‹ Les vieilles actrices. Le musée des antiquesChapitre 12 sur 23 · MADAME BOSQUET I4I · texte numérisé non relu

MADAME BOSQUET I4I

quille, et lui disait à brûle-pourpoint : Éreinte^-moi !

— Oh! mon Dieu, dans quelle nécessité vous me mettez, madame ?... fît le critique, qui ne Téreinta pas.

C'est ainsi qu'elle sonna le boute-selle de rémancipation des femmes, cette brave Trompette, ce gros Clairon de l'avenir !... Comme nous sommes loin de M"^" Niboyet! qui ne parle plus.

Nous allons nous en mettre plus loin encore.

MADAME OLYMPE AUDOUARD

MADAME OLYMPE AUDOUARD

ADAME Olympe Audouard estjeune encore et jolie*. Du moins, elle l'était, mais Dieu, qui sait ? l'a peut-être punie de ses opinions comme du plus vilain désordre, en lui reprenant sa beauté.

Devenir laide, c'est, du reste, un commencement d'homme.

Ah ! elle, si elle changeait de sexe, elle changerait beaucoup. Le sien est, chez elle, dans sa fleur.

— «Regarde-toi,»— disait le Régéhtà

la Sabran, en la portant devant une glace, — «regarde-toi et ne parlepas politique.»

Mais, bah ! Madame Olympe Audouard aurait fait son cours sur le droit des femmes jusque dans les bras du Régent, si elle ne les avait pas repoussés comme indignes — ces bras frivoles — de serrer la taille d'une femme qui pense, car madame Audouard veut penser î

Rose qui ne veut pas rester rose, mais devenir pensée, madame Audouard s'en croit une gerbe dans le front, ce charmant front qui a Porgueil renversé d'être un front d'homme !

Les journaux n'ont pas dit qu'elle ait donné à cette bataille de la Parlotte, et si on ne l'y a pas vue, c'est qu'elle est à cosmopoliter quelque part, car c'est une voyageuse que madame Olympe Audouard. Elle est allée apostoler à Constan-

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tinopleeten Egypte. Apôtre, non de paix, mais de guerre, contre nous autres hommes qui nous sommes décerné^ dit-elle (je trouve le mot bien faible), la supériorité de l'intelligence, et contre lesquels il faut savoir ose?^ oser, comme elle dit encore, avec un joli redoublement de mots et d'audace.

Elle est un peu vive, Madame Audouard... Crâne blond, qui se coiffe sur l'oreille pour ne pas nous faire peur ; bourreau des cœurs de la Croisade humanitaire; papillon (elle a écrit le Papillon^ c'était un journal), papillon qui voudrait bien avoir un aiguillon commeune abeille, mais qui ne l'a point, qui ne l'aura jamais ; Beecher-Stowe à la poudre de riz des pauvres négresses blanches en esclavage; Amazone qui n'a rien découpé; Bcllone Peau-de-Satin; madame Olympe

Audouard, si elle avait été à Paris cette semaine, se serait montrée à la Parlotte des commères de la Démocratie. Elle y aurait, n'en doutez pas, exhibé ses épaules d'Omphale qui fait THercule, et elle y eût cassé quelques fuseaux!

MADAME ANDRÉ LÉO

MADAME ANDRÉ LÉO

u lieu d'elle^ le beau papillon aux ailes bleues^ nous avons eu madame André Léo, la sérieuse, grave, puritaine, et même quelque peu rechignée M°"® André Léo. Si ce n'est pas Minerve, c'est au moins son oiseau... M'°<' André Léo, que les Démocrates avancés, les Démocrates de la Commune essayent — nuitamment encore — de nous donner pour une George Sand bien supérieure à la première. On peut risquer une prophétie: c'est avec M""® André Léo, dont on taille tout doux, en ce moment, la réputation

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en massue, qu'on tuera prochainement la gloire de M^^ George Sand.

Les bulletins de Ledru-Rollin ne la sauveront pas !

Et, de fait, cela se comprend très bien, du reste. Je Tai dit ailleurs. Il y a dans ]\/[me George Sand quelque chose qui sent encore l'ancienne femme comme il faut, dans la femme comme il ne faut pas. Il y a là je ne sais quoi de la race, fût-ce en bâtardise, du maréchal de Saxe, quoiqu'elle l'ait bien changé, ce je ne sais quoi, en nourrice sociale. Elle l'a, malgré tout, malgré elle, malgré cette casquette de voyou qu'elle a plaquée parfois sur sa tête — la casquette qui pend dans le dos — comme le marquis de Saint-Hurugue, qui mettait sur la sienne le chapeau du Fort de la Halle dans les processions ré-

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publicaines,et qui, là-dessous, n'avaitpu enfariner son air marquis!

M"° Sand a fait tout ce qu'elle a pu pour effacer cette marque de son origine. Elle ne l'a point effacée, et les démocrates, les purs, les sévères, les absolus, les vrais citoyens, la voient toujours, et elle est, pour eux, la tache dans son rubis, à cette Rouge * !

M™« Sand a fait de la philosophie; elle a fait de la république ; elle a fait tout ce qu'elle a voulu : c'était commue M""^ de

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