaux d’arrosage,, des boues délayées des rues et des places, des neiges,, des vidanges et des eaux ménagères, tandis que son bon fonctionnement dans l’habitation tient à la quantité d’eau dépensée par chacun dans son closet et sur son évier, tandis qu’avec les interceptions hydrauliques persistantes placées et sous les cuvettes des cabinets, et sous les éviers, et en aval de l’éjecteur, il abaisse la morbidité et la mortalité par affections infecto-contagieuses, les autres au contraire, qui limitent l’usagede l’eau — et c’est là leur inconvénient — tout en ayant une vitesse suffisante d’expulsion, n’acceptent, dans leurs tuyaux de petit diamètre, que les vidanges •et les eaux ménagères et forcent les habitations qu'ils •desservent à faire usage d’une canalisation spéciale

pour les eaux de pluie, de lavage, etc., sans prolit pour la propreté et la salubrité des maisons et des villes.

Les prétendus avantages des separate-system au point de vue de la prophylaxie, qu’on veuille nous les montrer et dans les separate-system avec moyens mécaniques (systèmes Liernur, Berlier et Sohne) et dans ceux fonctionnant par l'usage méthodique des pentes. (Système du colonel W.aring). Qu’importe à l’hygiéniste que. ces systèmes permettent de profiter des plus -petites pentes s’ils n’assainissent pas les maisons ; or, au point de vue de l’assainissement (i) le système Liernur refusant les eaux ménagères ne répond qu’à une partie de la salubrité des habitations. Faisant la guerre à l’eau, lorsque c’est tout le contraire qu’il faut faire, pour assainir le closet et nettoyer la canalisation, il n’est pas hygiénique.

•Le système Berlier faisant également la guerre à l’eau ou en restreignant l’usage, et l’aspiration des eaux ménagères, qui augmente d’autant les frais d’abonnement pouvant s’arrêter à un moment ou à l’autre, par le dé-

(I) Les systèmes d’évacuation des eaux et immondices d’une ville par le docteur Van Overbeck de Meijer, professeur, d’hygiène à l’Université d’Utrecht in Revue d’hygiène et de police sanitaire, 187g, p. <fy.

rangement d’une pièce mécanique quelconque, est un système d’assainissement problématique.

Quant au Shone-system, qui ne diffère du système Berlier qu’en ce que l’aspiration est remplacée par la propulsion ou pulsion par l’air comprimé, il est susceptible des mêmes reproches, l’action des forces naturelles étant toujours préférable à l’action de machines sujettes à s’arrêter, à se casser et à suspendre l’assainissement.

Le système du colonel Waring (Memphis, États- Unis, et Paris) chasse rapidement, il est vrai, hors des habitations les déjections aussitôt produites (i) et les eaux ménagères en suivant la même voie favorisent l’entraînement des matières fécales, mais alors elles se trouvent pour ainsi dire aussi diluées qu’avec le tout à l’égout, puisque sa seule différence avec celui-ci c’est d'exclure les eaux pluviales de ses canalisations (2)...

Nous ne nous arrêterons pas plus longtemps sur ces canalisations étanches qui n’ont d’ailleurs été employées jusqu’ici en France qu’à titre d'essai : les

(1) Consulter : Paris, sa topographie, son hygiène, ses maladies, par M. Colin, p. 242.

(2) Notes sur les Conditions dans lesquelles pourrait être appliqué à Paris le système Waring par Vauthier et Communication à la Commission d'assainissement de Paris, 3i janvier i 885 , par Humblot.

résultats obtenus semblent indiquer qu’elles ne sont .guère susceptibles de s’appliquer que dans les villes où le tout à l’égout avec écoulement rapide des matériaux usés serait inapplicable.

Dans la première partie de ce travail, nous nous sommes appliqué à établir que le tout à l’égout ne répond aux exigences du génie sanitaire qu’à cette condition absolue, sine quâ non, d’une obturation gazeuse parfaite entre les maisons et l’égout public. Nous croyons avoir montré que dans l’installation des closets il faut remplacer tous les appareils à valve métallique par des appareils à obturation persistante pour bien se défendre contre les gaz de la maison et contre ceux de l’égout, et qu’il est aussi nécessaire d’interdire toute communication, tout échange gazeux entre les cabinets et le tuyau de chute qu’entre l’atmosphère de la maison et les émanations de . l’égout « cette continuation de l’intestin malade qui peut devenir un puissant moyen d’extension et de généralisation des maladies d’origine fécale ».

Comme trait d’union entre le tout à l’égout et le système des fosses nous devons consacrer quelques mots à la tinette filtrante qui tient à la fois du tout à l’égout et de la fosse fixe.

La tinette filtrante est, à juste titre, abandonnée ou

presque abandonnée. « C’est l’hypocrisie du tout à l’égout » a-t-on dit. « Le prétendu système diviseur, a fait observer avec raison, M. H. Gueneau de Mussy (i), n’est que la vidange à l’égout à cours ralenti par l’introduction d’un appareil qui ne remplit pas le but pour lequel il est inventé ». C’est qu’en effet « les appareils diviseurs, qui ne sont en réalité que des appareils délayeurs (2), constituent un assainissement partiel et ridicule ».

A Paris l’appareil diviseur ou tinette filtre, avec tuyau de chute à l’égout, a fourni de piètres résultats au point de vue hygiénique.

Dans une discussion à la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, tout le monde s’est accordé à reconnaître que le remplacement des fosses fixes et des tinettes mobiles par les appareils diviseurs n’est qu’une « illusion ».

En Suisse, à Zurich, où la tinette filtre a fonctionné pendant vingt ans, ce système est condamné et abandonné.

Partout on a constaté que les matières fécales se désagrègent en tombant de sorte que « presque tout passe avec les urines, excepté le papier » et il ne reste

(1) Revue d’hygiène et de police sanitaire, t. II, p. 1086.

- <2) Y idal. Revue d’hyg-.tne et de police sanitaire, 1882, p. 499.

finalement dans les tinettes « qu'un amas de ces chiffons » et cela continue fatalement jusqu’à ce que l’engorgement du diviseur nécessite la réparation du filtre.

Après le procès fait à l'appareil diviseur par les hygiénistes les plus compétents de notre époque qui ont refusé aux essais tentés le bénéfice des circonstances atténuantes, notre intention n’est pas de tenter la réhabilitation du système diviseur, séparateur, et dilueur, mais de rappeler uniquement pour mémoire un système universellement réprouvé.

* De l’eau, beaucoup d'eau, trop d’eau » telle est, avons-nous répété après tant d’autres, la solution du problème de l'assainissement des habitations dans les villes drainées. Nous avons montré la nécessité, l’urgence de l’eau comme moyen propulseur et comme moyen isolateur dans toutes les maisons et les villes bien drainées.

