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ÉGLISE DE BARSAC

L'axe du chevet est brisé vers le Sud. Par l'ensemble de son parti, cette portion de l'église rappelle Moulis. Elle présente un très curieux exemple de déformation par la poussée: les voûtes se sont effondrées ou ont été déposées et on les a reconstruites sur un profil très surbaissé. Près des claveaux inférieurs de l'arc triomphal subsiste le départ d'une archivolte formée d'un dessin courant que nous retrouverons non loin d'Avensan, dans le chevet, déjà cité, de Moulis.

L'intérieur du chevet a été profondément remanié à une date inconnue: contre chacune des parois du choeur on a bandé un arc de décharge qui retombe, du côté de l'Est, sur le pied-droit de l'ancien doubleau; l'arcature supérieure a été reprise. En un mot, il ne faut guère retenir dans cette décoration que des détails, après s'être assuré qu'ils sont réellement anciens.

L'extérieur du chevet est mieux conservé, encore que ses maçonneries crevassées et ventrues inspirent des inquiétudes. Sans arcature de couronnement, avec ses travées délimitées par des groupes de trois colonnes

assemblées, avec la variété de ses chapiteaux et de ses corbeaux, Avensan, moins riche .que Bayon, Saint-Vivien ou Langoiran, n'en constitue pas moins une œuvre appréciable. Il faut y signaler la section ondulée de certains faisceaux de colonnes, que l'on dirait appartenir à un édifice du gothique flamboyant.

Barsac, arrondissement de Bordeaux, canton de Podensac. — Église paroissiale. Vocable : saint Vincent.

Les origines de l'église actuelle de Barsac sont un peu mystérieuses : en 1700, on traitait avec des maçons pour agrandir le portail et, le 10 août de cette même année, il était payé 27 livres à un menuisier « pour la fason de la porte ». Il semblerait donc que les travaux dont il va être question et qui se poursuivirent très longtemps se bornent à une simple restauration. Aussi bien, un reçu du mois d'août 1702 atteste que des pierres, de la chaux et du bois venaient d'être charroyés « pour la réparation de l'esglise dud. Barsac » ; mais ce qui ne devait être qu'une réparation devint, en réalité, une reconstruction : un document de 1714 parle d'un fait survenu en 170.3, « dans le tems de la bâtisse et construction de ladite esglize ». Il est de fait que le procès-verbal de visite de 1688 1 donne de l'édifice une idée bien différente de son état actuel : la chapelle Sainte-Catherine, placée « dans l'aisle du costé Nord », était obscure; l'arceau par lequel elle communiquait avec le chœur n'était pas semblable à l'arceau qui était en face.

L'architecte chargé des travaux en 1702 et les années suivantes s'appelait Joyneau. Il parait s'être attaqué d'abord à la partie Ouest de l'église : en mai 1703, on descendit les cloches; en août de la même année, on besognait à la charpente; mais le mois suivant on payait encore les tailleurs de pierre. Joyneau abandonna clandestinement le chantier en novembre; il y

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