E suppl. 2900. — s. E suppl. 2905. — 3. E suppl
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faibles commandait la voûte sexpartite. Les murs furent repris à peu près au niveau des tailloirs: le cordon de moulures classiques qui continue ces tailloirs, même sur le mur de fond, donne la date des maçonneries supérieures. Ainsi donc, voûtes et fenêtres sont du xvue siècle
très avancé et paraissent remonter au xme. C'est l*un des plus étonnants essais d'ancienne restauration archéologique qui existent dans la région du Sud-Ouest.
On remarquera que les ogives transversales de la nef, de même que les ogives de l'abside montent d'abord verticalement et ne s'infléchissent qu'à la hauteur du formeret.
Partie des arcs-boutants sont plutôt des murs évidés que des arcs-boutants proprement dits. L*arc triomphal porte un mur, dont la face Ouest garde les traces d'une ancienne toiture très aiguë : les versants forment un angle de 5o° avec l'horizontale, ce qui suppose pour les combles une hauteur de 1 1 mètres environ. Ces dimensions font songer à la charpente de Guîtres. Une tribune du xvur siècle est construite au fond de la nef.
Les bras du transept, qui correspondent maintenant à la travée du milieu, paraissent avoir été ajoutés à la nef et les absidioles au transept. La chapelle du transept Sud, dédiée à la Vierge, est apparemment du xiv° siècle et celle du transept Nord, jadis sous le vocable de saint Abdon, est du xive siècle plus avancé ou du xve. Celte dernière est enveloppée dans l'étage inférieur du clocher.
L'abside est un mélange de styles intéressant: la structure, le type des voûtes, la position des chapiteaux sont gothiques: l'ampleur des baies dépourvues de remplage, le décor des chapiteaux à personnages, à godrons, etc., le dessin de la corniche extérieure sur arcature — brisée, il est vrai - rappellent la période romane. Un passage est ménagé, à l'intérieur, sous l'appui des fenêtres: c'est dire que les formerets sont en avant du mur; le vide entre mur et formeret est fermé par un plafond de dalles.
A l'extérieur, la nef est masquée par de belles constructions modernes. La porte principale, ouverte dans le bras Nord du transept, est une porte gothique dégarnie de ses statues; l'un des châssis de menuiserie porte la date 1673.
Brutails photogr.
FlG. 66. — VUE EXTÉRIEI RE DE I.'aBSIDE.
La Sauve ou La Sauve Majeure, arrondissement de Bordeaux, canton de Créon. — Église abbatiale bénédictine. Vocable: Notre-Dame ou saint Gérard.
Un moine de Maillezais avait élevé à La Sauve un oratoire en terre et l'avait délaissé quand saint Gérard fonda, vers 1079, le monastère qui devait avoir de si brillantes destinées'. Saint Gérard, à son tour, fit une église; mais on songea bientôt à la rebâtir: le huitième abbé, Pierre (ii55-ii83), recueillit des ressources dans ce but, «ad edificationem ecclesie»2. Si l'on en croyait la Gallia, l'édifice qui nous est parvenu aurait été commencé, en 1219,
1. (Jrand Carttilaire, II i, p. 3. Sur les débuts de l.a Sauve, voy. V. Morlot, Recueil de textes relatifs à l'histoire de l'architecture, pp. a 57-2 5g. — 9. Petit Cartulaire, Il 3, p. 71, col. 1.