Malheureusement l’écoulement continu et immédiat n’est pas praticable partout et toujours. L’absence d’eau ou la privation d’eau en quantité suffisante est l’excuse probable, sinon certaine, des villes où le tout à l’égout n’est pas adopté et où on a su résister à l’entraînement, car malheur à la salubrité des maisons qui sont obligées de compter avec les robinets (1). Pas

(1) D’après Emmerich, Kocii, Reinke, Hprwatii et Sanderson

d’eau, peu d’eau, pas assez d’eau, voilà les seules raisons pour lesquelles il faut, dans certaines villes, tolérer l’évacuation des excreta et des eaux ménagères hors des maisons ou sous les maisons par des procédés spéciaux dont la description et les conséquences au point de vue de l’assainissement vont faire l’objet de la seconde partie de ce travail.

Si, dès le principe, nous jugeons utile d’insister tout’ particulièrement et si longtemps sur ce principe de l’obligation de l’eau dans le drainage des habitations et des villes c’est pour mettre en relief la différence entre le tout à l’égout et les systèmes qui vont le remplacer. Tandis qu’avec le tout à l’égout plus on a d’eau plus l’assainissement devient facile, tandis que l’eau y est l’agent nécessaire, l’agent désinfectant par excellence, ici au contraire, pour éviter les frais de manipulation, de transport, etc., l’eau doit être, sinon supprimée, au moins réduite. C’est ce qui a fait désigner ces systèmes sous le nom générique de systèmes de la guerre à l’eau.

l’eau a une influence spéciale sur les microbes : elle leur enlève leurs propriétés virulentes. Consulter à ce sujet la Revue d’hygiène et de police sanitaire, p. 5 o 3 , i 883 . Congrès des hygiénistes allemands à Berlin : de l’éloignement et de l’emploi des immondices des villes.

La pénurie ou la suppression absolue de l’eau dans les systèmes de la guerre à l’eau doit faire accorder la supériorité au tout à l’égout qui n’est pas l’idéal peutêtre mais qui est certainement, pour le moment, ce qu’il y a de mieux parmi les progrès réalisables dans l’assainissement des habitations. On est d’autant plus tenté de partager cet avis que les vidanges et les eaux ménagères séjournant dans le sous-sol ou dans le voisinage de l’habitation, les dangers d’infection doivent augmenter dans les localités non drainées. On les voit augmenter en effet au fur et à mesure que des infiltrations. profondes et lentes sont venues souiller le sol, le sous-sol, l’eau des puits et finalement l’air des habitations.

En maintenant le système des fosses et des puisards, on maintient la souillure de l’atmosphère, du sol et des eaux. Le méphitisme des habitations est obligatoire ; l’infection des logements dont les mauvaises odeurs ne donnent ni la mesure, ni le danger, est d’autant plus fatale que pour assurer l’écoulement des vidanges et des eaux usées à la fosse fixe, à la fosse mobile et au puits perdu, il faut recourir à des procédés d’évacuation identiques à ceux du tout à l’égout, c’est-à-dire à une colonne de chute pour les matières fécales, à un tuyau de décharge pour les eaux ménagères, qui les

mettent en communication constante avec d’immenses foyers de fermentation et de putréfaction.

Les appareils de protection efficace précédemment étudiés pour le tout à l’égout devenant ici inapplicables, au moins pour les closets, il faut forcément recourir et se contenter des appareils à valve métallique sur les inconvénients desquels nous avons suffisamment insisté pour n’avoir plus à y revenir. La souillure incessante, fatale, de l’atmosphère de la maison par les émanations des foyers sous-jacents avec la fosse fixe, la fosse mobile, la tinette filtrante et le puits perdu, l’impossibilité d’une obturation hydraulique persistante, la souillure du sol et des eaux constituent non pas seulement un inconvénient au point de l’assainissement, mais un véritable danger au point de •vue de l’hygiène publique. Les médecins doivent signaler ce danger et faire connaître les moyens qui permettent de lutter avec avantage contre l’infection par les vidanges et les eaux ménagères dans les villes non drainées.

i 0 -. J étage à la rue et fosse fixe.

La fosse fixe avec vidange à la pompe constitue encore, pour bien des localités le procédé le plus suivi .pour recevoir les excréments et les urines. Dans quel

quês-uties elle est peut-être remplacée par un procédé de vidange plus simple, par le jetage à la rue. Heureusement la libre pratique du jetage à la rue n’est plus guère tolérée aujourd’hui —d’une façon officielle j’entends dire — que dans quelques villes comme Briançon, dans quelques petites bourgades de la Lozère, ou dans les quartiers populeux de certaines villes, où le caniveau reçoit, le soir ou de grand matin, les détritus de toutes sortes gardés pendant des journées entières dans les logements des habitations ouvrières. Si ce procédé primitif d’assainissement de la maison, procédé barbare, « renouvelé des Pharaons » a dit Fonssagrives (1), qui peut avoir les plus graves conséquences au point de vue de la santé publique se fait déplus en plus rare aujourd’hui dans la majorité de nos villes et de nos bourgs, où il est généralement prévu par une réglementation municipale spéciale et toujours sévère, il n’en est plus de même à la campagne où il est pour ainsi dire consacré par le temps. Le jetage à la rue est presque toujours constant, nous allions dire admis et toléré, dans la majorité de nos villages. C’est l’écurie, c’est le fumier, qui reçoivent les déjections des malades et des personnes saines, qui empoisonnent la rue, les passants et les habitants.

(1) Hygiène et ass.iinissn'ne/it des'villês. ■

Les villages, selon l’énergique expression de M. le professeur Layet (1) constituent « de véritables latrines publiques *.

Il est inutile de décrire ici la fosse fixe avec vidange à la pompe: chacun la connaît. Ce que nous devons surtout faire ressortir, ce sont les reproches qu’on peut lui adresser au nom de l’hygiène. Si nous nous déclarons partisan convaincu de sa suppression absolue, définitive, dans les villes canalisées, il faut savoir la supporter comme pis-aller dans les villes non drainées à cette condition absolue toutefois, qu’elle soit étanche et solidement établie, c’est-à-dire dans les meilleures conditions possibles de protection contre ses infiltrations et ses émanations.

Elle constitue encore aujourd’hui un des procédés les plus suivis pour recevoir les excreta dans les quartiers de certaines villes dont la canalisation, commencée depuis plusieurs années, n’est pas partout terminée, dans celles où le tout à l’égout n’est pas encore imposé à toutes les maisons, dans celles enfin où le tout à l’égout n’existe encore que virtuellement (quartiers neufs du Hâvre, de Paris, de Lyon, etc.).

