LE ROLE ET LA PLACE DES CONTREFORTS
Fin. 21
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| M*. — A.BSIDIOLE [NORD 11E SAIKT-CHRISTOLY (mÉDOC).
Les constructeurs de nos pays n'ont pas toujours fait un emploi judicieux des contreforts: dans les constructions gothiques notamment, on aurait souvent gagné à réduire l'épaisseur des murs et à augmenter le relief des contre forts. L. Labbé,en 1882, attribuait, avec raison sans doute, à l'insuffisance des contreforts la ruine de l'église de Pujols.
En principe, on plante les contreforts au droit des piles, dans le plan des forces à contenir; mais les édifices témoignent parfois de négligences étranges : les contreforts gothiques de Blasimon (fîg. 35) ne répondent pas tous aux doubleaux. A Saint André de-Cubzac, le flanc Sud a beaucoup souffert, parce qu'un contrefort n'était pas contre le pilier; pour qu'il remplît son office, il a fallu en accroître la longueur, qui atteint 4m2o. Je ne parle pas des constructions, comme partie de Notre- Dame de La Sauve, qui ont été faites en deux fois, où les contreforts appartiennent à une époque et les voûtes à une autre.
Les raisons qui ont présidé à la répari ition des contreforts sont quelquefois difficiles à
saisir. Que le cloître ait amené à faire un mur lisse sur un flanc de l'église de Saint-Ferme
(fîg. i35), c'est chose naturelle; on a plus de peine à comprendre pourquoi certaines absides, Les Salles (fig. 75), Saint-Romain-de- Yignague (fig. 178), Saint- Hilaire-du-Bois (fig. 281 ter), etc., certaines églises, Le Pian, etc. , sont dépourvues de contrefort. Ce que l'on peut dire, c'est que parfois les constructions ainsi faites ne remontent pas à une époque reculée : le chevet d'Origne, la chapelle Saint- Fort, près de Saint- Étienne-de-Lisse, Flaujagues (fig. i63), etc.
Il est fréquent dans nos pays qu'un contrefort est élevé à l'Est, dans l'axe
de l'église: Lados, Laroque-de-Cadillac, Coutures et bien d'autres édifices nous en fournissent
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FlG. '220. — SAINT-QUENTIN-DE-BARON.
LA CONSTRUCTION : LES SUPPORTS
des exemples; à Saint-Sulpice-de-Faleyrens, on a enlevé ce contrefort pour pratiquer une porte. Il se peut qu'une fenêtre coexiste avec ce contrefort, soit que celui-ci s'arrête au-dessous de la fenêtre, — à Saint Genis-du-Bois(i}), à Monprimblanc, à Mouliets, à Saint-Laurent-Du-Plan, — soit que la fenêtre ait été percée à travers le contrefort. Ces fenêtres dans des contreforts sont nombreuses : absides de Cars (trois) (fig. 45), de Cornemps (fig. 5o), de Parsac (fîg. 90),
de Saillans, de Saint-Trojan, de Sadirac, d'Artigues (fig. 175''"), Du Puch, de Préchac (fîg. 106), de Marimbaut, de Mous près de Belin (fîg. ig4); transept de Pellegrue (fig. 95); nef de Nérigean (fig. 2206is); absidiole de Cadaujac (fig. 167), etc.
Les contreforts d'angle et divers. — Les contreforts d'angle ont un rôle spécial et des plans divers; tantôt ils se réduisent à un empattement, à une simple surépaisseur des murs, — c'est le cas à Saint Martin-de-la-Caussade (fig. 221), à Dieulivol, sur la face Ouest de Parsac (fig. 90); — tantôt l'angle du mur apparaît, mais, à quelque o"'2o ou o'"3o, sur l'une et l'autre face dont la rencontre forme cet angle, un contrefort se dégage du mur; cette solu tion est la plus courante: Cartelègue (fig. 222), Villemartin (fig. 162), Vignonet, etc. Dans les édifices de la pleine période gotbique, le contrefort d'angle est oblique (fig. 19, 43, 45, etc.), ce qui est rationnel, puisqu'il se trouve ainsi dans le plan des ogives. Deux chapelles ont été successivement construites à Saint-Morillon : dans celle du Nord, qui est plus ancienne, les contreforts d'angle forment un empattement sans découpure ni ressaut, tandis que les contreforts sont biais dans la chapelle du Sud, qui est d'un gothique plus avancé. On peut voir par le plan de l'église de Fossés (fig. 170) que, dans ces contreforts, les deux flancs ne sont pas toujours parallèles. Plus rarement, comme à Pondaurat, à Saint-Michel-de-Rieufret (fig. 210), dans l'ancien transept de Sainte -Eulalie de Bordeaux, les contreforts d'angle prolongent l'un et l'autre mur, ou bien, dans des églises peu anciennes, à Postiac, sur la face Ouest de Saint-Sauveur-de-Puynormand, etc., ils prolongent seulement le mur transversal, de façon à constituer une butée dans le sens de la poussée des voûtes.
Les contreforts peuvent avoir un rôle spécial: de même, par exemple, qu'il existe des fenêtres percées à travers les contreforts, de même des portes sont pratiquées dans de longs contreforts, comme à Monbadon. Des contreforts ont encore pour fonction de dissimuler un ressaut dans les lignes du plan, — ainsi à Vignonet et à Doulezon (fig. 228), entre chœur et nef, — ou bien de meubler une surface jugée trop nue, comme au clocher Du Tourne (fig. 224). Ceci nous conduit à parler des colonnes, que l'on assimile trop souvent à des contreforts et qui sont purement décoratives ; nous y reviendrons plus loin.
En élévation, des contreforts sont gênés, déformés par la présence d'ouvertures : si le curieux contrefort de Nérigean1 (fig. 2206,v) s'élargit du haut, c'est apparemment pour mieux
1. Ce contrefort a été dessiné par L. Drouyn, dans le Bulletin de la Société archéologique, t. II, pl. 19, et aussi plus anciennement dans le bulletin monumental, t. VIII, p. 3oC.
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Fig. a so — flanc nord i>h la nef de nérigean.