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LES FENÊTRES EN ÉLÉVATION

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FlG. 2.3/|. — ABSIDE DR S UST-MAGXE-DE-CASTILLON.

fenêtres gothiques, nef de Saint-André de Bordeaux, chevet de Marcillac (fig. 2 1 1 Ms), le remplage est lourd et monté par assises. Il était difficile et périlleux de donner aux remplages le plan courbe des absides romanes: il est arrivé, à Saint-Laurent-du Bois, qu'on a refait plane une partie de l'abside pour y placer une de ces fenêtres. La période romane nous a laissé des fenêtres doubles : dans le chœur de Paillet et, si je ne me trompe, dans celui de Lanton; mais chaque baie est sous un arc indépendant.

Le dessin des réseaux gothiques est dans nos pays ce qu'il est ailleurs1, à cela près que les meneaux de l'époque flamboyante sont habituellement conduits suivant les données de l'époque rayonnante. En règle générale, la forme des remplages est plutôt en retard sur leur vraie date : liiocaud, Saint-Martial, Générac, Fontet ont des remplages gothiques abâtardis; l'intention gothique est encore sensible dans la fenêtre de Canéjan, qui est de 1659 (fig. 235),

et les fenêtres des deux chapelles de Cameyrac, qui sont à peu près de la même époque, ont des remplages de dessin rayonnant, mais mal entendus : les joints y sont horizontaux ou verticaux, au lieu d'être normaux aux courbes; ce sont des apparences gothiques, d'où a été retiré l'esprit qui les vivifiait jadis.

L'élévation des fenêtres romanes est parfois archaïque. Dans les fenêtres de Germigny-des-Prés, l'arête intérieure des pieds-droits est échancrée et on y a logé une colonnette; échancrure et colonnetle correspondent à une partie seulement de la hauteur. Cette disposition, fréquente en Charente, se trouve en Gironde, à Bégadan (fig. 32), à Villegouge, à Langoiran, à Saint-Vincent-de-Pertignas (fig. 257), etc. Il faut ajouter que certaines fenêtres du xn° siècle, assez riches d'ailleurs, à Saint-Laurent-de-Médoc et à Bimons, sont de proportions trapues.

Les moyens employés pour couvrir la baie donnent lieu à bien des variantes. Le procédé le plus simple pour les ouvertures étroites consistait dans l'emploi d'un linteau droit; il a été adopté quelquefois, au clocher de Beychac !, à Gours, à Bellebat et dans cette chapelle Saint-Fort, près Saint-Étienne-de-Lisse, qui est faite en dehors des traditions du Moyen-Age. Fossés (fig. 238) et Saint-Loubergt ont une ou deux fenêtres de type civil, couvertes en dedans par un linteau qui est posé sur corbeaux; inversement, il existe sur la face Nord du choeur de Saint-Léger-de-Vignague, deux fenêtres jumelles qui sont en plein cintre à l'intérieur et rectangulaires à l'extérieur.

Ces baies à tête carrée n'étaient pas dans le style religieux, et le linteau jeté au-dessus des fenêtres est presque toujours entaillé : l'échancrure peut affecter l'intrados seul (fig. 2/10) ou l'extrados (fig. 237), ou encore l'intrados et l'extrados de l'arc simulé, être en plein cintre,

BrutaiLs delin

Fig. 2 35. — fehètre de ganiîjvn.

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Fig. 236. — fenêtre du chevet de sa.int-martin-de-la-caiss.vde.

1. Drouyn, dans ses notes manuscrites (t. XLVI), a signalé sur le mur Sud de Saint-Chrisloly-de-Blaye une épure, qui a disparu, de l'une des fenêtres gothiques de l'église. — 2. Dessin de L. Drouyn, dans le Bulletin de la Société archéologique, t. II, pl. 7.

LA CONSTRUCTION : LES PERCEMENTS

Brutails delm FlG. 337. — FENÊTRE l>l CLOCHER 1>E SAINT-BRICE.

en arc brisé, en arc surbaissé, — à Baigneaux, dans une travée dont la clef de voûte est datée de i538>, et au clocber de Saint-Brice (fig. 237), — en arc tréflé, à l'intérieur de Lalande-de- Cubzac, à l'extérieur de Dieulivol. Le plus souvent cependant, ces linteaux sont évidés en demi-cercle. Bamé avait signalé cet expédient dans deux édifices présumés très anciens : partie de Saint-Front de Périgueux et Saint Aignan d'Orléans2. C'est chez nous chose courante et parfois moderne : une fenêtre de cette façon est datée, à Foncaude, de 17^3 ou 1753. L. Drouyn3 a publié un croquis d une fenêtre de Mouliets dont la baie tout entière est pratiquée dans une dalle; une autre est ainsi faite à l'abside de Saint- Bomain de-Vignague. Souvent le tailleur de pierre a figuré sur la face vue du linteau les joints et l'extrados d'un arc. Avec ou sans ce faux appareil, les linteaux échancrés se rencontrent en bien des églises girondines : Virsac, Sainte-Colombe, Castelvieil, Sauviac, Escaude, Lignande-Bazas, Lignan de-Créon, Baurech, Lurzine, Meynac (fig. 239), Tarnès, Laruscade, Nérigean (fig. 220'" ), Saint- Félix de- Foncaude, Marsas, environs de Baron'1, etc.

Découpés dans un linteau ou construits de claveaux appareillés, les arcs d'une même fenêtre peuvent être de formes différentes: à Mons, près de Belin (fig. 19^), et à Loupes, le débouché est en arc brisé, l'étranglement en plein cintre; à Génissac (fig. 2/41), le contraire a lieu. Le baron de Marquessac5 donnait comme un caractère commun aux églises des Hospitaliers ce fait que les fenêtres sont en plein cintre à l'intérieur et légèrement brisées à l'extérieur; j'ai constaté, en effet, que l'observation est exacte, au moins pour certaines de ces églises.

Les appuis et les feuillures des fenêtres. — L'appui des fenêtres est ébrasé vers le dedans, quelquefois en escalier. S'il est horizontal, comme dans certaines fenêtres de Sainte-Badegonde, c'est une rare exception. L'appui peut être incliné aussi vers le dehors, afin de rejeter les eaux. Très souvent un

cordon orné souligne à l'extérieur le bas de la fenêtre et forme un larmier, d'ailleurs mal compris. Dans de petites fenêtres gothiques de Montignac, l'appui se prolonge en une saillie moulurée, en un larmier rationnel'ement profilé. Enfin, nous savons que des fenêtres, à Soulac, ont en bas et vers le dehors une petite levée de pierre qui empêche la pluie de ruisseler à l'intérieur (fig. 119).

Il est présentement difficile de se rendre compte si les clôtures vitrées des fenêtres sont dans une feuillure ou si elles sont coincées dans l'embrasure. On peut toutefois observer des feuillures dans des églises abandonnées, comme Villemartin (fig. 2/1 2'"'), dans quelques autres, comme Saint-Michel de La Bivière. A Saint-Germain-de-Campet (fig. 160), l'église n'a pas de vitres et les fenêtres ne sont pas disposées pour en recevoir. Bien n'était plus fréquent que ces fenêtres non vitrées, si l'on en juge parles procès-verbaux de visites pastorales.

Fig. a38.

Brutails delin.

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