Hors le cas, bien et dûment constaté par le service compétent, detdéversement impraticable à l’égout pu-

(0 Hygiène et maladies des paysans.

blic, dans toutes les villes drainées, la fosse fixe doit absolument disparaître ainsi que l’écoulement virtuel à l’égout dont le maintien présente au point de vue de la salubrité intérieure des habitations et des villes de nombreux inconvénients. L’évacuation de tous les liquides et d’une partie seulement des solides dilués constituera toujours un assainissement partiel et ridicule puisque les matières épaisses qui restent dans la fosse devront toujours être vidangées par les procédés ordinaires. Ce n’est que dans les localités non drainées que la fosse fixe peut être tolérée à la condition toutefois d’être étanche et solidement voûtée.

Les fosses de vidange à fond perdu qu’on a été obligé de supporter jusqu’au 3 i août 1888 (1) doivent être partout recherchées, vidées, désinfectées et bouchées au risque de voir les matières fécales et les urines en fermentation s’infiltrer de plus en plus, dans le soussol des villes et de là dans la couche aquifère des puits,

(1) A la suite d’une enquête ordonnée par le gouvernement dans 80 départements et terminée en décembre 1884, le Comité central d’hygiène publique de France confirmant l’avis du Conseil d’hygiène de la Seine a adopté dans la séance du 3 i août i 885 un projet d’arrêté préfectoral dont l’article III « interdit rigoureusement d’établir des fosses d’aisances non étanches ; celles ■existantes seront rendues étanches dans le délai de trois ans à partir de ce jour ».

créant ainsi un milieu de culture fertile pour certains» germes pathogènes notamment pour la fièvre typhoïde r pour le choléra et pour la dysenterie.

On cite dans certaines contrées à sol poreux ou dansdes villes en pente de vieilles fosses de vidanges à fond 1 perdu où les matières fécales liquides et les urinesétaient absorbées avec une telle rapidité que la vidange totalement inutile n’en a jamais été effectuée : les matières qui arrivaient à ces fosses par les tuyaux dechute, ou directement, y passaient rapidement à l’état pâteux puis se transformaient à la longue en un terreau tellement dur qu’on a été parfois obligé de l’attaquer au pic pour évacuer la fosse (i).

Il n’est pas nécessaire d’insister sur les dangers delà fosse de vidanges à fond perdu : les faits d’épidémies de fièvre typhoïde consécutives à la souillure des eaux et du sol, par le bacille typhique provenant des déjections d’un premier malade, deviennent de plus en plus nombreux et suffisent amplement à motiver la suppression des fosses à fond perdu. Nous pouvons -en citer un exemple récent, la dernière épidémie du Havre (2) qui, d'après les déclarations du corps médi-

(1) Voir le rapport du docteur Balestre. Des faits analogues ont été cités au Hâvre.

(2) Consulter à ce sujet « l’épidémie de fièvre typhoïde et l’as--

VILLES NON DRAINÉES. — VIDANGES 24b

cal de cette ville, tenait. évidemment à cette cause (i).

L’étanchéité et l’occlusion hermétique des fosses fixes, sous et dans la maison, sont des conditions d’absolue nécessité, mais la solidité de la voûte ne suffit qu’à protéger contre les émanations gazeuses qui constituent un danger bien certainement, mais le moindre peut-être des fosses fixes. C’est une question de maçonnerie facilement résolue par les entrepreneurs qui ont pris l’habitude de recouvrir toute la portion de la fosse située dans le sous-sol de l’habitation d’une voûte complète, solidement établie, et de ménager à l’extérieur un autoclave pour la vidange, que des procédés récents ont rendu sinon inodore du moins plus supportable.

La qualité que les constructeurs ne peuvent pas assurer à la fosse fixe — c’est son danger capital — •c’est l’étanchéité absolue. Malgré tous les soins qu’ils

sàinisseraent au Havre par le docteur A. J. Martin, in. Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, n os 49, 51 èt 52, p. 802 et suivantes, 9 décembre 1887.

. (1) Jusqu’au commencement de ce siècle les fosses fixes étaient d’ordinaire à fond perdu, c’est-à-dire perméables aux matières et aux liquides excrémentitiels. C’est un décret de 1809 et une ordonnance royale du 17 septembre 1819 qui firent substituer les ■réservoirs dits étanches aux fosses perméables, mais de Freycinet et d’autres après lui ont prouvé que l’étanchéité des fosses fixes est une qualité fort rare et toujours difficile à obtenir.

apportent dans la construction des fosses, malgré l’étanchéité relative de tous les matériaux de maçonnerie employés, on sait d’une façon positive aujourd hui, qu’à la longue les joints de ciment, les briques s’altèrent au contact prolongé des matières fécales qui, par une affinité chimique spéciale, attaquent les ciments les plus solides et tous les matériaux de construction : de là, ces infiltrations qui viennent souiller et infecter non seulement le sous-sol et les fondations de la maison, mais le sol voisin et les puits ; de là, dissémination dans le sol ou dans la couche aquifère de bacilles de maladies infecto-contagieuses qui, provenant d’individus malades, iront un jour ou l’autre contaminer à distance des individus sains.

La souillure du terrain varie, cela va sans dire, aveç sa composition ; l’infection du sous-sol par le sewage s’étend parfois très loin : c’est ainsi qu’à Strasbourg, Ritter avait signalé des cas d’infection à ^deux cents mètres ; à cent mètres c’était la règle. Dans les sols d’une porosité douteuse, l’infection se fait toujours sentir de quinze à vingt mètres au minimum. C’est par la conservation des germes typhiques dans ces milieux chargés de matières organiques que doivent certainement s’expliquer ces épidémies successives de fièvre typhoïde qu’on a vu sévir dans toutes les villes où il

a fallu remuer le sol pour le drainage du tout à l’égout ou établir des tranchées pour l’amenée des eaux ; c’est ainsi qu’il faut interpréter la disparition des -épidémies avec la cessation des travaux.

Dans toutes les maisons desservies par les fosses fixes, les exhalaisons gazeuses sont d’autant plus dangereuses pour les habitants qu’il est impossible de les éviter. Les matières vertes arrivées dans la fosse y fermentent forcément et les produits de la fermentation putride se répandent dans les appartements par les tuyaux de chute sous forme de gaz méphitiques (1). La maison se trouve en communication d’autant plus permanente avec le foyer où peuvent se trouver conservés les germes de la fièvre typhoïde, du choléra et d’autres maladies infecto-contagieuses qu’il est impossible de faire usage d’eau en quantité suffisante pour assurer l’assainissement et partant des appareils à occlusion hydraulique. .D’ailleurs, dans de nombreux immeubles, il n’y a pas que le tuyau de chute qui établisse une communication entre la fosse et la maison, il y a encore l’ouverture d’extraction qui est trop

(1) Il est bien rare, d’après les études de M. Chevreul, que les principes volatils infects (scatol, mercaptan-ammoniaques composées, etc.) ne soient pas de véritables poisons pour l’organisme humain. Aussi est-ce un devoir impérieux de se protéger contre leur pénétration.

souvent située dans l'intérieur de l’habitation. C’est un vice de construction qui augmente encore les dangers des fosses fixes, mais c’est leur non étanchéité qui en constitue le danger capital, d'autant plus grave qu’il est impossible d’y remédier, même par les meilleurs soins dans la construction.

