‹ Les vieilles actrices. Le musée des antiquesChapitre 13 sur 23 · I. Voir mes Bas-Bleus · texte numérisé non relu

I. Voir mes Bas-Bleus

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Warrens avec Claude Anet , comme M™° de Jully avec le chanteur Géliotte. La femme avait beau descendre , on voyait bien qu'elle descendait, ce qui implique qu'on vient de plus haut que ceuxlà à qui on se donne.

Puis à côté de cet air-là, à côté de cet air primitivement comme il faut , M.^^ Sand a aussi l'air artiste, et dans quelques-unes des parties de son âme, elle l'est. Or, l'air artiste déplaît à ces forts démocrates, à ces grands simplificateurs ! Elle payera tout cela, M"^^ Sand. Et voilà pourquoi M^^ André Léo, qui n'a pas tout cela, elle, sera, un de ces jours, instituée sur ses débris.

M°^« André Léo n'a aucun vice rédhibitoire de naissance aux yeux secs de la Démocratie. Elle est née obscurément, petitement, dit-on, à Poitiers, et

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elle n'est pas artiste. Prenez ses livres qui, Dieu merci , tombent dru depuis quelque temps, et dégagez-en son idéal ! C'est l'amour sans rêverie avec un paysan robuste, beaucoup de pommes de terre et pas de Dieu !

^/[me André Léo est une prêcheuse de TEglise de l'Infini, qui a remplacé TEglise romaine et toutes les autres. Elle croit — le croit- elle ? — qu'il y aune chose qui, au xix® siècle, le siècle du scepticisme et de la blague (les mœurs ont fiché le mot dans la langue), s'appelle le matisme religieux, et elle réclame con- : e, comme elle a fait Fautre jour à leur i'arlotte. Déclamatrice sans bouillonnement, nature rêche, absolue, sans sources abondantes et profondes. Le meilleur de ses romans fut un Mariage scandaleux^ où clic remuait des masses de gens.

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sinon de choses ; mais ce roman, qui promettait quelqu'un , — une personnalité littéraire, — n'a pas tenu sa promesse. Le louis d'or est tombé en billon : c'est la même effigie, toujours ; ce n'est pas le même métal, la même substance.

Elle a, comme écrivain, des prétentions à la raison, au caractère, peut-être au stoïcisme, qui sait?... Mais qu'on aimerait bien mieux un peu de belle imagination et d'invention agréable !

Gracieuse à peu près comme une pro-.

testante, dans toute sa vie elle n'a eu qu'une jolie idée. Ce fut quand elle prit les deux noms de ses fils — André et Léo — pour s'en faire son nom d'écrivain.

Ne marchandons pas : c'est charmant !

Cela rappelle Gléobis et Biton, qui traînaient leur mère... Certes, on regrette de voir les orgueilleuses opinions des ha-

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rangueuses grotesques qui s'élèvent, en piaillant, pour l'heure, du fond de la démocratie, à la femme qui a eu une idée si tendre, et qui, assure-t-on, tête et système à part, est une femme respectable. Une femme respectable ! Mais, dit-on, M"° Niboyet Test aussi ! On peut être respectable et comique; seulement, ici, ce n'est pas Tunion qui fait la force. Comique et respectable... Comme c'est tant pis pour le respect !

Les harangueuses ! dans un temps où les harangueurs sont déjà de trop !

C'est le fouet d'Aristophane, — plus cruel que le fouet du général Haynau, quand il fouetta les Hongroises insurgées, — c'est le fouet d'Aristophane, qui a écrit une comédie des Harangueuses^ qu^il faudrait maintenant pour leur faire lâcher les tribunes où elles s'accrochent.

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pérorent et jettent leur eau de gargouilles oratoires, et leur faire regagner au plus vite leurs nourrisseries abandonnées !

Tant qu'il y aura une goutte d'huile dans notre douce Veilleuse^ nous rallumerons contre ces ridicules-là.

Et que la vieille bête de galanterie française — le chauvinisme de la femme — ne vienne pas nous accuser de brutalité avec le sexe faible. Elles ne sont plus faibles. Elles ont l'illusion et l'insolence de la force. Elles veulent être hommes. Qu'elles soient traitées comme les hommes, ces lutteuses contre nous, qui croient nous tomber! et qui jadis avaient des bras pour faire autre chose...

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