‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 41 sur 185 · ÉGLISE DE MAGBIG1NE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE MAGBIG1NE

ce soubassement, en prenant l'écartement des murs comme base, un triangle équilatéral, le sommet donne le niveau où est la naissance de la voùlc. Cette voùlc esl un berceau en tiers-point, c'est-à-dire que, la corde étant divisée en trois parties égales, les centres des courbes sont sur les deux points diviseurs.

Le tracé des fenêtres en plan peut être, de même, ramené à des formules géométriques très simples :

en dedans, l'ébrasement de chacun des pieds-droits est égal à l'ouverture minima de la baie, égal à la longueur du trumeau entre les deux ouvertures.

A l'extérieur, des corniches sont supportées par des corbeaux nus, de forme appropriée à leur fonction. Les corniches sont strictement cantonnées sur les faces latérales : à l'Est et à l'Ouest, le raccord de la corniche avec l'assise correspondante donne lieu à une combinaison intéressante : la queue de la corniche est chargée d'une bloc mince, qui rachète la différence entre la hauteur de ladite corniche et la hauteur de l'assise. C'est une dérogation aux pratiques du Moyen-Age.

Une autre disposition exceptionnelle se peut observer dans les arcs des fenêtres:

les sommiers ne sont pas des claveaux, normalement extradossés; ils font partie de l'assise.

Le clocher-arcade, très simple, est relevé d'une archivolte d'extrados moulurée.

La porte est en plein cintre; mais le profil des voussures 1 décèle la période gothique. Quant à la décoration sculptée de cette porte, elle présente le mélange le plus déconcertant de motifs et de styles :

les chapiteaux, fort jolis, et certains feuillages dans la manière gothique voisinent avec des entrelacs perlés.

Vers l'Est, un mur léger, de omi8 à peu près, qui montait jusqu'à environ 1 m 75 de la moulure d'imposte et dont on voit les arrachements sur les parois latérales, délimitait la sacristie, profonde de im35.

On aperçoit çà et là dans l'église des traces de peintures : quelques personnages et surtout un appareil simulé, dont les joints sont figurés par deux traits rouges. Au faîte du berceau et à

1. Un maçon a enlevé, vers 189',, «m boudin prolilé sur l'angle Est de la voussure déplus petit rayon.

lirulails delin.

FlG. 80. — COI 1>E F S TRAVERS

VlG. 8l. — ANGLE SUD-EST (fRAGMEiNt),

lirulails delin.

MONOGRAPHIES

la rencontre de ce berceau avec les deux murs de tète, sonl peintes des bandes cbargées d'enroulements. C'est l'une des meilleures décorations picturales que le Moyen-Age nous ait laissées.

Magrigne est, dans la contrée, un des édifices religieux qui se recommandent le mieux par la netteté du parti, par la beauté de la construction, laquelle est très soignée, et de l'ornementation, sobre et parfaitement comprise. Si l'on en juge par le style des chapiteaux de la porte, cet édifice roman doit appartenir au xm' siècle assez avancé.

Brutails photogr.

FlG. 82.— VI E DE L'ÉGLISE m; MAGRIGNE.

Mauriac, arrondissement de La Réole, canton de Sauveterre. — Eglise paroissiale, appartenant, du moins pendant les derniers siècles, aux Hospitaliers. Vocable: saint Saturnin.

L'église de Mauriac est à peu près exactement orientée. Son plan rappelle celui de Saint-Denisde-Pile : une abside et deux absidioles, chacune précédée d'un chœur, un transept et une travée de nef. L'abside et les absidioles sont couvertes de culs de-four; les chœurs, de berceaux plein cintre; les bras du transept, de berceaux brisés. Sur le carré est une coupole, dont les pendentifs seuls sont anciens: la calotte est de 1868- 1869. À la même date, on a substitué un berceau au lambris qui abritait la nef et percé dans cette nef deux fenêtres ; une autre fenêtre avait été pratiquée peu avant dans le mur occidental.

L'abside et les absidioles ont été jadis surélevées en vue de la fortification. On a posé, à celte occasion, une logette à mâchicoulis au-dessus de la fenêtre Est.

Léo Drouyn 1 pensait, et il avait

vraisemblablement raison, que le bras

Nord du transept, absidiole comprise,

Kig. 83. — im.w m: l'église de mu mac

était antérieur au reste de l'édifice.

Quant à la façade, avec son clocher en pignon, elle appartient à l'époque gothique avancée.

1. Drouyn a donné dans les Variétés girondines, t. II, pp. 4gG el SS., une étude sur Mauriac, a\ec une vue du N.-N.-O., une autre de l'E.-S.-E., enfin un plan à petite échelle et un croquis de la base que je signale moi-même.

Brulails delin.

Page 1