Sont-ce bien là les seuls défauts de la fosse fixe?

Non. La fosse fixe s’oppose à la salubrité des habitations parce qu’elle est le principal obstacle à l’introduction de l’eau dans la maison. Dans les logements à bon marché, les propriétaires se refusent à faire arriver l’eau dans les closets ; dans les maisons occupées par des locataires aisés, ils leur défendent de faire l’installation à leurs frais ; dans d’autres, par suite de la suppression absolue de l’eau dans l’immeuble il est impossible de jeter la moindre goutte d’eau pour laver les latrines qui sont transformées en de véritables sentines : tout cela afin de diminuer les frais mensuels ou annuels de vidange, parce que si le mètre cube d’eau propre coûte de vingt à trente centimes, il coûte cinq francs environ pour en sortir sous forme de liquide sale par son mélange aux vidanges et aux urines. La suppression de l’eau, voilà la cause d’extrême insalubrité des fosses fixes étanches : ajoutons que les appareils d’occlusion hermétique sont inapplicables en l’ab-

sence d’eau et qu'il faut recourir aux prétendus appareils hygiéniques, à valve sans eau ou au trou à la turque, et on pourra juger des nombreuses défectuosités au point de vue de l’hygiène privée et de l’hygiène publique par le maintien des fosses fixes sous les habitations.

Au cas de fièvre typhoïde dans de semblables immeubles, le médecin doit forcément prescrire la désinfection des selles du malade (il doit d’ailleurs le faire partout quel que soit le système de vidange employé), voire même de la fosse. 11 faut alors compter sur le zèle de l’entourage des malades, mais souvent ce zèle fait défaut ou l’opération de la désinfection est mal faite parce quelle est mal comprise. Telle doit être l’explication de ces cas de fièvres typhoïdes que l’on voit se succéder sur les nouveaux arrivants dans certaines maisons des villes incomplètement canalisées.

Cette infection de la maison par la fosse fixe ne constitue pas le seul danger ! La fosse étanche infecte le voisinage non seulement pendant son remplissage mais surtout, lorsqu’il faut la vidanger, et, après cette opération rebutante de la vidange qui se fait souvent par les moyens les plus primitifs, accompagnés quelquefois d’illusoires moyens de désinfection, elle infecte encore la banlieue, les villages suburbains par la fabri-

25 o les vidanges et les eaux ménagères

cation de la poudrette, des engrais et l’extraction des sels ammoniacaux.

Des hygiénistes compétents ont attiré l’attention de l’administration sur les dangers qui résultent pour la santé publique du voisinage des dépotoirs et de leur maintien autour des villes : certains, en signalant cette cause de gêne, insupportable, ont dénoncé les 1 dangers permanents qui en résultent et pour les communes suburbaines et pour les villes, par suite du maintien dans leur périmètre d'un laboratoire permanent de germes et de miasmes. Rien que cette menace de danger persistant et perpétuel suffirait pour condamner à tout jamais la fosse fixe.

« La fosse fixe de vidange, voilà l’ennemi » a écrit M. Vallin (i), dans un de ses nombreux mémoires sur l’assainissement. C’est ce cri que les médecins auront encore souvent à faire entendre. Cependant il faut substituer à la fosse remplacée quelque chose de plus salubre : elle peut être — elle l’est déjà dans certaines localités au grand avantage de l’hygiène — par des systèmes peu coûteux et ménageant les intérêts de l’agriculture, ce qui n’est peut-être pas à dédaigner, car la question de la création d’engrais si elle ne touche

(i) Les projets d’assainissement de Rouen par M. le docteur E. Vallin in Revue d’hygiène , 1887, p. 942.

pas directement à l’hygiène, vaut cependant la peine qu’on ne la perde point de vue.

Ces systèmes plus salubres dont l’application devrait se généraliser partout où le tout à l’égout est inapplicable parce qu’ils assurent un assainissement plus complet des habitations par la suppression de la vidange et des dépotoirs, par la rapidité de la restitution au sol d’une partie de sa richesse et par le retour à la terre sous forme de matières vertes des principes azotés nécessaires à la végétation, ont le tort peut-être de ne pouvoir s’appliquer que dans les pays de culture ou dans le voisinage des plantations maraichères : ce sont les fosses mobiles, le système Goux et la vidange à la terre dont nous nous proposons de faire ressortir tout à l’heure quelques-uns des avantages sur la fosse fixe au point de vue de la salubrité des habitations et de l’hygiène publique. Mais, auparavant, il n’est peut-être pas inutile d’étudier au point de vue hygiénique et au point de vue pratique, certains moyens, très prônés par leurs auteurs, pour atténuer les graves inconvénients de la fosse fixe.

On a proposé de transformer la fosse fixe en pile à vidanges en revêtant ses parois de briques vernissées, et en la munissant d’un orifice spécial pour rendre faciles et l’action d’un mélangeur destiné à brasser les ma-

tières contenues dans la fosse pour en faire un liquide homogène et à la vidanger par aspiration sans aucune communication entre la fosse et l’atmosphère.

Cette transformation à laquelle nous reconnaissons un inconvénient capital pour la dépense assez élevée à laquelle elle forcerait les petits propriétaires qui regarderaient à l’effectuer, ne nous paraît guère heureuse au point de vue hygiénique. Elle ne supprime aucun des inconvénients de la fosse fixe ; de plus, l’établissement d’une fosse hermétiquement close rend impossible tout contrôle non seulement sur le maintien en bon état du radier et de son revêtement, mais aussi sur les joints, et laisse sans garantie contre les infiltrations.

D’ailleurs, quoi qu’il en soit de la pile à vidanges, il est un premier danger qu’elle ne saurait supprimer, c’est la communication de la fosse avec la maison par le tuyau de chute: de plus, comme il est impossible de voir quand la fosse est à peu près pleine, il faut compter également avec ses débordements et les souillures du sol et du sous-sol ; enfin il faut biea reconnaître que comme toute fosse fixe, la pile à vidanges est l’ennemie de l’eau.

. On a proposé d’autres modifications destinées à remédier aux inconvénients capitaux de la fosse fixe.

Nous ne ferons que mentionner : i° la fosse de M. Mouras, de Vesoul, et sa vidangeuse automatique (i).

2 ° Le système de fosse fixe de M. Goldner de Baden-Baden ( 2 ) dont l'installation d’après M. Laborde (3) constitue t une grande amélioration » sur la fosse fixe ordinaire puisque pour nous servir des expressions du rapporteur : « il s’agit par dessus tout* d’un véritable système de prévention et de préservation contre la fermentation et la putréfaction de matières fatalement fermentescibles et putrescibles ».

