‹ Les vieilles actrices. Le musée des antiquesChapitre 5 sur 23 · M. FEUILLET DE CONCHES · texte numérisé non relu

M. FEUILLET DE CONCHES

OMMENT le peindrons-nous, celuici?...

Si ce n'était que le tabellion des affaires étrangères en son cabinet, ou l'introducteur des ambassadeurs en son uniforme violet et or et ses vingt-neuf décorations qu'il fallût peindre, on s'en tirerait au badigeon ou à la détrempe, mais ce n'est pas cela. C'est le revers du Feuillet qu'il nous faut. Ce n'est pas le Feuillet des fonctions publiques, mais des

prétentions particulières, et il n'est pas facile à attraper !

Ce n'est presque pas un homme de lettres ; ce n'est presque pas un savant. C'est un métis des deux. Gris pommelé de genre, comme il Test de poils ; gris pommelé d'esprit, car il en a dans les nuances douces, — dans les nuances qui tout à rheure vont cesser d'être ; — gris pommelé d'humeur et moelleux comme une fourrure de taupe ou de petit-gris, — qui se rebifferait, allez, comme crin de sanglier, si l'amour-propre était en jeu, le doux bonhomme ! Faux bonhomme de savant, faux bonhomme d'homme de lettres, et — cela se pourrait bien — faux bonhomme d'homme tout court.

Si M. Feuillet de Conches, ce gris sur gris, est à peine perceptible comme litté-

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rateur et comme savant aux timides rayons voilés de notre Veilleuse, il a du moins net pignon sur rue au soleil comme autographier, et comme cela, nous pouvons le voir !

Ah ! l'autographier ! ce produit de la puérilité du siècle ! L'autographier qui a remplacé le tulipier dont La Bruyère se moquait déjà, en son temps ; l'autographier, cette espèce inconnue aux autres siècles et qui a poussé tout à coup, comme champignons après pluie, à travers toutes les babioles de celui-ci !

Oui, un autographier, voilà ce qu'est littérairement M. Feuillet de Couches,

et — qu'il fasse gros dos et jabot en lisant ceci — parmi tous les autographiers qui pullulent, il est le plus ardent peut-être, le plus jaloux, le plus conquérant, et d'aucuns disent le plus pirate de tous les gratteursde tiroirs qui ramassent avec des piétés si comiques tous les petits papiers, bons à mettre vous savez bien où... Certes, nous ne pensons pas à remuer les cendres mortes des polémiques delà Galette d' Ausboiirg ^ qui firent tant de bruit dans le temps ; mais il est certain que d'autres ramasseurs de petits papiers ont accusé M. Feuillet d'en faire, quand il n'en avait pas. Genre de fausse monnaie qui ne nous importe guère, à nous qui n^avons pas la religion de ces griffonnages ! En dehors des autographes qu'on lui doit, M. Feuillet de Couches a fait — l'a-t-il fait ou refait ? — un livre de contes (les Contes d'un vieil enfant) qui ne manquent pas d'une certaine grâce sénile, mais c'est là tout, car ses Mémoires cViin curieux^ payés par Pion deux mille francs le volume (il y en

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