‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 56 sur 185 · PILIER GOTHIQUE DE RIONS · texte numérisé non relu

PILIER GOTHIQUE DE RIONS

Ruch, arrondissement de La Réole, canton de Sauveterre. — Église paroissiale. Vocable : saint Etienne.

L'église de Ruch fut donnée, en 1112, à l'abbaye de La Sauve. Elle a été défigurée, en i855

et 1870, par des architectes maladroits.

Orientée, non pas vers l'Est absolu, mais un peu au Sud, elle appartient à ce type qui comprend, entre la nef et l'abside, un avant-chœur voûté en coupole et portant clocher.

Avant-chœur et chevet sont plantés très irrégulièrement.

Le chœur et l'abside sont couverts d'un berceau et d'un cul-de-four; la nef n'avait pas de voûte. Sur le flanc Sud est, une petite chapelle romane voûtée en berceau.

Vers la fin de la période gothique, on a fait une porte

dans le mur Ouest, construit sur la même façade un clocher-pignon, sans doute pour remplacer le clocher de la croisée; on a, de plus, élevé à l'entrée "de l'abside une clôture en pierre formant retable, de sorte que l'abside pût servir de sacristie.

Fin.

PLAN Dlî L EGLISE DE Kl CH.

MON0GR\PHIES

Cette clôture a disparu; les fenêtres ont été élargies et multipliées; on a bâti un nouveau clocher à l'Ouest et jeté une voûte sur la nef; on a badigeonné l'ensemble. De la vieille église il ne reste d'intéressant que son plan bizarre, sa coupole et sa chapelle latérale, la plus ancienne peut-être des additions de ce genre clans une église girondine.

Soulac, arrondissement de Lesparre, canton de Saint-Vivien . — Église d'un prieuré bénédictin dépendant de Sainte-Croix de Bordeaux. Vocable: Notre-Dame « de Finibus Terre », de la Fin des Terres.

Une vieille légende attribuait la fondation du prieuré de Soulac à Charlemagne ou à Louis le Débonnaire1. On a renchéri et fait remonter aux premiers temps du christianisme la basilique qui aurait précédé l'église actuelle'. La vérité est que les documents font défaut, tant sur la création du monastère, qui est cité au x" siècle, que sur la construction de l'église. Vers le début du vv° siècle, le prieuré vit ses revenus diminuer du fait des pirates, des ennemis et de la peste3. L'église était dès lors, semble-t-iL fortifiée: du moins, en 1/167, ^e s^re de Lesparre ayant jeté sur Soulac une bande de deux cents hommes, les habitants se retirèrent dans l'église'1. En i556, je note un legs pour les réparations de l'édifice5. En 1601, il fallut demander que défense fût faite « de ne tirer aucuns coups d'arquebuze ne d'arbaleste contre les murailhes de lad. esglise ».6, qui fut, en 1621, battue par l'artillerie des Huguenots et emportée de vive force. Vingt ans plus tard, en 16/12 et i643, on décida des achats de poudre « pour garder l'esglise et la deffendre de la surprinse et incursion » des Espagnols7, et on réparait, vers le même temps, une « fortification qui est au-devant la petite porte »8. Mais ce qui amena la ruine de l'édifice, ce qui fait l'originalité de son histoire, c'est son envahissement par les dunes.

Pendant l'époque gothique, à une date que L. Drouyn et Ch. Durand fixent au xiv" siècle d'après les caractères des remaniements alors opérés, l'ensablement obligea de modifier l'église: au-dessus du maître-autel on jeta une voûte, qui transforma cette partie de l'édifice en une crypte; le sol du chevet fut reporté assez haut pour que les fenêtres romanes servissent de portes entre le chœur et les absidioles refaites; sur le chevet roman on éleva une abside à cinq pans, ajourée de trois larges fenêtres et précédée d'un chœur carré; puis, à la place des absidioles, deux chapelles latérales'-'. Le sol de la nef fut reporté à 3"' 60 au-dessus du sol roman. Encore était-il à i"'6o en contre-bas du seuil de la porte qui fut alors percée à l'Ouest et qui marque sans doute le niveau du sol extérieur à ce moment-là1".

En 1609, le cardinal de Sourdis ordonne « que la voulte de l'église sera fermée Un procès-verbal de visite de i65q signale que « la voulte est cassée au bas de l'église » et que » prez le clocher, il y a un grand trou à la voulte » 1!. En 1737, la situation est pire: « L'église est... très mal et quasi point recouverte, point vitrée que dans le sanctuaire l3. » La charpente du bas-côté Sud tomba, les murs se soufflèrent 1/1 . Puis, ce fut l'abandon complet: en 1 7/1/1, les habitants voulaient démolir l'église pour la reconstruire; peut-être même démolirent-ils dans ce but le transept15. Mais, comme le clocher servait de balise, l'Administration acheta l'édifice1'1, avec l'intention de le laisser remplir par les sables, dont les vagues mouvantes tantôt le couvraient complètement et tantôt le découvraient en partie.

i. Tote Vistoire de France, pp. 7O-77 et 85. — 2. [Abbé Mezuret], Notre-Dame de Soular, passim. — 3. 17 avril i4i8. Denifle, La désolation des églises, t. I, pp. i/io-i/ji. Notons en passant, qu'un texte de 1 \ 1 ."> mentionne te cloître du prieuré (tl 5o5, fol. 3a). — ft. H 5o4. — .">. 11 5oS. — fi. H 5n. — 7. Il 509. — S. Il 5og. — g. Tout cela est clairement expliqué dans les Notes de M. de Castelnau, t. IV, pp. 126 et ss — 10. Ces mesures sont empruntées à un rapport de Charles Durand, du 10 septembre 18G4. — 11. H 007. — 12. G 63g, loi. i'-'i r" et v*. — i3 G 64ç). — "4. Droits de Sainte-Croix à Soulac, 11, non coté. — i5. L'Aquitaine de 1903, p. 564, — iC. C 31)80. L'acte de vente a élé publié par Mezuret, op. cil-., pp. 3 1 i-3i 4.

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