Nous signalerons également pour mémoire le système des latrines de M. Léon Dehault ( 4 ) applicable aux fosses fixes et aux tinettes mobiles dans les villes où le tout à l’égout ne peut exister ou n’existe pas. D’après le rapporteur au Conseil d’hygiène du Nord, il paraît que « cet étrange système ne fonc-

(1) Nous ne pouvons que renvoyer au dessin et à la description qu’en ont donné MM. Napias et Martin dans VÉtat del’hygiène en France : évacuation des immondices, p. 201-204.

(2) In Revue d'hygiène et de police sanitaire, 1882, p. 439. Communication de M. Laborde à la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle.

( 3 ) Rapport sur un nouveau système de latrines présenté par M. Goldner et installé à l’hospice des Quinze-Vingts, par M. Laborde, in Revue d’hygiène , 1882, p. 1044.

• (4) Voir à ce sujet le Rapport sur les travaux des Conseils d'hygiène et de salubrité du Nord en 1881 par M. le D 1 ' Pilât,

donne pas mal », mais comme son mécanisme est compliqué et qu’il suffit d’une avarie dans un ressort ou dans une pièce quelconque pour que toutes les précautions si ingénieusement prises deviennent inutiles, l’hygiéniste doit s’en méfier.

L’hostilité de tous les hygiénistes, de tous les médecins, envers la fosse fixe même étanche, dont le procès nous semble terminé, s’explique d’autant mieux qu’elle peut être remplacée aujourd’hui, dans les localités non drainées et où le tout à l’égout est inapplicable, par des systèmes plus avantageux au point de vue de la salubrité d’abord et au point de vue économique ensuite.

Le premier en date, c’est la fosse mobile ou tinette mobile qu’en son temps les hygiénistes ont acceptée avec enthousiasme comme substitution à la fosse fixe.

Tout le monde s’accordant à reconnaître que le séjour des excreta dans une fosse étanche, sous la maison, constituait un danger permanent par suite des fermentations et des putréfactions, on pensait qu’il n’en serait plus de même lorsqu’on ferait sortir les vidanges de la maison dans le plus bref délai.

Etant donné ce fait que les matières excrémentitielles à l’état frais, dans l’intérieur des habitations, ne constituent pas un vrai danger pour l’habitant, on s’in-

génia à créer et à faire adopter un appareil, — car à proprement parler c’est un appareil — désigné sous le nom de fosse mobile qui, s’il ne permet pas toujours d’échapper aux souillures de l’air et du soi, évite généralement les souillures de l’eau et constitue déjà, uniquement de ce chef, une grande amélioration sur la fosse fixe.

L’adoption générale delà tinette mobile dansles villes non drainées et dans celles où la canalisation est impraticable est plus en rapport avec les progrès et les exigences de l’hygiène, c’est certain ; mais la tinette mobile a cependant certains inconvénients : le premier, c’est de maintenir dans les maisons la manutention partielle des vidanges, l’autre de n’ètre pas un progrès hygiénique pour toutes les habitations : en effet, si la tinette constitue pour certains immeubles très habités une amélioration sur la fosse fixe, pour d’autres, au contraire, les plus nombreux peut-être, son application revient à la fosse fixe, plus petite sans doute, mais aussi dangereuse, par son séjour prolongé dans l’habitation. C’est donc un système possible dans les maisons peuplées des villes sans égout et uniquement aux conditions suivantes.

Il faut : i° que chaque déjection soit accompagnée d’un agent désinfectant, remplaçant l’eau ;

2 ° Que le caveau renfermant la tinette ne soit pas défectueux c’est-à-dire qu’il soit bien aéré, bien ventilé et éclairé directement ;

3° Enfin, il faut que l’enlèvement des tinettes soit fait sans débordement, en temps utile.

Voilà bien des conditions dont il sera difficile d’obtenir la réalisation dans beaucoup d’immeubles.

Ce sont, ont dit les plus ardents défenseurs des fosses mobiles, les mauvaises conditions de l’installation des caveaux qui font le danger de ce système. Cela est vrai jusqu’à un certain point mais ce n’est pas toute, la vérité.

Si, avec la fosse fixe, il faut compter avec l’appel dans les appartements de l’air de la fosse, ici c’est avec l’air du caveau. Dans l’un comme dans l’autre système le renouvellement se fait par l’action aspiratrice exercée sur la colonne de chute par l’atmosphère de nos appartements, surchauffée par les poêles, par les cheminées, par les joints mal faits de nos portes et de nos fenêtres. Pour remédier à ce dangereux inconvénient on s’est imaginé d’établir des tuyaux de ventilation sur les fosses fixes et sur les fosses mobiles, mais leur effet est de mettre continuellement en mouvement l’air et les gaz qu’elles peuvent contenir.

Les tuyaux d’évent ne sont qu’une illusion, qu’un

trompe l’œil, qui a le tort d’abuser le public sur leur utilité. La plupart du temps ils jouent un rôle diamétralement opposé à celui qui leur est assigné. En effet, .pendant la plus grande partie de l’année la pression ■extérieure est plus élevée que la pression à l’orifice inférieur du tuyau de chute dans la fosse de sorte qu’au dieu de faire appel de la fosse à l’air libre ils donnent généralement lieu à un courant en sens contraire qui ..refoule les gaz des fosses dans les latrines, dans les logements et dans l’habitation.

Les hygiénistes français et étrangers qui se sont occupés de cette question — et ils sont nombreux — ont observé ce reflux sinon toujours, au moins très souvent,

• de sorte que c’est une pratique absolument condamnable que celle qui consiste à mettre les fqsses en .communication directe et libre avec l’air extérieur dans l’idée, absolument erronée, que les gaz dégagés par les matières fécales en fermentation, se dégageront au dehors. Il est préférable de supprimer les tuyaux d’évent des fosses et de ne laisser communiquer leurs cavités avec l’intérieur des habitations que par l’intermédiaire de la colonne de chute. Si leur maintien était

• décidé par les municipalités ou par les Commissions , de salubrité, le seul remède possible serait d’adopter - sous chacune des cuvettes des closets un siphon hy-

draulique dont l’application est incompatible avec des fosses fixes ou mobiles.

Dans certaines maisons on a pris la précaution d’enfermer dans une petite lanterne, à la partie supérieure des cabinets, un bec de gaz qui brûle dans le tuyau de ventilation des fosses et qui détermine un courant ascendant permanent de l’intérieur des closets à travers, le siège vers le toit (i). Dans de semblables latrines, il n’y a d’odeur en aucune saison malheureusement l’alimentation d’un bec de gaz, brûlant dans de semblables conditions, revient à 175 francs par an et dans une maison où brûleraient plusieurs fourneaux ou cheminées il pourrait parfaitement se faire que le courant se dirigeât encore en sens inverse et amenât dans la maison les gaz des fosses : aussi faut-il se mettre en garde contre ce système qui est cependant recommandé et vivement patronné par M. Pettenkoffer (2).

