‹ Les vieilles actrices. Le musée des antiquesChapitre 8 sur 23 · M. LE VICOMTE DE LA GDERONNIERE I I · texte numérisé non relu

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différents, mais deux systèmes de coups de chapeau ! La politesse l'ôte, la politique le tend. Pour le tendre, on ne sait rien encore -, mais le Vicomte de la Guéronnière est un Maître en Part de l'ôter.

L'ancien Arthur, au talent Arthur, car il a du talent (il ne s'agit que d'en prendre la mesure), le jeune premier d'il y a vingt ans de la politique inapoléonienne, qui fit sa déclaration le premier de tous (son seul mérite, à mes yeux), va peut-être se rajeunir Arthur en Belgique.

Avec sa main, qu'il a belle, sur son cœur absent, avec sa parole espérante, fastueuse et sonore, je trouve, moi, qu'il a été très admirablement choisi pour débiter les grands compliments avec lesquels les gouvernements ne sont pas assez bêtes pour croire se séduire...

Homme essentiellement décoratif qui ne fit jamais que de la politique de décoration et de reposoir, — les reposoirs, en pratique, sont dangereux ; — Fontanes allongé, — elumbem, — sans os, sans nerfs, tout en cartilages ; Fontanes (ou Fontaine!) fluide, mais pas pur; abondant, mais pas filtré ; rhétoricien comme toute l'Ecole Normale, mais pas cuistre; trop du monde et trop roulé par les femmes, qu'il aime et qui l'ont manège (un bon mot du xviii® siècle), pour être cuistre, M. le Vicomte de la Guéronnière fera fort bien un ambassadeur. Il a toujours eu, jusque dans le talent, cette grande diablesse de tournure que doit avoir un cheval de sacre... Seulement, aujourd'hui, l'embonpoint du bonheur, un embonpoint mou (il a trop d'écurie), flottaille autour de ses longues côtes.

La ganache se prononce.

Le cheval de sacre touche au cheval de fiacre, et j'en vois poindre le brancard*.

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Et c'est par là qu'il appartient à notre Musée des Antiques^ ce grand Arthur I

Par le contraste, oh ! seulement par le contraste, il rappelle Limayrac, feu le petit Limayrac qui n'était pas, lui, d'encolure de cheval de sacre, mais qui faisait un bien joli poney ministériel, lequel tournait aussi au gras du bonheur, quand il mourut.

Le Vicomte de La Guéronnière, malgré sa tendance bienveillante à se courber, à se mettre au niveau des petits, n'est pas du tout un Limayrac. Il n'est point un Limayrac en long... pas plus

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que Limayrac n'était un La Guéronnière en petit.

Non, tous deux aimables, il est vrai, mais de cette amabilité qui ne va jamais jusqu'à l'efficacité d'un service; tous deux de cette poignée de main à tout venant, une des plus faciles prostitutions de ce temps prostitué à trente-six karats]; tous deux enfin de cette hâblerie de promesses qui a créé un genre à part, — iQsprometteurs^ — Limayrac et La Guéronnière, ces vessies de paroles, ces Auteurs de l'accompagnement politique, qui sont à l'action gouvernementale ce qu'était le joueur de flûte antique à l'orateur, différent détalent autant que de tournure.

Le petit Limayrac, en son vivant, faisait de petits articles, duriuscules et pénibles, les crottes de chèvre d'une plume sincère, mais constipée. Au contraire, Arthur-le- Long fait long comme lui, et si la parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée, ainsi que le disait Talleyrand, c'est la parole de La Guéronnière qui, pour cela, est encore la meil-

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