‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 16 sur 185 · SAINTE-EULALIE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

SAINTE-EULALIE DE BORDEAUX

la voûte au-dessus de l'orgue, portail et voûte démolis depuis peu, dataient celui-là de 1 3y i , celle-ci de 13981, tandis que le chevet aurait été commencé en i^ô2.

Au cours de réparations qui avaient été décidées par une assemblée du 5 avril 1750, on s'aperçut que des piliers menaçaient de s'écrouler; il fallut les refaire. En 1753, des plâtras tombés attirèrent l'attention sur la voûte portée par le pilier auquel était adossée la chaire : on dut, sans perdre de temps, dresser des étais. C'est vers cette époque, en 1 75 1 , qu'un serrurier de La Réole, Biaise Gharlut, forgea la belle grille de la chapelle Saint-Clair3.

La foudre frappa le clocher le 5 thermidor an XI; on dut déposer la flèche sur 10 mètres environ de hauteur.

Pendant le second Empire, bien des travaux furent exécutés dans notre église : elle fut, d'abord, débarrassée, en 1 85 1 , des échoppes qui l'enserraient. La Fabrique, qui avait fait regratfer la chapelle de la Vierge, pria la Municipalité de soumettre à la même opération tout l'intérieur de l'édifice : les maçonneries de moellons furent recrépies; les piles et les voûtes, rejointoyées. Sans désemparer, toujours en i85i, on s'occupa de l'extérieur. L'année suivante, on compléta des bases, on reprit des piliers et Duburch fils restaura ou refit, dans la nef et les bas-côtés, quantité de sculptures : clefs de voûte et chapiteaux'1. Puis, on démolit, en 1 853, une niche construite en arrière et dans l'axe de l'abside: ce fut une occasion pour faire le ravalement de la voûte et des murs du sanctuaire, pour reprendre les moulures et les piles, pour compléter l'arc triomphal et l'arc correspondant du bas-côté Sud, pour restaurer l'extérieur de l'abside. Ce dernier travail fut terminé en septembre 1 854- Burguet changea, deux ans plus tard, les meneaux des fenêtres percées dans le mur oriental des collatéraux. Le 18 août i858, la Fabrique exprima le désir que la Ville fît réparer deux piliers à l'entrée du chœur et un troisième près de la porte de la sacristie. La mise en état du clocher avait été étudiée en i8/i5 par Durassié, qui, vers 1806, fatigué

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l3. — PLAN DE SAINTE - EliLALIE AVANT lyOO. (Extrait du Guide illustré à Bordeaux.)

1. Ces dates sont données par deux; inscriptions gardées dans l'église : ... « Item, en l'an de Nostre-Senyor M" CCC" LXX1, haie I boyset de l'ormen x 11. E aquet an Ramon de Birac fi fa lo portait. » « Aquesta voûta fo acabada l'an mil CCC IIII"e XVIII, en lo mes de octobre.» — 2. Voir une inscription sur barre de fer, publiée dans le Choix des types, p. 27 1. — 3. Brutails, La Grille en fer forgé de Sainte-Eulalie de Bordeaux, dans la Bévue philomalhique, 1908, pp. 3g-ii. On sait que M. Jullian a publié une simili de cette grille dans son Histoire de Bordeaux, p. 53g. — 6- Un compte de i85a mentionne : dans la nef, la restauration de cinq clefs, la réfection de deux autres; dans la chapelle de la Vierge, la façon d'un chapiteau adossé au mur; dans les deux piliers à huit chapiteaux, la sculpture de plusieurs masses; dans le bas-côté de droite, la réfection de deux chapiteaux adossés au mur; etc. Suivant un autre compte de mars i853, dans le pilier Nord du chœur, tous les chapiteaux auraient été changés.

MONOGRAPHIES

d'attendre l'exécution de son projet, intenta un procès au curé. La restauration fut conduite par Alaux, en i863-i864-

Enfin, il y a quelques années, on a prolongé les trois nefs vers l'Ouest. La porte de 1371, retrouvée au cours de ces travaux, a été déposée et n'a pas été relevée.