En admettant que la tinette mobile, réceptacle de matières vertes, ne fût pas l’ennemie de l’eau, resterait

(1) La ventilation des cabinets par becs de gaz est installéedans les water-closets de la gare du Nord à Paris depuis la construction de la gare.

(2) M. Pettenkoffer a installé un cabinet semblable dans son Institut d’hygiène où il fonctionne à merveille, paraît-il. Consulter à ce sujet l’article de M. le docteur Richard « l’hygiène à. Munich » in Revue d'hygiène, i 885 , p. 982.

VILLES NON DRAINÉES. — VIDANGES z5g

toujours l’inconvénient de la manipulation partielle des vidanges' sous ou dans la maison. Cette seule raison suffirait pour affirmer que l’adoption de la tinette mobile dans toutes les maisons des villes non drainées ne donnerait jamais qu’un assainissement imparfait, insuffisant : il en est d’autres d’ailleurs, sur lesquelles nous aurons à revenir, qui motivent plus amplement et plus sérieusement cette opinion d’hygiénistes compétents. Cependant il faut bien reconnaître que dans les villes où le tout à l’égout est impraticable, la fosse mobile constituera un pis-aller peut-être, mais un pis* aller préférable à la fosse fixe si l’établissement de son caveau est bien fait et si l’enlèvement des tinettes se fait régulièrement. Si l’on s’en rapporte aux essais tentés dans les quartiers ou dans les maisons de certaines villes, il est évident que la généralisation du système des tirettes l’emporterait sur l’usage trop habituel des fosses (i). Les résultats statistiques de

(i) Consulter le travail du D r Mittermaier in Deutsche Vierteljahrsschrift f. ges. Medicin. von Eulenberg , t. XXXII, p. 108 sur le système des fosses mobiles à Heidelberg où on se sert obligatoirement depuis 1876 de tonneaux à pétrole de 100 à io 5 litres ou de tonnes en tôle de 46/80. Le bénéfice a été considérable au point de vue sanitaire d’abord et au point de vue de l’agriculture ensuite.

De 1869 à 1878 sur 100 maisons-ayant des fosses fixes, c’est-àdire le système ancien, 8 ,3 ont fourni des cas de fièvre typhoïde ;

ces dernières années ont en effet montré que les villes à fosse fixe (c’était le cas pour le Hâvre et Rouen qui ont été récemment décimés par la fièvre typhoïde) sont des villes à forte mortalité typhoïde par suite de la souillure au moins à la longue du sous-sol des habitations, et cet inconvénient peut disparaître avec de la surveillance et des soins, avec l’emploi des tinettes mobiles.

Dans les' villes où le drainage des habitations est impraticable, on pourra remplacer avec grand avantage la fosse fixe et la fosse mobile en soumettant les matières fécales fraîches à une sorte d’enrobement par les poussières sèches.

Il existe deux systèmes de traitement des matières fécales par les poussières sèches. Ils n’ont donné lieu qu’à des essais partiels en France, où ils sont généralement peu connus : à l’étranger (i) ils ont fourni des résultats assez satisfaisants.

avçe le nouveau système sur ioo maisons on n’en a plus trouvé •qué-i,.x.

Mêmes résultats à Gratz, à Ausbourg, à Manchester, etc.

(i) The substitution of the pail System for the privy midden System in Nottingham ; (des effets de la substitution de fosses mobiles spéciales de vidanges aux fosses fixes sur la fréquence de certaines fièvres continues à Nottingham) par le D r Edw. "Seaton in Journal of the Society of Arts du 19 septembre 1879, p. 934.

VILLES NON DRAINÉES. — VIDANGES 2ÔI

Le premier est le système Goux dont remploi nous a paru présenter quelques avantages dans quelques maisons suburbaines où nous l’avons vu appliquer.

Primitivement employé en Angleterre, à Salford, à Halifax, il fut importé en France et essayé par les médecins militaires à Satory, à St-Maur, à l’hôpital de Bourges et dans quelques grandes casernes. D’après M. le professeur Vallin qui a consacré une revue critique (i) au traitement des matières fécales par les poussières : « on fait (2) un mélange des poussières et balayures des greniers à fourrage, des déchets de graines, de crottin sec de cheval, de vase, de tourbe, de fannes sèches. de résidus de filatures et fabri¬

ques de tissus, tontisses de laine, bourres, etc. » qu’on maintient contre la paroi de tonneaux dont un des fonds a été enlevé et dont le centre est occupé»

En 1877 on comptait dans cette ville plus de 6000 cabinets' recevant dans des réservoirs mobiles les matières excrémentitielles mêlées aux cendres et aux balayures de chaque maison. Cette transformation du système de vidange paraît avoir diminué la fréquence de la fièvre typhoïde, du typhus, etc., si l’on en juge par les chiffres suivants :

Fièvre typhoïde. Décès par fièvre.

De 1868 à 1872. Population 85 .ooo 748 3 g 5 ou 9,2 p. 1000

De 18734-1877. — 95.000 549 256 OU' 5,3 —

(1) Revue d’hygiène et de police sanitaire, 1879, P-106. '

(2) Revue d’hygiène et de police sanitaire, 1879, p. ii 5 . *

par ' une forme en bois ou en fer un peu conique de haut en bas, qui sert à obtenir le tassement des matières sèches, absorbantes, contre les parois des barils.

En enlevant ce moule on circonscrit une cavité centrale destinée à recevoir les déjections solides et liquides. Quand le baril en est rempli, on le ferme avec un couvercle bien ajusté et on le roule à l’extérieur sous un hangar où il doit séjourner le moins de temps possible. Le mélange des poussières et des matières, d’autant plus intime qu’on a mieux roulé le tonneau, désodorise les matières et permet d’effectuer le transport, à l’aide de voitures spécialement agencées, dans des dépotoirs particuliers où on les transforme en engrais Goux.

Le système Goux ne doit avoir et n’a aucune odeur quand la préparation des barils est bien faite, c’est-àdire quand on mélange à la paille, etc., des poussières en quantité suffisante ; malheureusement cette préparation étant généralement mal faite les bénéfices de ce mode de vidange n’existent paâ.

A la compagnie fermière des vidanges militaires {système Goux) qui fonctionne aux portes de Nancy, sur le territoire de Tomblaine, nous avons vu bien des fois les ouvriers préparer les barils uniquement avec de la paille plus ou moins bien hachée (paille des

paillasses de lits militaires) sans aucune poussière, si bien que cette Compagnie transforme, à 35o mètres environ d’un de nos faubourgs, les excreta de nos quatre casernes non pas en engrais Goux, mais en poudrette, et qu’elle verse ses tinettes mobiles — car ce sont de vraies fosses mobiles — dans les fosses couvertes où l’ancienne compagnie des vidanges vidait -ses barils avant l’établissement du tout à l’égout. Si la fièvre typhoïde est en diminution chez nos soldats ce n’est certainement pas à l’emploi du système Goux proprement dit qu’on le doit, c’est plutôt à l’enlèvement journalier des tinettes qui vont porter l’infection hors ville.

