ÉGLISE DE LA SAUVE
par l'abbé Grimoard; la consécration eut lieu en grande pompe le il\ août 1201 '. 11 n'est pas sans intérêt de signaler qu'en 1221 le nom du cementarias, « R. d'Agonag, » dénotait une origine probablement saintongeaise '.
Quand la guerre de Cent ans eut pris fin, on répara les ruines qu'elle avait causées 3. Aussi constatonsnous la présence à La Sauve de maçons étrangers au pays: en 1/176, Allen Léman'1 et, quelques années après, Martial Girault5. Ce dernier se fixa dans la localité; mais, à en juger par son prénom, il devait être limousin. En i4go,un autre maçon, Eliot Oudin, donnait quittance de paiements pour travaux « au mostey » fi ; on besognait encore, en 1/199, « àlaréparacion de l'église » 7; enfin, l'abbé Jean
de Larmandie (i5oi-i523) construisit la voûte de la chapelle Saint- André8.
Le xvii0 siècle vit s'effectuer des travaux importants. Henri de Sourdis (i63q-i6/15) consolida la face Nord de l'église par trois piliers butants9. Néanmoins, lorsque, en 1660, on introduisit la réforme de Saint-Maur dans le monastère, l'édifice était en un pitoyable état. D'après D. Martène10, «à peine osoit-on entrer dans l'église pour y faire le service divin. Aussi disoit-on communément que l'on alloit dans les autres églises pour y recevoir les sacremens, mais qu'il falloit les avoir reçu avant que d'entrer dans celle de La Sauve. » Le vent et la foudre causèrent des dégâts importants à la flèche, en 1 665 1 1 . Le tremblement de terre survenu le 10 août 1769 occasionna la chute de pierres de taille12.
En 180/i, les habitants de La Sauve demandèrent que le culte paroissial fût organisé dans l'église du monastère. 11 ne fut pas donné suite à cette requête : l'église, abandonnée et sans entretien, s'écroula quelques années après'3. Le désastre était irréparable; durant
1. II 12 ; II 2, pp. /190 et ss. ; etc. — 2. H 2, p. 817. Eu iu35, le cementarius s'appelait Bernard (II 208). « Guil. de Agonaco», qui fut abbé peu après, était, dit la Gallia, d'une famille de Saintonge; Agonnay est une commune de l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély. — 3. Sur ces ruines, voir une supplique du 17 mai i43o, dans Denifle,ia désolation des églises, t. I, p. 1/10. — li. H go, fol. 173 v". — 5. H 90, fol. &i V. — 6. H 91 fol. ig v°. — 7. II 97, fol. 170 v°. — 8. D. Dulaura, Histoire [manuscrite] de la vie de saint Gérald, E suppl. 12^2, liv. IV, ch. 19. — 9. D. Dulaura, op. cit., liv. IV, ch. 20. Bernadau raconte que «la restauration de l'église... date de 1628 » (Antiquités bordelaises, p. 192). — 10. \~oyage littéraire, t. II, p. 10. — 11. H 9; H 80, fol. 162. — 12. E. suppl. 1238. — i3. Abbé Cirot de La Ville, Histoire... de La Grande Sauve, t. II, p. 327. M. Meaudre deLapouyade m'a fort aimablement communiqué deux vues dessinées, en 1837, par Pelauque : il en résulte qu'à cette époque la ruine était à peu près aussi complète que de nos jours; mais les débris étaient accumulés au pied des murailles du chevet. M. de Castelnau
FlG. 67. — Pl. VN DE l'iîGLISE ABBATIALE DE LA SAL VE. • Dessin (le M. Postel-Vinay.
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MONOGRAPHIES
le xixe siècle et jusqu'à ce jour, on a tâche' de garantir les ruines contre les intempéries1; on les a moins bien défendues contre le vandalisme de certains amateurs d'antiquités.
Vin. liS. — COUPES i:\ TRAVERS El EN LONG SIR LA NEI'. Dessin Ho m. Poslel-Vinaï
En plan, Notre-Dame de La Sauve comprend cinq absides: l'abside centrale, plus saillante el plus large, communique avec 1rs absidioles contiguës et celles-ci avec les absidioles des
extrémités; ces dernières n'ont pas de chœur et s'ouvrent directement sur le transept. Le transept ne mesure pas moins de 4o mètres d'envergure et 12 mètres de largeur. La nef était bordée de bascôtés ; le bas-côté Nord et la face Nord de la nef sont démolis.
Les contreforts des murs de flanc des bas-côtés ne sont pas tous dans le plan des doubleaux, el les piles qui. sur le côté intérieur des mêmes murs, reçoivent la retombée de ces doubleaux, sont de
doux types différents : les uns sont formés d'un pilastre appliqué sur un autre pilastre, et les
' - apprend ce qu'on ;i fait de ces débris : « La grand'roulo qui conduit à Langniran par Maux est pavée en partir des débris de
l'abbaye, el j'ai vu des ponts dans la construction desquels on a fait entrer des pierres encore couvertes de moulures. » (Noies du marquis de Çastelnau, t. Il, p. 119.)
1 . M. Formigé a fait des travaux de consolidation en 188a (Archives de la Commission des Monuments historiques, t. V, p. 8, col. 2).
VUE DE IA l'Wtï'lE SUD-EST DE l.\ îiEF.