Sainte-Eulalie représente à Bordeaux le type local des églises à trois nefs à peu près égales en hauteur. Elle est faite, d'ailleurs, de pièces et de morceaux: tous les siècles, depuis le xii", y ont laissé leur trace. De l'édifice consacré en 117/1, il doit rester, vers l'Est, des supports, encore presque romans; à mi-longueur de la nef et plus vers l'Ouest, des chapiteaux à crochets accusent le xme siècle; l'ensemble du mur Nord, avec l'une de ses portes, et du mur Sud, ainsi que la porte Sud Ouest sont du xm1' siècle et de la première moitié du xivc; la voûte de i3q8 a disparu pendant les derniers travaux, mais il reste, des xve-xvie siècles, le chevet, les deux chapelles Nord-Est et Sud-Est1, une porte au Nord, la chapelle Saint-Clair au Sud et la sacristie; enfin, deux croisées d'ogives, vers le bas de l'église, portent le millésime iôh'2, et divers piliers s'accommodent de cette date.

L'église du xn° siècle était dépourvue d'absidioles : si on examine avec attention les contreforts, aujourd'hui noyés dans la maçonnerie, qui épaulaient le transept à l'Ouest, on constate qu'il ne devait pas y avoir, non plus, de bas-côté.

Comme bien l'on pense, le monument est fort hétérogène; les sculptures, qui sont, d'ailleurs, en partie récentes, sont des plus variées. Si l'intérieur n'est pas d'aspect grandiose, l'extérieur de l'abside est un joli morceau: les contreforts sont décorés de niches et de statues et une archivolte en accolade profilée autour de l'arc des fenêtres porte des crochets et un fleuron.

Sur la face méridionale de la nef, est disposée une série d'arcades qui doivent avoir abrité des sépultures-. Il ne faut pas oublier que ces arcades ont été longtemps engagées dans des maisons et qu'elles ne sont plus en leur état primitif.

Bordeaux. — Église Saint-Seurin. Église collégiale.

Il reste un grand nombre de documents concernant des travaux exécutés à l'église Saint- Seurin; de ces textes je donne ci-après un résumé chronologique. Pour les comprendre, il faut savoir que l'édifice était hors murs, exposé, par conséquent, aux déprédations et au pillage.

ia^o. Don de 5o marcs par le roi d'Angleterre à Saint-Seurin, «ad fabricam ecclesie sue »3. — I277« Incendie du faubourg : l'église ne paraît pas avoir été atteinte. — 1278. Legs à l'œuvre4. — i3oi. Legs à l'œuvre5. — i/io5 et 1/107. Bulle et délibération mentionnant les réparations nécessaires à l'église0. — 1/^20 et Mention du maître d'œuvre de Saint-

Seurin7. — 1/127. Bulle pour la construction de la chapelle de la Vierge, « que in latiori fundatione incepta est »8. — i444. Consécration de l'autel de ladite chapelle'1. — 1^52. Legs a a l'obre et fabrica de Nostra-Dona de Sent-Seurin »"'. — 1465. Legs à l'œuvre de Saint- Seurin11. — 1490-1A91. Paiements de legs à l'œuvre de Saint-Seurin Ia. — 1 4g4 . Mention de « Tierri Du Proys, menuzey, mestre de Sanct-Seurin » '3. — 1 497 ■ Legs pour la réparation de Saint-Seurin1'1. — xve siècle. Mention de « l'areney de l'obra », la sablière de la fabrique'5.

1. l'eut-ètre la chapelle Nord-Est a-l-elle été élevée par Guiraud de Pomyer, maître des œuvres du Koi ; la pierre funéraire de cet architecte y est conservée (Voir Album d'objets d'art, p. 4o et pl. 68). — 2. C'est do ce côté que devait se trouver le cloître mentionné dans une délibération du 9 janvier 1733 (G 28G6). -- 3. Utiles gascons, t. I, u" 17G9. — li. G io3o, fol. i5t). — 5. G 3i45. — 6. G i02Ô. — 7. G 28/1. — 8. G io3a. — 9. Abbé Cirot de La Ville, Origines chrétiennes de Bordeaux ou Histoire et description de l'église de Saint-Seurin, p. 335. — 10. (i t5g3. — 11. Jouan, notaire. — 12. G -l'a, fol. '280 v" et 289 — i3. G 22Ô2, fol. 06. — i&. (i 2806. — 1». (< 1175.

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