‹ Les vieilles actrices. Le musée des antiquesChapitre 1 sur 23 · LAFERRIÈRE · texte numérisé non relu

LAFERRIÈRE

Samedi, lo octobre 1868.

A doyenne des actrices de Paris, c'est mademoiselle Laferrière.

On rappelle monsieur par un abift de termes ou une illusion de théâtre, mais c'est une vieille fille, et tout ce qu'il y a de plus fille par les prétentions éternelles, les

coquetteries exorbitantes, et qui, quand elle joue les jeunes premiers, joue les travestis.

Et elle ne veut jouer que cela. Ne lui parlez jamais d^autres rôles! La gloire et le talent de l'acteur ou de Tactrice, c'est pourtant de les aborder crânement tous, c^est de se couler et de tenir dans la peau de tous les personnages quelconques, c'est d'accepter la panse de Falstaff, la bosse de Richard III, le cul-de-jatte de Couthon, de transfigurer ces réalités de la vie par la beauté et la vérité de l'âme et du jeu; mais M"« Laferrière n'est pas assez acteur pour avoir cette virilité que Rachel avait. Rachel a joué Athaiie , vieille et en cheveux blancs, ce qui ferait horreur à cette minaudière de Laferrière.

Un jour — elle — Laferrière — ne voulut pas jouer le rôle du Beau Brummell, parce qu'au dernier acte les auteurs avaient représenté Brummell vieux et fou, dans une scène que le grand et puissant Frédéric aurait enlevée jusqu'au troisième ciel!

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