D’ailleurs, dans les premiers mois où la compagnie fermière des vidanges militaires commençait à fonctionner, alors que la préparation des tinettes Goux était mieux faite qu’elle l’est actuellement, nous avons pu constater que tous les liquides n’étaient pas absorbés par la bourre ou les matières pulvérulentes et qu’ils s’écoulaient en assez grande quantité quand les ouvriers vidaient les barils au dépotoir. A un moment donné, il a même fallu se débarrasser des liquides en excès recueillis dans des fosses creusées au pied des énormes tas de vidanges en fermentation ; comme ces trous débordaient on n’a rien imaginé de mieux que

d'en déverser l’excédent dans le Grémillon, fossé généralement à sec pendant l’été et qui recevant déjà, à ciel ouvert, l’égout du Pont d’Essey charrie pendant la saison des pluies et pendant les orages tous les détritus de ce village à la Meurthe.. Quoiqu’il en soit de ce\ détail local, le premier fait à retenir c'est que lors de l’évacuation des tinettes Goux les liquides se séparent des solides par l’effet du tassement ; un second détail important à connaître c’est qu’il ne faut pas exposer le mélange récent des matières fécales et des bourres à l’air humide, bien moins à la pluie. Dans le premier cas il se putréfierait rapidement au contact de l’air humide; dans le second il ne serait plus question de : transformation des ' matières fécales en engrais par la voie sèche. La transformation véritable en engrais- Goux exige au moins deux mois de séjour sans abri à l’air sec. Il faut, si l’on veut appliquer en grand ce système, d’immenses bâtiments et il convient alors deles éloigner le plus possible des villes et des habitations.

La désodorisation imparfaite par les tinettes Goux que nous avons observée à la Compagnie fermière des' vidanges militaires à Tomblaire existait déjà au camp de Satory où elle a donné lieu en 1874 et en 1875 à des plaintes vives de la part de M. Rabot, au Conseil d’hy-'

giène et de salubrité de Seine-et-Oisé. 11 en a été de même également au camp de Saint-Maur. C’est que le second temps de la transformation des excreta en engrais Goux, qui doit s’effectuer à l’air sec, sans odeur, ne s’effectue pas toujours en pratique dans les dépotoirs,, comme elle s’effectue en théorie ; or au point de vue de l’iiygiène publique, il est très important de maintenir dans un état inoffensif les matières fécales éloignéesdes habitations sans dommage pour les environs des dépotoirs et c’est impossible avec la manipulation du système Goux telle qu’elle se fait le plus généralement : elle est nuisible et peut donner lieu à des épidémies. D’ailleurs, il faut remarquer que l’adoption des tinettes- Goux dans les habitations privées ne supprime qu’une seule de leurs causes d’insalubrité, les matières excré-, mentitielles, en négligeant les eaux ménagères. De plus,, l’éloignement des excreta n’est rapide que dans les maisons peuplées; il n’en est plus de même dans les. maisons peu habitées où le baril doit séjourner plusieurs jours, quelquefois des semaines. Enfin ce maigre, avantage de la transformation de la fosse fixe en fosse mobile — car ce n'est en réalité que cette transformation — n’est pas compensé à cause des fermentations possibles dans le voisinage des villes lors de la transformation en engrais.

Il nous reste à faire connaître une seconde méthode de traitement des matières fécales par les poussières sèches ; c’est le système à la terre, l’earth System des Anglais opposé au water-system ; c’est le système du cabinet à la terre opposé au système du cabinet à eau.

Ce système a été non pas inventé, mais prôné par un vicaire de Ferdington, par le Révérend D r H. Moule (i).

La vidange à la terre, réduite à sa plus simple expression, se compose d’un tonneau récepteur, tonneau mobile, et d’une provision de terre argileuse desséchée. Moins la terre, c’est la fosse mobile. Avec cette précaution de jeter de la poussière, après chaque visite, sur les matières fécales et les urines le récipient se remplit peu à peu sans odeur et sans infiltration.

Ce système de vidange usité en Angleterre dans quelques services publics et aux Indes Anglaises dans les pays de culture, a permis d’assainir les habitations, rurales en augmentant la richesse fertilisante du sol. Il a été appliqué en Algérie, à Biskra (2) par le D r Fée :

(1) Consulter à ce sujet la Revue d’hygiène et de police sanitaire, t. I, 1879, p. 43.

(2) Recueil des Mémoires de médecine , de chirurgie et de pharmacie militaires, 1874.

en France, nous ne lui connaissons jusqu’alors d’autre application que l’essai tenté par M. le professeur Vallin à l’hôpital du Val-de-Grâce. Les expériences faites à l’École d’application de médecine et de pharmacie militaires ont fourni les meilleurs résultats.

C’est une invention rajeunie peut-être (i) mais le D r Moure a eu le mérite « de la vulgariser et de la formuler d’une façon précise » et de prouver qu’elle pouvait « restreindre et même faire disparaître (2) la putréfaction ou fermentation putride, infecte, nuisible, par une transformation qui se fait sans odeur et probablement sans dégagement de principes nuisibles pour la santé ».

Cette application du dry-system ou méthode par la voie sèche a l’avantage d’empêcher la décomposition et la fermentation des excréments frais si on prend la précaution de les recouvrir de terre sèche aussitôt leur émission: elle serait sans résultat sur les matières altérées et putrides.

Les essais faits au Val-de-Grâce et à l’étranger tendent à prouver que l’earth-system fonctionnerait utilement et bien plus avantageusement au point de vue de

(1) A ce sujet, il faut lire l’étude critique de M. le professeur Vallin.

(2) In loco citato, p. 47.

2Ôft LES VIDANGES ET LES EAUX MENAGERES

l’assainissement que les fosses fixes ou mobiles, voire, même que le système Goux, dans les maisons des villes à environs maraichers à la condition que la terre employée fut non seulement sèche et pulvérulente mais surtout argileuse (terre de jardin ou de culture). C’est dire qu’on peut avoir partout ce désinfectant à sa disposition.

