ÉGLISE DE MONTAGNE
L'église de Mauriac vaut plus dans l'ensemble que par les détails. Elle a cependant quelques morceaux intéressants : clans une colonnette de la fenêtre Nord de l'abside, une base où est sculpté un chien vomissant; quelques chapiteaux à feuillages ou historiés; enfin, toute une série d'analogies avec Saint-Ferme : profusion des cordons de billettes, socles débordant largement sous les colonnes, etc.
Montagne, arrondissement de Libourne, canton de Lussac. Martin. Décimateurs : le doyen de Saint-Émilion et le curé.
Église paroissiale. Vocable : saint
Montagne est dans un pays d'excellente pierre, où il est naturel de trouver une construction soignée. L'église était en fort mauvais état quand, en 1860, on en confia la restauration à un architecte de talent, qui reçut mission d'établir une voûte sur la nef; l'architecte doubla les murs latéraux, les renforça d'arcades à l'intérieur, de contreforts à l'extérieur; on a aussi remis à neuf la façade Ouest, celle du transept Sud1 et l'arcature en dedans du chevet. L'édifice est, aujourd'hui, plus solide2 et plus confortable ; mais il a perdu une partie de son caractère et de sa valeur.
L'abside en dehors et l'absidiole Sud décrivent, en plan, des polygones, sur les angles extérieurs desquels sont montées des colonnes engagées. L'absidiole Nord, également munie de colonnes engagées, est semi-circulaire; mais le panneau central est aplati, afin de faciliter le percement d'une fenêtre. Les murs du chœur sont affaiblis par des évidements : au Sud, l'escalier du clocher; au Nord, un réduit intéressant, l'ancien trésor, qui renferme encore un vieux coffre. Le bras Nord du transept a été ajouté : il couvre des contreforts qui épaulaient primitivement le clocher central; les bases des colonnes, plus aplaties et à griffes, accusent une époque moins reculée que les bases du carré; les chapiteaux rappellent ceux de Lalande-de-
Pomerol. Ce bras Nord, couvert d'une jolie coupole à pendentifs3, est d'une construction exceptionnellement soignée.
Une coupole nervée est établie sur la croisée. Les piliers plantés aux angles du carré sont armés de colonnes engagées sur lesquelles retombent les arcs d'encadrement; entre ces colonnes et sur chaque angle du carré, il existe deux autres colonnes qui sont plutôt des pilastres arrondis. Comme les autres colonnes, ces deux pseudo-colonnes ont un chapiteau
1. On avait brisé en haut le pignon de celle façade Sud, pour établir une logette avec archères et mâchicoulis, destinée à défendre l'accès de la porte (Notes de M. de Castelnau, t. IV, p. 26g). — 2. Sauf cependant à la jonction du chœur et du transept, au moins du côté Sud; la pile Sud-Est du carré paraît menacer. — 3. Sur l'arc triomphal de l'absidiole Nord, Drouyn signale une représentation peinte de la Résurrection des Morts.
Fig. 8/|.
lirutails delin.