LA PLACE DES FENETRES
centrale de l'abside deux fenêtres géminées, et cela sans autre motif que le désir de donner satisfaction à deux paroissiens trop généreux, dont chacun offrait un vitrail.
La répartition et la place des fenêtres — Quelques nefs ont, du côté de l'Est, une
ouverture percée entre la voûte du chœur et celle de la nef : l Parsac, un oculus (fig. 92), que l'Archevêque, en 1687, prescrivit de fermer1; à Moulis, où cette partie de l'église a été reprise, une fenêtre qui a été bouchée.
Les fenêtres sont réparties dans le chevet, sur les murs de flanc et sur le mur de fond de la nef. Dans les absides, les percements sont de nombre impair, trois le plus souvent, exception faite pour les fenêtres jumelles, sur lesquelles nous reviendrons. Les chevets plats
prennent le jour vers l'Est par un triplet ou
P»BlRp''^J^HI^ ,4m Par un doublet de baies pareilles. Exception-
feJsajT ,v ' , nellement, le chevet de Lalande-de Pomerol a
^B^J^fci y cinq fenêtres, deux en haut, trois en bas. Dans
• - • les églises des Ordres militaires, les murs de
Fig. - sAisr-HiLAiHB-Du-Bots. flanc sont aveugles, parce que les bâtiments
conventuels y étaient adossés. Certains édifices religieux n'ont pas de fenêtre au Nord : Gabarnac, Doulezon (fig. 52), Saint-Sulpice-de- Pommiers; la nef de Saint-Martin du-Bois n'a qu'une fenêtre, qui est au Sud; dans le plus grand nombre de nefs, les deux murs de flanc étaient percés également, mais les fenêtres y sont parcimonieusement ouvertes. Enfin, il est d'usage qu'une fenêtre ajoure le mur Ouest.
Tout cela est courant dans l'architecture médiévale des autres provinces et toute l'originalité dans le groupement des baies a trait à ces fenêtres jumelles dont il vient d'être dit un mot. Dans les églises de Saint-Hilaire-du-Bois (fig. 23i/ivet 23i'L ), Cazaugitat(fig. 173), Saint-Martin-du-Puy, Saint-Léger-de-Vignague (fig. i58), Pellegrue (fig. o5), Saint-Michel Lapujade2, toutes dans l'arrondissement de La Béole, deux fenêtres sont au milieu de l'abside, près de l'axe.
Les nefs romanes couvertes d'un lambris ont des fenêtres haut placées, sans doute afin de rendre l'escalade plus difficile : Sauviac, Taillecavat, Langoiran, Vignonet, travée Ouest de
Peujard (fig. 97), Galgon (fig. 228), etc. L'appui des fenêtres atteint 5"' 20 au-dessus du sol à Saint-Sulpice-de-Guilleragues, et 5m5o à Saint-Vincent-de-Pertignas, qui est, nous le verrons dans l'un des chapitres suivants, disposé pour la défense (fig. 267).
t. G 64o. — 2. Dessin de l'élévation extérieure dans L. Drouyn, Notes archéologiques, p. g.
Fig. 23 1 ter
Brutails photogr. SA.INT-HILA.IRE-DU-BOIS.
LA CONSTRUCTION : LES PERCEMENTS
La section horizontale des fenêtres. — Si on les étudie dans leur section horizontale, les fenêtres de nos églises présentent une grande diversité; il est permis néanmoins d'en ramener
les formes à un petit nombre de thèmes. L'architecture romane a fait quelques fenêtres, mais quelques-unes seulement, qui sont de bonne largeur, dans les chevets de La Sauve (fig. 70) ou de Saint-Ferme, par exemple.
D'autres fenêtres, au contraire, même dans des constructions soignées, transept méridional de Saint Denis-de Piles (fig. 128), nef de Gours, abside de Martres, sont étroites comme des archères. La règle est que les fenêtres romanes sont de largeur médiocre, omi5 à om2o. Ces mesures sont prises à l'étranglement de la baie, laquelle est toujours ébrasée.
Dans des fenêtres de Cornemps, Doulezon, Saint-Vincent-de Pertignas, Sainte-Radegonde, etc., le percement
par dehors est fait suivant une direction perpendiculaire au parement :
jusqu'à une certaine profondeur, les deux montants de la fenêtre sont parallèles, après quoi ils s'ébrasent en dedans. Plus fréquemment, la fenêtre s'ébrase vers le dedans dès le parement extérieur, ou presque. Les baies à deux ébrasements opposés sensiblement égaux appartiennent aux périodes gothique ou moderne : dans nos pays, si l'on excepte les églises dues aux Ordres miliiaires, l'ébrasement extérieur des fenêtres romanes a pour but d'abattre une arête trop aiguë plutôt que d'introduire plus de lumière. Ce qui, du coté extérieur, est plus ordinaire que l'ébrasement, c'est un ressaut par lequel la baie s'élargit brusquement; on peut dire que c'est le type préféré des architectes locaux. Les exemples abondent: abside de Tourtirac (fig. 207), Saint-Philippe-d'Aiguille (fig. 201), Les Salles (fig. 70), Sainte-Gemme, Saint-Caprais de Haux, nef de Langoiran, Saint-Aubin-en-Jallès (fig. 282). Çà et là, les montants sont obliques et déterminent avec le parement un angle obtus : Saint-Martin-dela- Gaussade (fig. 236), Saint-Denis-de-Piles (fig. 128), triplet de Fronsac, Bellefond (fig. 233), Saint-Nicolas-de-Génissac (fig. 2/11), Montarouch, Sallebruneau. Normal ou biais, cet encadrement se
prêtait à recevoir une colonne, supportant un arc plus ou moins ouvragé, aussi bien à L'intérieur qu'à l'extérieur. A l'intérieur : Cornemps (fig. 5o), Doulezon (fig. 62), Sainte-Radegonde ; à l'extérieur: Lignan de-Créon ; sur les deux faces: Saint-Vivien-de-Médoc, Civrac-de-Médoc, Bégadan (fig. 3i), Saint Magne-de-Castillon (fig. 23/|), Artigues.
L'élévation des fenêtres et leur couverture : arcs et linteaux. — Les fenêtres romanes sont démunies de remplage; les fenêtres gothiques sont plutôt à remplage. Dans les premières
Brutails delin.
Fig. 23a.
SAIHT-AUBIN-EN-JAXLÏ
Fig.
Brutails delm.