L’absorption de l’urine est la seule difficulté qu’on puisse invoquer contre le cabinet à la terre ; il faut, en effet, une grande quantité de poussière pour absorber ce liquide. M. Vallin (i) a évalué à i 5 oo grammes de terre légère la quantité moyenne nécessaire pour désinfecter une évacuation complète de i 5 o grammes de., matières solides et de 200 grammes d’urine. Quoi qu’il en soit de cet inconvénient, il est certain qu’on pourrait facilement transformer, au grand bénéfice de l’hygiène, les fosses ordinaires en fosses à la terre si chaque visiteur avant de se retirer prenait la précaution de recouvrir les excreta de terre sèche en quantité suffisante . En vidant la fosse à la pelle en temps utile, tous les trois ou six mois, par une ouverture située sur la partie postérieure ou antérieure de l’habitation,; — toujours au dehors — on obtiendrait, si le résultat était conforme aux expériences du Val-de-Grâce, un

(1 ) Loco cit:.to.

mélange inodore de terre et de matière fécale « ressemblant à du terreau * (1) qu’on pourrait transporter dans les champs ou dans les jardins, à l’aide de brouettes, sans crainte d’offenser la vue ou l’odorat et sans aucun dommage ni pendant le remplissage pour •la maison, pour le voisinage, ou pour la santé publique, ni pendant la vidange pour les ouvriers employés à ce travail.

De tels avantages ne seraient certainement pas à dédaigner là où le tout à l’égout, reconnu impraticable, force à maintenir les fosses fixes ou les fosses mobiles.

• Dans quelques parties de la Grande-Bretagne on a transformé avec avantage la fosse ordinaire en fosse à la terre, notamment dans des groupes d’habitations rurales ou dans d’importantes usines en pleine campapagne. Dans toutes les localités où on a pratiqué l’utilisation immédiate du terreau par la culture, on n’a eu qu’à se féliciter de cette transformation : c’est là d’ailleurs la condition essentielle de réussite du dry-System, de son succès complet.

La transformation de la fosse fixe en fosse à la terre serait bien supérieure aux modifications tentées jusqu’à ce jour: elle mériterait d’ètre transportée dans les

(1) Locotcitato, p. 53 .

villages, dans les bourgs et dans les villes où l’écoulement rapide, immédiat, du tout à l’égout est impossible.

Tout en excluant les eaux ménagères des latrines ainsi transformées et en forçant au maintien des puits perdus le système à la terre supprime les chances d’infiltration du sous-sol, des puits et la souillure de l’atmosphère des habitations et des villes.

On a inventé des appareils spéciaux, automatiques, susceptibles de s’adapter sur les fosses à la terre. Ce sont les closets à la terre qui déversent la poussière, (comme ailleurs on laisse couler l’eau), pendant et après la défécation mais ces appareils, à mécanisme compliqué, ont le tort de se déranger. A titre de curiosité nous citerons le acting earth closet de la the British sanitary companv-new patent self, dont le dessin est reproduit dans la Revue d'hygiène et de police sanitaire (1). Ce nouveau cabinet à la terre fonctionne de lui-même pendant tout le temps qu’on reste assis sur le siège. Dès que le visiteur se lève l’écoulement cesse de sorte que les excréments sont toujours entourés, enrobés, dans de la poussière de terre. Il suffit d’enlever de temps à autre le réservoir situé sous le siège pour en utiliser le contenu.

Dans certains modèles de cabinets à la terre les constructeurs ont placé un levier extérieur qui permet de régler à la main le déversement de la poussière.

Au lieu de terre sèche on. peut utiliser les cendres, et toutes les matières sèches pulvérulentes et absorbantes : sciure de bois, etc.

Les nombreuses expériences pratiquées en Angleterre ou dans les colonies anglaises ont prouvé non seulement son influence désodorante mais aussi sa puissance d’amélioration sur l’état sanitaire des habitations.

Pour assurer une désinfection plus complète on a substitué aux cabinets à la terre et à poussières sèches des cabinets à poudre désinfectante. En Allemagne notamment on a employé un mélange dit de Topfer qui se compose de :

Chaux vive 20 à 35 0/0

Poudre de charbon de bois 2 0/0

Sciure de bois phéniquée 60’ à 80 o/ô '

Mais les appareils automatiques à cuvette séparée pour l’urine en usage dans ce but et conuues sous le nom de Müller-Schürsche closet ont fourni de mauvais résultats et pour la désinfection qui était incomplète et pour l’agriculture. On a même employé les cabinets à

la poussière de tourbe, de cette même tourbe dont MM. Lucas Championnière et Redon se servent dans les pansements (1). La tourbe peut être un excellent •désinfectant, cependant il faut avouer que bien qu’elle soit peu coûteuse, son prix pourrait devenir assez élevé s’il fallait rappliquer, en quantité suffisante à un pareil •usage domestique.

Tous ces procédés de la fosse fixe, de la fosse mo. 'bile, du système Goux, de la vidange à la terre, à la tourbe, etc., ne doivent être employés que dans les localités où le tout à l’égout est reconnu impraticable. Partout où ce système peut fournir des résultats satisfaisants, il faut en faire l’application, non pas qu’on doive le considérer comme l’idéal de l’assainissement, mais parce qu’il permet de se débarrasser des vidanges, des eaux ménagères et surtout parce qu’on ne lui connaît rien de supérieur jusqu’alors parmi les choses réalisables.

Entraînement immédiat, rapide, incessant, sans au-

(1) C’est à l’exposition d’hygiène de Berlin qu’on a montré les •premiers cabinets à la poudre de tourbe : parmi les appareils exposés il y avait un modèle où l’appareil à saupoudrer les matières fécales se trouvait dans la cage du closet au lieu de se trouver dans le dossier ou dans le couvercle, ce qui rendait la manoeuvre 'commode et facile.

cune stagnation sous ou dans la maison des exereta et des eaux ménagères aussitôt produits; absence de fermentation, de mauvaise odeur ; disparition des milieux de culture çt des germes morbides par l'eau en quantité même modérée mais sagement employée ; impossibilité du reflux des gaz dans les cabinets et dans les appartements avec l’emploi des appareils à siphon hydraulique ; suppression des frais, des ennuis et des manipulations même partielles des vidanges ; abolition des dépotoirs et des fabriques de poudrette ou de sels ammoniacaux dans le voisinage des villes ; tel est, en résumé, le bilan hygiénique de l’assainissement de^ habitations par le tout à l’égout.

Maintien des dépotoirs ; manipulation partielle ou totale des vidanges ; impossibilité de déversement des eaux ménagères ; telles sont les causes de l’infériorité des fosses fixes, des fosses mobiles, des tinettes Goux, voire même de la vidange à la terre — qui a une supériorité incontestable sur les systèmes précédents — vis-à-vis du tout à l’égout.

Écoulement à l’égout applicable partout où l’eau est en suffisance, partout où existent des champs d'épuration recouverts d’une luxuriante culture, ou fosse à la terre ne recevant que les déjections et applicable en grand dans les pays de culture ou dans leur voi-

sinage, tels sont en résumé les deux systèmes qui, dans l’état actuel de la science sanitaire permettent ■de résoudre avec quelques chances de succès lim portant problème de l’assainissement des habitations au point de vue des vidanges.

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