‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 47 sur 185 · ÉGLISE DE PELLEGRUE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE PELLEGRUE

Pellegrue, arrondissement de La Rcole, chef-lieu de canton. — Église paroissiale. Vocable : saint André.

l'ellcgrue était, au xm' siècle, une bastide royale1. Les documents font défaut sur l'église2. Après la Révolution, une ouverture fut percée à travers la coupole et close de verre. En i8a3, on dressa un projet de restauration, qui fait véritablement frémir. La foudre frappa, au mois d'août 1860, le clocher-arcade qui dominait la façade Ouest et que le maire dut faire déposer. Les fenêtres ont été retaillées, et on m'a conté qu'un curé, ne sachant à quelle besogne employer un malheureux qu'il avait recueilli, l'occupa à boucharder les parements. Somme toute, si on le compare à d'autres, l'édifice n'a pas eu trop à souffrir.

C'est une très curieuse église de type Fig. y5. — pla.3 de l'église de pellegb.ce

roman, que certains

détails permettent de rapporter à la période gothique. Le sol est déclive de l'Ouest vers l'Est. L'orientation incline au Nord et l'axe du chevet s'infléchit du même côté. L'abside n'atteint pas le demi-cercle. Les piles sont de dessin très simple et les proportions des ressauts ne sont pas les proportions habituelles: les supports de la coupole sont plus longs, plus saillants que ne sont en général les supports romans.

La coupole du carré du transept serait à relever minutieusement: l'assiette de la calotte est circulaire; la naissance des pendentifs correspond à un angle rentrant des supports, et la tète des arcs qui encadrent ces pendentifs est biaise.

Dans la nef, les supports sont sans emploi et s'arrêtent avant d'atteindre le niveau des lambris. Ils attendent la retombée de doubleaux à deux rouleaux. C'est une question de savoir si les voûtes ont été faites ou si elles sont restées en projet: à l'extérieur, le haut des murs a été reconstruit, peut-être exhaussé; à l'intérieur et du côté Nord, quatre corbeaux sont disposés, que l'on ne s'explique guère si l'on n'admet pas qu'ils ont porté des liens destinés à soulager les entraits de la charpente.

Les fenêtres jumelles de l'abside sont à mentionner, aussi bien que les fenêtres du transept percées à travers des contreforts. L'appareil des parements extérieurs est fort beau. La corniche du transept repose sur des modillons semblables; la ligne de modillons contourne l'abside sans y rien porter. Le dessin de ces corbeaux est rare.

Le clocher-arcade de la façade avait, avant 1860, un gable à crochets flamboyants. Cette façade était percée d'une fenêtre, à remplage également flamboyant. La porte, placée entre deux contreforts, dont la face antérieure se termine en pignon, est en arc brisé; les chapiteaux et les bases témoignent d'une influence gothique. J'attribuerai volontiers l'église tout entière au xm' siècle.

1. Rôles gascons, t. Il et 111. n" i6i4 et 1862. — 2. De 1765 il reste un rapport du curé suivant lequel la charpente de la nef est pu piteux état et le portail « a besoin d'être restauré >t (C 3769).

MONOGRAPHIES

Petit- Palais, arrondissement de Libourne, canton de Lussac. Pierre. Décimateurs: les religieux de Faizc et le curé.

Église paroissiale. Vocable: saint

L'église de Petit-Palais fut assiégée cl en partie renversée par le vicomte de Turenne après la bataille de Coutras1. Le mur Sud de la nef a été refait en maçonnerie négligée ; au xvu1 siècle, la nef était lambrissée2. En 1 844 , comme on venait de restaurer la façade3, Paul Courau dressa

KlG. 96. — pian de l'église de petit-palais. Calqué, sauf l'indication des époques, sur un dessin garde au Sous-Secrétariat des Beaux-Arts.

un devis pour tourner une voûte sous la charpente apparente, qui laissait passer le vent et le froid: il prévoyait le renforcement du mur méridional par des contreforts à l'extérieur, par une arcature à l'intérieur, l'exhaussement des murs goutterots et la réfection de la charpente. L'église a été naguère mise en état par les soins de M. Rapine.

En plan, l'église de Petit- Palais a une abside précédée d'un chœur, un avant-chœur portant clocher et une nef. L'abside et le chœur ont été, après coup, voûtés d'ogives et étayés de deux vigoureux contreforts. L'avant-chœur est couvert d'une voûte analogue, qui se raccorde assez mal avec les puissants supports plantés aux angles; il faut noter au Nord, dans cette travée, une porte à mi-hauteur, s'ouvrant sur un escalier qui conduit au clocher.

La nef est divisée en trois travées par des groupes de supports formés d'un pilastre sur lequel ressort une colonne engagée ; ces colonnes, surmontées, au Nord, de beaux chapiteaux, étaient destinées à recevoir la retombée des doubleaux romans. Chaque travée est, de chaque coté, subdivisée en deux par une colonne intermédiaire montée sur un bahut et qui porte deux arcades brisées, dont l'extrados est bordé d'une archivolte. Le flanc Nord de l'église est de moyen appareil et armé de contreforts à ressauts qui répondent, les uns aux supports des pilastres, les autres aux colonnes engagées de l'arcature.

Le pourtour de l'abside a élé remanié; les corbeaux de la corniche ne scandalisent plus personne'1: ils sont sans ornement, aussi bien que les corbeaux dont on a couronné, au xi\ siècle, les murs de liane. Une partie de la corniche, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, est ancienne, corbeaux compris.

Le morceau le plus important de l'église est la façade. 11 est à noter que cette façade, à

1. Guinodie, Histoire de Libourne, 2' éd., t. I, p. i5i, et t. III, p. a54. — 1G87. Procès-verbal de visite (Il G/10). — 3. Un compte mentionne: '1 bases, i(j tambours, 22 mètres de fûts, 3 ebapitcaux à diverses colonnes ou colonnettes, 1 mètre d'arebivolte, etc. — 4. Gninodic, op. cit., t. III, p. 255.

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