LE CLOCHER DE SAINT-MICHEL AVANT LES RESTAURATIONS
(Extrait du Guide illustre à Bordeaux.)
1. Voir, à ce propos, mon article sur Le Cloître des Dominicains de Bordeaux en 1620, dans la Revue historique de Bordeaux de 1908, pp. 3 1 5-3 1 0. — 2. G 2191. — 3. Bordeaux vers lliôO, p. 38 1 . Cf. l'étude consacrée par L. de Lamotbe à l'église et au clocher de Saint-Michel : il y aurait au pied du clocher deux charniers superposés (Actes de l'Académie, i8/i5, p. 1/17). — k. Le contrat d'engagement nous est parvenu dans une liasse de la fabrique de Saint-Michel, cotée G 2261. Je l'ai publié à la fin de mon étude sur Deux Chantiers bordelais. — 5. i465 (Jouan, notaire); ik^i-ih-jk (Kibery, notaire). — 0. Note de l'époque, publiée par Baurein, Variétés bordeloises, t. V, p. 176, et nouv. éd., t. III, p. 100. — 7. G 2252. — 8. Ibidem. — 9. Sur ces travaux, qui eurent lieu en 1 iy3- 1 6g5, voir le registre G 2252. — 10. 1752 (G 23o3, fol. 3). — 11. Sur cet épisode, voir Jullian, Histoire de Bordeaux, p. 5o6.
MONOGRAPHIES
plus, belles pièces de l'Europe;» de plus, « elle commande du mousquet tout le quartier des mnltiiis '. »
Le rapport de Yauban nous apprend que la flèche avait été, en 1679, découronnée par la foudre. Ce n'est pas la seule Ibis que l'œuvre fragile des l.ebas eut ù souffrir des orages et des tempêtes3 : le 8 septembre 1768, la pyramide fut renversée3. La même année, on refit la voûte du charnier1.
Portier en 1755, Combes en 1810 étudièrent des restaurations qui ne furent pas effectuées. La tour de Saint-Michel s'imposait à la sollicitude de la Commission départementale des
Monuments historiques : Durand présenta, en 18/Ki, un projet vraiment remarquable5, qui, s'il avait été suivi d'exécution, nous aurait sauvés d'Abadie.
Abadie fut, en effet, chargé de restaurer la vieille tour. Pendant les travaux, en 1 863, comme jadis en 1 4 <J 3 , le bruit courut dans le quartier qu'elle menaçait ruine et, de même qu'en 1/190, une commission fut nommée pour vérifier l'état de la construction et s'enquérir des mesures à prendre. La commission releva des fissures dont l'aspect décelait suffisamment la cause du mal : Abadie n'avait pas, comme Durand, compris que la tour était faible à la base; il avait imprudemment enlevé et les maçonneries et les contreforts secondaires entre les piles. Ce qui restait ne suffisait plus à porter le poids des étages supérieurs. On établit par des calculs que les pierres devaient inévitablement s'écraser sous la charge. Abadie refusait de se rendre à ces raisons, quand un fait d'une extrême gravité brusqua le dénoùment. La commission avait encore visité la tour le 19 septembre; quand elle revint, le 212, une violente tempête d'Ouest soufflait depuis trente-six heures. La tour, garnie d'échafaudages, formait un gigantesque levier, qui transmettait aux assises inférieures de la face Est les pesées exercées par le vent sur le haut de la face opposée; aussi les fissures s'étaient-elles multipliées et agrandies dans le pilier de l'Est. Il fallut, de toute urgence, arrêter les travaux, remplir les arceaux du bas et blinder les piliers, enfin modifier le projet : allonger les contreforts dans le sens des rayons et n'employer que des matériaux de choix. C'est comme amortissement de ces contreforts qu'on fit les statues dont ils sont surmontés.
11 est à peine besoin de dire les sommes folles que coûtèrent ces travaux en sous-ceuvre, qui eurent, d'ailleurs, pour résultat de modifier entièrement la silhouette de la tour. Le clocher fut bénit par le cardinal Donnet le 9 mai 1869.
Galiberl pliolo-r.
Fie. 12. — LE CLOCHER DE SAINT-MICHEL DEPI I- LES RE SX W II \TIO\s.
(Exlrait du fîuiiti: illustré ù Bordeaux.)
Bordeaux. — Église paroissiale Sainle-Eulalie.
Sans remonter aux temps mérovingiens ni même aux invasions normandes, je me bornerai à signaler que l'église Sainte-Eulalie fut consacrée en 117V1. Le portail principal et
1. Archives historiques, t. XXXVIII, p. aiS. — 2. Bernadau signale la cliulc de la foudre en octobre 1574 (Antiquités bordelaises, p. 3 6 '1 ) ■ Cf. une délibération des bénéfleiers à la date du 3o janv ier 1752 (G 1 OO7) et l'étude précitée, dans laquelle L. de Lamothe mentionne des accidents graves en 1D08 cl 1GG0 (Actes de l'Académie, i845, p. i45, note 1). — 3. E suppl. aoyi. — i. <l 23.V>. — 5. Durand signale, au cours de cette étude, une inscription qui courait à une quinzaine de mètres de hauteur el dont les lettres s'enlevaient en clair sur l'ombre d'une gorge profonde. — 0. Lopès, L'Église Suincl-André de Bourdeaux, éd. Callen, t. Il, p, -u .">.