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MONOGRAPHIES
revint, d'ailleurs, peu après, et en avril 170/1 on comptait avec lui pour une dépense de 1^,700 livres. Le 6 mai, la fabrique le chargeait de « remettre la voulte qui s'en va par terre de la chapelle du costé gauge de l'églize de Barsac ».
Le gros œuvre devait être terminé en 1708 : on décida de poser une plaque commémorative 1
Fn:. 21. — plais de l'église de oarsac.
et la même année on paya des journées de couvreurs. Puis, ce furent, en 1709, des travaux au clocher, que la foudre avait endommagé; en 17TO, des paiements de charpenterie ; en 1727- 1729, la construction par René Poitevin, serrurier à Bordeaux, d'une table de communion coûtant 730 livres; en 17/12-17/4/4, la construction du retable principal par Vernet. En 1752-1756, André Mollié, architecte, aidé par son frère comme appareilleur, enleva l'ancien escalier qui montait aux voûtes et fil la tribune; le solde du « balcon » de la tribune fut payé à ,1. Bouyer en avril 1757. Les 22-23 octobre 1769, on procéda à la bénédiction des autels de saint Eutrope et de sainte Anne^. L'un des meilleurs ornemanistes bordelais, Barthélémy Cabirol, reçut, en mars 1775, une certaine somme, dont 80 livres pour la « sculpture de l'autel de sainte Barbe 0 : cet autel fut bénit le 11 avril de cette année3. Le 27 du mois suivant, Bourgès, dit la Vertu, touchait 8o5 livres pour les ouvrages en plâtre de la salle d'assemblée, aujourd'hui salle des catéchismes. Quelques années api'ès, Simon, menuisier, fit le chœur sur les dessins de Mollié : l'architecte eut 72 livres en décembre 1786 et le menuisier donna quittance en mai 1787. La chapelle des fonts était en construction au mois de juin de la même année; Mollié dirigea, l'année suivante, la construction de grilles pour cette chapelle et pour celle de sainte Barbe : le reçu de Duprat, pour 760 livres, reliquat du prix des portes en fer, est du 10 juin 1788. Les fonts sont de Que va, auquel on donna pour ce travail 52^ livres en novembre 1788 et un solde de 2/48 livres en janvier suivant. Enfin, la Fabrique passa marché, le 18 décembre 1788, avec Giuseppe Bozzi pour peintures, dorures, etc.
1. Monographie de l'église, dans le Compte-rendu des Monuments historiques, de i8G'j-i865, p. 52.— 3. E suppl. 1073. — 3. E suppl. 107/).
ÉGLTSE DE RARSAC
En 182 1, les voûtes étaient lézardées : Poitevin fut prié d'établir un projet pour en prévenir la chute; ces travaux comprirent la construction de contreforts : elle fut adjugée en septembre 1821, et Poitevin demandait le paiement de ses honoraires le k octobre 1822. Par la même lettre, il envoyait un devis « pour la reconfection de la couverture du clocher » ; le couvreur était, de ce chef, au mois 'août 1823, créancier pour une somme de i/i5 francs.
Le k avril 1 8^3 , un grave incendie, allumé par la foudre, ravagea le clocher : une partie de la voûte contiguë tomba la nuit suivante, entraînant « la partie avancée et principale de la tribune du centre ». Duphot, désigné par le Préfet, dressa un devis de près de 53, 000 francs; mais plus de 2/i,ooo francs concernaient le mobilier et la décoration : pour la restauration du gros œuvre, le Ministre alloua 25, 000 francs et le Conseil municipal vota des subsides; on put faire des statues et d'autres ouvrages de sculpture. Le 10 mars i845, le maire écrivait que la restauration était terminée.
Cependant les maçonneries avaient souffert du tonnerre et du feu; les voûtes des bas-côtés étaient, paraît-il, mal comprises, au droit du transept; une lézarde avait été élargie par la foudre dans la partie Sud-Est de l'édifice; durant la
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nuit du 5 au 6 décembre 18^7, il tomba environ 70 mètres carrés de voûte. L'architecte Lasmolles prépara, le mois même, un devis dans lequel il prévoyait, de cbaque côté, la réfection d'un doubleau, de six nervures et de panneaux de voûte, ceux-ci en pierre de Bourg de o"1 17 d'épaisseur. En avril 18/19, les travaux étaient exécutés, mais non reçus.
L'église de Barsac, orientée à peu près vers l'Est-Nord-Est, a en largeur trois nefs, en longueur une travée courte occupée par la tribune et trois travées de nef; l'abside est polygonale; le transept correspond à la travée du milieu des nefs.
L'un des mérites de cet édifice, c'est qu'il est complet: derrière le cbevet sont élevées deux salles, sacristie et salle du Conseil, et autour de l'église on a construit des annexes : chapelles, fonts, magasin des chaises, etc.
Cependant, l'élévation offre un tout autre intérêt. Quand on la considère, on est d'abord frappé de l'extrêmé variété du style, de la souplesse des formules: les voûtes sont inspirées
du gothique, mais, dans la section des piles, dans le profil des moulures et des nervures, dominent les courbes classiques, en demi-cercle, en quart de cercle, et les angles droits; les
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\ t E O'TISRIEI HE DE L'ÉGLISE.
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arcs sont en plein-cintre, ou surbaisses, ou brisés, suivant la hauteur à laquelle le eonstructeur a voulu porter la clef de ces arcs.
Le voùlement est très original. Le principe est celui de la voûte d'ogives; mais, dans les bas-côtés et dans les bras du transept, l'ogive s'adapte à des voûtes de forme particulière, soumises à une idée générale : sur tout le pourtour, le compartiment extérieur est un fragment de berceau tombant vers le dehors, à la façon d'un arc-boutanl continu enserrant les voûtes centrales.
Au sommet des piles, les colonnes engagées montent quelques assises plus haut que les moulures de couronnement, et les divers arcs semblent s'y enfoncer, comme dans les édifices du gothique flamboyant.
Il n'y a pas, contre les murs, de support pour les nervures des voûtes : le cordon de moulures qui court au niveau des naissances prend plus de relief sous la retombée des faisceaux d'ogives et de doubleaux ; mais l'architecte n'a mis là ni pilastres ni colonnes, et les murs seraient nus et froids s'ils n'étaient garnis de retables superbes. Dans aucune église girondine peut-être la décoration ne tient aussi étroitement à la construction, et celte décoration est fort belle: les boiseries de la sacristie font honneur à Combes, menuisier de Podensac, et les panneaux en plâtre de la salle du Conseil témoignent de L'habileté de Bourgès, dit la Vertu.
La triple tribune du fond des nefs rappelle celle de Notre-Dame de Bordeaux: c'est le même système d'arcs en surplomb et de trompes plates, d'où la hardiesse n'exclut pas un art recherché, raffiné.
L'église de Barsac n'a pas eu de chance ; peut-être aussi n'est- elle pas toute également solide. L'édifice n'en est pas moins l'une des curiosités architecturales du département. Il n'est pas jusqu'au dessus des voûles qui ne mérite de retenir l'attention, par l'ingéniosité avec laquelle sont reçues les pesées des ebarpentes. Je ne suis pas sûr que celle église soit, comme les paroissiens l'affirmaient en 1806, la plus belle église rurale de France; du moins, elle a mérité d'être proposée
« comme le type d'un édifice religieux essentiellement commode et bien distribué-)'.