‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 108 sur 185 · LES ARCATURES · texte numérisé non relu

LES ARCATURES

Civrac-de-Médoc, etc., l'arcature est en haut et s'appuie sur nn cordon mouluré; l'arcature de Gajac, celle du chœur de Savignac (fïg. 186) sont en bas de cette moulure; Avensan, Moulis, Léognan ont deux arcatures superposées; à Langoiran, l'arcature est dans la partie haute, mais quelques colonnes descendent jusqu'au pied. Il est à noter que, dans le cas où deux arcatures sont montées l'une au-dessus de l'autre, les divisions de l'une ne correspondent généralement pas aux divisions de l'autre.

Même variété à l'extérieur : il y a une seule et grande arcature à Noaillan, à Préchac, où les arcades sur colonnes engagées sont resserrées, et dans une famille, répandue en Libournais, de chevets où les arcades, habituellement très larges, retombent sur des pilastres armés d'une colonne engagée montant jusqu'à la corniche: Saint-Michelde-La-Rivière (fig. 218), Saint- Aignan, Mouillac (fig. 219), Gours, Lalande-de-Cubzac, Saint-Médardde-Guizières, Saint-Denis-de-Piles (fig. 128), Saint- Magne-de-Castillon (fig. 33o); il faut ajouter, en dehors de l'arrondissement de Libourne, Lesparre1 et Bellefond (fig. 34). L'arcature de Francs2, inspirée des précédentes, n'a pas de colonnes engagées sur le pilastre. A Saint-Christoly (Médoc) (fig. 219''"), à Cissac et, avec quelques variantes, à Léognan3, chaque travée extérieure du chevet a, non pas un arc, mais deux arcs jumeaux qui s'appuient sur un corbeau à mi-longueur de la travée. Le parti très vague de Saint-Quentin-de Baron (fig. 220) rappelle cette disposition'1. Quelquefois une arcature est au

1 l*IG. 3 10. — SAINT-MICI1EL-DE-LA-RIYIBRE.

niveau et de la hauteur des fenêtres, de sorte que

les arcades aveugles alternent avec les baies : à Camarsac (fig. 333), où les arcs sont brisés, à Lestiac, à Civrac-de-Médoc. Deux ordres d'arcades tapissent l'extérieur d'un certain nombre de chevets: les premières sont celles dont il vient d'être parlé et qui sont en partie ajourées en fenêtres; les autres sont des arcades de couronnement, à raison d'une ou deux par travée : Budos, Loupiac (fig. 77), Langoiran, Saint-Vivien (Médoc) (fig. i/t5), Soulac (fig. 118), l'abside de La Sauve (fig. 70). Bayon (fig. 28) a, de plus, une arcature inférieure.

Lorsque les arcades sont de portée un peu développée, le plan courbe, qui est habituel dans l'abside romane de la Gironde, leur donne, — à Saint-Aignan, par exemple, à Mouillac ou à Francs, — l'aspect indécis et gauche que présentent les constructions irrationnelles.

Les arcatures des nefs et des clochers. — Les arcatures appliquées aux parois de nefs sont plus rares. Sur la face intérieure des murs de Cornemps (fig. 5o), faits de moellons assez pauvres, les grands arcs de décharge en pierre d'appareil forment une ossature dont le rôle dans l'équilibre de l'édifice est des plus importants. Tourtirac (fig. 207), Gardegan (fig. 161),

1. Le marquis de Castelnau en a pris un croquis (Notes, t. I, p. 47). Une travée du chœur de Beychac est tapissée d'une arcade pareille (Voir un dessin de L. Drouyn, Société archéologique, t. II, pl. 7). — 2. J'ai donné la photographie de ce chevet dans le Bulletin de la Société archéologique, t. XVII, pl. 7. — 3. Viollet-le-Duc a publié un fragment de cette corniche, dans son Dictionnaire d'architecture, t. IV, p. 32t. L'abside, aujourd'hui démolie de Saint-Loubès, avait des arcs jumeaux analogues (L. Drouyn, Choix des types). — k- A l'extérieur de l'abside de Lurzine règne une architecture sur pilastres; mais dans l'axe une fenêtre est percée et sur ce point on a substitué un corbelet au pilastre, qui aurait obstrué la baie.

LA CONSTRUCTION : LES SUPPORTS

Puisseguin, Parsac depuis les remaniements (fig. go) et, sauf dans la travée orientale, Sainte- Colombe (fig. 124 et i25) ont des arcades du même genre. Les arcades sont à raison de deux par travée dans la nef de Petit-Palais (fig. 96). On ne manquera pas d'observer que ces diverses églises sont à proximité du Périgord; en dehors de la contrée où elles se trouvent, il faut signaler une série d'arcades à Lurzine (?), des arcades isolées à Espessas, etc.

Quant aux arcatures montées à l'extérieur des nefs, nos constructeurs les considéraient

comme un luxe inutile, auquel ils n'ont guère sacrifié: les spécimens les plus remarquables sont à Pujols (fig. 108), dans les deux travées Ouest sur le flanc Nord de Blasimon (fig. 39).

Tauriac a, dans une travée Est, un arc de décharge extérieur encadrant la fenêtre.

Les arcatures extérieures de nos clochers sont presque toujours un accessoire décoratif.

Cependant, le rez-dechaussée du clocher gothique de Saint-Laurent (Médoc) est renforcé

simili wetterwiiiii. isi.fioaux Brutaiis photogr. au Sud par deux arcs

Fig. 219. - vue de l'abside me martiliac. aveugles. Les arcatures

(Extrait du Bulletin de la Société archéologique, t. XXVIII.)

lombardes, très plates

et dépourvues de toute ornementation, ne sont pas employées dans les clochers girondins; celui de Macau (fig. 260) a des arcs de faible relief qui rappellent cette disposition.

Les supports dans les arcatures. — Dans les clochers de même qu'aux façades, les arcs retombent sur une colonnette ou sur deux, accouplées ou séparées par un petit pilastre; le support n'est presque jamais, comme dans la façade de Petit-Palais, un faisceau de colonnettes. Sur la façade de Tauriac, dans les deux arcatures gothiques superposées du clocher de Saint- Laurent (fig. 344), les colonnes sont simples; elles sont doubles à la façade de Gardegan ; elles flanquent un pilastre au clocher de Cars (fig. 325), dans les façades de Benon, Saint-Palais- Lalande, Galgon (fig. 296), Sainte-Colombe (fig. 12b).

En résumé, deux combinaisons sont principalement usitées pour les supports des arcatures : dans les grandes arcatures qui partent de fond, les arcs retombent sur des pilastres; la face antérieure du pilastre présente ordinairement une colonne engagée qui s'élève plus haut pour soutenir la corniche; dans les arcatures de premier étage des façades, les arcs portent sur des colonnettes dressées dans les angles rentrants de petits pilastres.

Les contreforts : leur rôle et leur place. — On devrait réserver le nom de contreforts aux éperons assez puissants par leur masse pour résister à la poussée ou assez solidement construits pour donner au mur, sur un point faible, plus de cohésion.

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