‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 152 sur 185 · LES TAILLOIRS · texte numérisé non relu

LES TAILLOIRS

rang ou sur plusieurs superposés (Notre-Dame de Langon (fig. 3o4), Galgon (fig. 296), Tzon (fig. 61); des dents-de-loup tournées en haut (Villemartin), tournées en bas (bandeau supérieur de tailloirs à Saint-Cybard et à Gours), ou sur deux rangs dont les festons se font face (La Réole (fig. 3oa), Les Salles (fig. 297), Saint-Vivien de-Médoc), et qui peuvent recouvrir non pas un chanfrein, mais un quart-de rond (Lalande-de Pomerol, Petit-Palais); des rosaces analogues à celles qui sont sur des voussures de portails d'Entre-deux-Mers (Villegouge) ; des rosaces plus simples et sans relief obtenues à l'aide de traits gravés (Gabarnac); des rosaces plus riches ou entourées de perles (Villenave-d'Ornon) (fig. i56); des cercles portant des croix (Saint-Martin-de la- Gaussade); des postes (même église, Montagne); des feuilles appliquées sur le chanfrein, la pointe vers le haut, plates (Saint-Vincent-de-Pertignas (lig. 3oo), Avensan), ou recourbées (C'astelvieil) ; des galons en zigzag (Budos, Mourens, Saint- Martin-de-Sescas) ; des segments de cercles formant des sortes de feuilles dont le fond est perlé (Bellefond) ou non perlé (Faleyras); des entrelacs divers (Villegouge, Sainte-Croix du-Mont, ïauriac, Lalande de-Cubzac, etc.); bien d'autres combinai sons de lignes sans autre règle ni mesure une

FlG. 3 1 5. CHAPITEAU DANS LA CRYPTE DE 1ÎARON.

la fantaisie et la faculté d'invention de l'artiste.

Parmi ces dessins, il en est un que l'on rencontre fréquemment, au porche de Saint-Seurin de Bordeaux (fig. 265), à La Sauve (fig. 70 et 74), dans les églises de FEntre-deux-Mers (Saint- Sulpice, Gourpiac (fig. 276), Goirac (fig. 279), Daubèze), à Moulis et ailleurs : il est formé de brins entrelacés deux à deux; chaque extrémité se termine, vers le haut, en une efflorescence semblable à une fleur-de-lis, qui se dresse contre l'extrémité pareille de la tige voisine.

La diversité ne provient pas seulement du choix des motifs, mais encore de la manière dont ils sont rendus: à Bruges, à Villenave-d'Ornon, des ornements de tailloirs sont légers et font penser à des filigranes; à Saint-Antoine-Du-Queyret, des branches stylisées s'enlèvent en un relief vigoureux ; des tailloirs de Castelvieil ont des feuilles et une tête en feuillages fortement modelées.

Le tailloir mouluré appartient plutôt au gothique ou au roman très avancé. En général, il a en haut un bandeau vertical dont l'arête inférieure est souvent accusée par une petite moulure en creux. Au-dessous vient un chanfrein (Pellegrue), ou un cavet (Saint-Pey-d'Armens (fig. 3o3), ou deux cavets superposés (Léogeats (fig. 3 18), Macau). Les moulures convexes comme les quarts-de-rond, moins sèches, plus pleines, laissent une impression plus agréable; on les rencontre surtout dans des monuments élevés avec un certain luxe : parties anciennes à Saint- André de Bordeaux, Saint Denis-de-Piles (fig. 3o3), Saint-Philippe d'Aiguille (fig. 202), portail de Puisseguin (fig. 3 12). Sur un chapiteau de la nef de Tauriac, le tailloir est fait d'un bandeau et de sept tores superposés, qui s'inscrivent dans un chanfrein. Ce doit être un tailloir unique en Gironde; mais ce qu'on voit çà et là, ce sont des tailloirs dans lesquels le bandeau supérieur fait place à un quart-de-rond plus ou moins parfait : Cadarsac, Saint-Nicolas de Génissac, nef de La Réole. Ces derniers sont peut-être bien postérieurs à l'époque romane.

Les chapiteaux gothiques. — Les chapiteaux gothiques de nos pays sont très souvent lisses : de nombreuses portes des xivc-xvi° siècles ont des chapiteaux ainsi façonnés. Les astragales toriques ont duré longtemps après l'apparition des astragales en larmier. Quant aux

LA DÉCORATION : LES APPLICATIONS

tailloirs, depuis le xiv" siècle, ils projettent

Brutails pliotogr.

FlG. 3lG. PORTE DE COIMÈRES.

relevée de petits motifs : billettcs, étoiles, etc Gours, Gardegan (fig. 2q3), Sainte-Colombe (fig. 126), Saint-Cybard, Tauriac, Coimères (lig. 3 16), etc. Une variante consiste à découper de lobes l'intrados de la petite voussure : Queynac (fig. 017), Villemarlin, Lalande-de-Pomerol, Petit Palais, Puisseguin (fig. 3 12), Guîtres, toutes localités de l'arrondissement de Libourne.

Les portes a voussures moulurées. — Dans les portes à voussures moulurées, la mouluration peut être plus ou moins riche, plus ou moins complète : sur trois voussures, une seule est moulurée, et encore pauvrement, à Sainte-Radegondc (lig. 323); sur trois, deux à Saint Martin de-Monphélix ; sur quatre, deux à Massugas ; ailleurs, les moulures couvrent tous les arcs, tète et intrados : Benon, Camiran, Gameyrac, etc. Coubeyrac, Pellegrue, etc., ont des portes

rent, en plan, un angle qui correspond au milieu du support; le tailloir peut être également rond et mou. Des personnages sont couchés sur les tailloirs du portail gothique de Mongauzy.

M. de Caslelnau a consigné dans ses Notes1 le cas vraiment curieux de certains tailloirs du chevet de Soulac, qui, ayant sans doute été jugés d'un goût suranné, furent, aux xiu'-xiv1 siècles, empâtés de mortier et peints.

Les pieds-droits des portes. — Les portes romanes, si on les considère au point de vue de la décoration, comprennent plusieurs catégories, dont les plus importantes sont : les portes à voussures lisses, les portes à voussures moulurées, les portes à voussures sculptées.

Les pieds-droits ont presque invariablement des ressauts et des colonnettes. Aubiac, où il n'y a pas de colonnettes, fait exception. Dans quelques portes du Libournais, Cornemps (fig. 5o), Saint-Cybard, Gours, Villemartin (fig. 162), une grosse colonne engagée monte, à droite et à gauche, au milieu du tableau.

Les portes a voussures nues. — Les portes romanes à voussures nues présentent, à l'extrados de la plus grande voussure, une archivolte C'est la formule d'une famille de jolies portes :

Brutails phbtogr.

FlG. 3l7. — ÉGLISE DE QUETNA(

Les églises de Doulezon, Daubèze, Saint-Martial, à voussures moulurées. A Saint-Georges, les

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