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A SAINT-SEURIN DE BORDEAUX

LA DÉCORATION : LES MOTIFS

de Castelnau a, noté ce sujet à Saint-Caprais-de Haux et Drouyn à La Sauve-, à Rions3, sous la coupole de Saint-Vincent-de Pertignas à Saint-Macaire5. La même scène occupe le champ d'une clef de voûte de La Sauve (fig. 72) qui est au Musée de Bordeaux et elle a été rendue de façon singulière sur un chapiteau de l'ancienne église de Sainte-Croix-du-Mont6, où l'autel est un édicule bas, élégamment construit.

Samson déchirant la gueule du lion est à Courpiac, à Sainte Croix du-Mont, sur un chapiteau du Musée de Bordeaux provenant de La Brède (fig. 266). Il se voit également

à La Sauve, de même que Samson et Dalila7, tandis que la victoire de David sur Goliath est à Saint Ferme, Rimons et Bagas8. Jouas rejeté par la baleine est ciselé sur un chapiteau de Saint-Caprais de Haux'J. Le martyre de saint Jean Baptiste tient la moitié des chapiteaux de la porte de Cessac I0; il a fourni le sujet de l'un des plus jolis chapiteaux de La Sauve11.

Nos sculpteurs romans avaient un faible pour saint Pierre : il est debout, tenant les clefs, dans le curieux tympan de Sainte- Radegonde, en compagnie de nos premiers parents et de divers personnages; la vocation de saint Pierre, où des rameurs poussent une barque vers Jésus-Christ, est reconnaissable sur un chapiteau mutilé à Daubèze et, suivant Drouyn, sur un autre à Martres12. Le même archéologue a mentionné le lavement des pieds de saint Pierre à Blézignac et à Saint-Ferme'3 et saint Pierre ès liens à Soulac1'1; mais cette dernière identification est au moins douteuse. Le Prince des Apôtres a été peint sur un vitrail dans l'église paroissiale de La Sauve, en i53/|l5.

Un autre Apôtre est figuré sur un vitrail du xvic siècle dans l'abside de Saint- Émilion, une pique à la main, les lunettes sur le nez et lisant dans un livre.

Le jugement dernier; les anges; divers saints. — Les imagiers gothiques ont repris dans les tympans dé divers portails, Saint Seurin de Bordeaux, Bazas, etc., le sujet du Jugement dernier, qui est d'origine romane.

Les Anges sont les acteurs obligés de bien des scènes; de plus, les artistes gothiques lés ont logés dans les voussures des portes. Je ne vois guère qu'une observation à formuler en ce qui les concerne : c'est que dans la porte Royale de Saint André de Bordeaux et dans la porte de Saint-Seurin, l'une et l'autre du xin" siècle, quelques Anges ont sous les pieds une roue.

Des circonstances locales peuvent expliquer pourquoi on a placé dans telle église l'effigie de tel saint : saint Laurent sur son gril dans les églises de Saint-Laurent-du-Bois et d'IUatslU, dédiées à saint Laurent; saint Quentin à l'extérieur de l'abside de Saint-Quentin de Baron l7; le martyre de saint Etienne sur un chapiteau de l'église Saint-Étienne de ïauriac.

Brutails pfaotogr.

FlG. 266. CHAP1TEAL DU MUSÉE DE HORDE AL X,

PROVENANT DE LA liRÈDE.

1. Notes manuscrites, t. I, p. 55. — 2. Choix des types, p. 71. — 3. Voyage à pied sur les bords de la Garonne, pp. 22-23. — 4. Variétés girondines, t. II, p. 10. — 5. Bulletin monumental, t. XWI, p. 768. — 6. Voir mon Album d'objets d'art, pl. iv. — 7. Choix des types, p. 71; Album de La Grande Sauve, pl. i3. — 8. Ces exemples sont empruntés à Drouyn, Chapiteaux romans de la Gironde, pp. 8-9. — 9. Croquis de Drouyn, dans les Chapiteaux romans de la Gironde, p. |3.- — 10. Dessin partiel dans les Variétés girondines, t. I, p. 478. — 11. Simili-gravure dans l'Histoire de l'Art, de M. André Michel, t. I, p. 62G. — 12. Variétés girondines, t. III, p. i5i. L'un des tympans de la cathédrale de Bazas est consacré à saint Pierre, sa vocation, son martyre, le Quo vadis (?), etc. — i3. Revue calholù/ue, 1887, p. 3o5. — i l>. Société archéologique, t. I, p. 79 ; croquis à la planche VI, n°" 3 et 6. — iô. Voir mon Album d'objets d'art, pl. vi. — 16. Croquis de L. Drouyn, dans le Compte-rendu des Monuments historiques de 1847, après la page 12. — 17. C'est, du moins, ce que voyait dans ce bas-relief feu Augier, qui a consigné ses ohservations sur le registre de la fabrique. Drouyn pensait qu'il s'agit de la Nativité, avec Hérode et les Mages (Flevue calholique, 1880, p. 1 36).

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