FENÊTRE AL CHEVET DE ROMA.GKE
de Guîtres). Dans certains clochers (Bassens, Lafosse (fig. i83), partie ancienne de Saint- Aubin de-Blaignac (fig. a/j4), elle fait sans solution de continuité le tour de la construction.
L'encadrement intérieur des fenêtres. — Les chevets carrés et les têtes de transept peuvent avoir des cordons moulurés de ce genre qui tiennent toute la largeur du monument. A Lalande-de-Pomerol et à Lugasson, la moulure ne s'interrompt qu'au droit des baies et elle supporte la retombée des archivoltes d'extrados. A Benon, à Fronsac et au transept Nord de Sainte-Croix de Bordeaux, la moulure elle-même forme archivolte et s'infléchit pour contourner les arcs des fenêtres; en d'autres termes, elle ne court horizontalement qu'au dehors des archivoltes.
A l'intérieur, l'encadrement des fenêtres devrait être différent : les archivoltes d"extrados n'y sont plus utiles pour protéger la baie contre le ruissellement des eaux pluviales. Aussi quelques églises romanes, qui ont ces archivoltes en dehors, n'en ont-elles pas en dedans : Bégadan et Langoiran sont du nombre, et je crois
que cette distinction se généralisa pendant la période gothique ; mais très souvent les maîtres d'oeuvre romans cherchèrent un prétexte à décoration en transportant à l'intérieur l'encadrement extérieur des fenêtres, avec leurs archivoltes et leur cordon horizontal de moulures.
La décoration du plein des murs : les cordons de aioulures. — Insérer dans les murs une sculpture d'assez fort relief est un moyen bien naturel et cependant bien rare de décoration : il a été employé tout à fait exceptionnellement à la façade de Petit-Palais. Ce qui est courant, c'est l'emploi des cordons de moulures profilés sur les murs intérieurs et extérieurs de nos églises. A l'intérieur, ces moulures sont surtout les moulures de soubassement, les moulures placées à la naissance des arcs et des voûtes, au-dessus des arcatures, sous l'appui des fenêtres. Des moulures de soubassement et des moulures qui soulignent la naissance des voûtes il a été déjà question et il n'y a pas lieu d'y revenir : je me borne à rappeler qu'elles sont, principalement les secondes, d'usage à peu près constant (fig. 33i).
Quand une série d'arcades aveugles décore un mur, il est naturel de couronner ces arcades par une moulure, laquelle peut, d'ailleurs, se trouver exactement au niveau de l'appui des fenêtres. Cette combinaison, très fréquente dans nos églises romanes, a été adoptée à Moulis, Au Nizan (fig. 272), à Saint-Macaire (fig. etc.
D'autres moulures régnent à l'intérieur sous les fenêtres sans couronner une arcature; elles sont rares dans les nefs romanes, beaucoup plus communes dans les chevets. Toutefois,
BruUils pliologr.
Fig. 33o. — abside de saint-magse-de-castillon.
LA DÉCORATION : LES APPLICATIONS
tel chevet en a, comme Langoiran, et tel autre, comme Rimons, en est dépourvu. Tantôt ces cordons sont simplement moulurés et tantôt ils sont ornés de dessins courants.
Nous avons vu que les tailloirs des fenêtres se continuent souvent sur le parement en un cordon horizontal. Cela est également vrai du tailloir ou de la moulure d'imposte des autres ouvertures : la nef de Sainte-Geneviève de Fronsac (lig. 2o/i) a, au niveau de la naissance de ses grands arcs, un bandeau chanfreiné et ornementé.
A l'extérieur, les maîtres d'oeuvre ont été plus prodigues de cordons moulurés et ces cordons peuvent être plus riches. Des cordons de ce genre sont fréquemment sous les fenêtres des chœurs et des absides : on a brisé cette moulure, à Saint- Laurent (Médoc), alin d'agrandir les fenêtres vers le bas; on l'a interrompue, à Montagne et à Romagne, au moment de la construction, pour faire place au talus de l'appui. Certaines absides, soignées d'ailleurs, sont dépourvues de cet ornement : Saint Magne de- Castillon (fig. 33o), Saint -Denis -de -Piles (fig. 128), Bellefond (fig. 34), Bouliac (fig. 4i), chapelles rayonnantes de Guîtres, etc. ; on peut dire cependant qu'il est habituel, du moins dans les chevets romans qui sont bâtis avec quelque luxe (fig. 33a).
Il n'y a pas de règle pour
la décoration de ces membres d'architecture : en général, le profil s'inscrit dans un bandeau chanfreiné du bas. A l'absidiole Sud de Vertheuil, une tresse plate est appliquée sur le bandeau vertical; presque toujours l'ornementation est sur la partie biaise. Ce sont des moulures plus ou moins fouillées : tores, talon, cavet, etc., à Castres; deux tores, le tore supérieur surplombant l'autre, à Saint- Romain-de-Vignague; plutôt un cavet, deux ou trois cavets superposés. Ce dernier profil est le plus usité, notamment en Libournais. Parmi les dessins courants, je citerai : les bâtons brisés, à Salignac, Saint-Martin-du-
Rois, Lansac; deux rangs de dents-de loup opposées, à Camarsac (fig. 333); des denticules, à Martillac. Le cordon est fait, à Notre-Dame de Langon et à Régadan, de têtes-de-clou juxtaposées. Les artistes auxquels fut confiée l'ornementation des absides de Saint-Vivien, Civrac-de-Médoc, Langoiran, ont laissé courir leur ciseau : il a taillé des feuillages, des entrelacs, etc., d'une richesse et d'un éclat que les intempéries des siècles ont à peine amortis.
Brulails photogr.
Fig. 33 1 . — angle scd-est carré* 1)1 transept a saint-ferme.
Brutails pholi
Fig. 332. — auside d'espessas