‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 58 sur 185 · EGLISE DE SOULAC · texte numérisé non relu

EGLISE DE SOULAC

refaits, atteint omig et o"'2i, tandis que les voûtes étaient intactes'. On a cherché là, de même que dans la différence de tracé entre les grandes arcades et les voûtes et dans la différence d'épaisseur entre les doubleaux et leurs supports, la preuve que les murs étaient plus anciens et que les voûtes avaient été refaites au xme siècle.

Cette conclusion est, au moins, contestable.

Dans la seconde travée à compter de l'Ouest, au Sud et au Nord, des haies étroites traversent de part en part les reins de la maîtresse voûte et des voûtes

Brulails photoyr.

Fi.

IIO. — M E 1)1 Cllli \ ET.

la ter

Bruliiils deli

FlG. IIO. — FENÊTRE DE LA NEF

aies; cette disposition étrange, unique dans le Bordelais, n'a peut-être d'autre but que d'alléger les maçonneries-.

L'abside principale avait été découronnée de sa corniche au vxv' siècle, quand on construisit le chevet supérieur. L'ordonnance extérieure est d'une assez jolie architecture, avec des fenêtres richement décorées. A l'intérieur règne une arcature, où ont pris place deux ou trois fûts romains en marbre. Les fenêtres de la nef sont d'un type particulier: le dispositif extérieur est assez fréquent en Bordelais; mais le ressaut intérieur ainsi compris et qui forme revers d'eau sur le plan horizontal de l'appui, est rare dans la contrée.

L'iconographie des chapiteaux de Soulac est intéressante: Daniel dans la fosse aux lions est représenté quatre fois5; saint Pierre ès Liens est peut-être figuré. Un ou deux chapiteaux paraissent porter des sujets locaux: sur tel d'entre eux on a voulu voir une des châsses qui abritaient les nombreuses reliques de Soulac; sur un second, on peut reconnaître, avec beaucoup de bonne volonté, le tombeau de sainte Véronique'1. D'autres, qui sont couverts de feuillages stylisés et de monstres, sont d'inspiration nettement saintongeaise. Le chapiteau Ouest du troisième pilier Sud est d'un faire étrange, qui est courant dans un groupe important de sculptures du

t. Rapport de Ch. Durand, du 21 septembre i864.Dans un rapport du 12 du même mois, l'architecte Bonnore alïirme, au contraire, que « les voûtes du bas-côté Midi sont très déformées par la poussée ». — 2 . Villiet pensait que ces ou vertures prenaient jour par en haut et qu'elles avaient été faites pour éclairer l'église quand les sables eurent obstrué les fenêtres (Notes de M. de Castelnau, t. IV, p. 127). L'explication est très improbable: il eût été plus simple et plus ellicace de percer des trous dans les voûtes. — 3. L. Drouyn, Société archéologique, t. I, p. 80, note 1. — 4 Voir à ce sujet, mais avec la défiance que commande l'esprit tendancieux de ce livre, Cirot de La Ville, Histoire et descri/dion de l'église de Saint-Seurin, p. 67.

MONOGRAPHIES

cloitre de Silos: sur l'épannelage on a gravé le creux d'un décor barbare, dont le modelé, plat et de faible relief n'affecte pas la silbouetle de la corbeille.

Villiet et Drouyn ont encore vu sur divers points de l'édifice des restes de peintures: peintures romanes, peintures gothiques des \ivr et xvc siècles-'. Les fureurs des soudards de Talbot et de Kabas, les pieuses indiscrétions des pèlerins, les ravages séculaires des sables et des eaux avaient laissé subsister cette décoration fragile; la science des restaurateurs en a eu raison: elles ont disparu.

Telle est la basilique de Notre-Dame de la Fin des Terres, de Soulac. Les faits légendaires qui auraient eu ce lieu pour théâtre, les étonnantes péripéties de ce monument qui, liprès avoir été enterré, a été rappelé à la vie comme un autre Lazare, l'étrangeté du site et de l'église elle-même, dont les parties basses restent engagées dans le sable, tout concourt à produire une vive impression: cet édifice relève de la poésie autant que de l'archéologie et de l'histoire.

Saint-André-de-Cubzac, autrefois Saint-André-du-Nom-de-Dieu, arrondissement de Bordeaux, chef-lieu de canton. — Eglise d'un prieuré qui dépendait anciennement de La Sauve3.

L'église de Saint-André-de-Cubzac, dont l'axe incline sensiblement vers le Nord, était à l'origine une église à une nef non voûtée, terminée par une abside polygonale; il existait, au

moins du côté Nord, un transept sur lequel s'ouvrait une absidiole. L'abside a été remaniée à diverses reprises. Les murs en ont été surélevés vers le xme siècle et une seconde fois plus tard; une corniche sur corbeaux qui couronnait les murs de la nef a été masquée par le premier de ces j| 1 M rt H remaniements. Au dedans, l'arc triomphal, qui

est en plein cintre, a été doublé, sur chaque tête, d'un arc brisé; du côté de l'Est, ce placage a réduit une arcature aveugle qui garnit l'intérieur du chevet; des fenêtres ont été murées dans cette partie de l'église, d'autres, remaniées et d'autres, enfin, percées à tort et à travers.

La nef elle même a été l'objet de travaux importants. Les entraits de la charpente reposaient, de chaque côté, sur quatre colonnes engagées, dont les deux placées le plus vers l'Ouest ont disparu. Les murs étaient chaînés à l'extérieur par des contreforts mi-plats, qui subsistent. Entre la colonne qui est le plus à l'Est et l'arc triomphal, un arc pratiqué dans chaque mur de liane res semble fort au débouché d'un bras de transept. Au Nord, ce bras du transept correspondait au rez-de-chaussée du clocher: on voit encore dans le mur oriental de ce clocher l'arc en plein cintre qui s'ouvrait sur l'absidiole.

Au xiir siècle, on modifia radicalement l'ordonnance de la nef: contre les murs, des

Fjc.

Ilruliiils photogr.

vie de l'aiiside he saint-andm':-de cluzai

i. Voir le texte et le dessin de L. Drouyn, Chapiteaux de l'église de Soulac, dans le Bulletin de la Société archéologique, t. 1. pp. 7Ô et ss. ; les dessins rendent niai l'aspect et le l'aire de la scult/turc. — -i. M. de Castelnau signale dans le cliœur des peintures du iv< siècle représentant l'adoration des Mages, le massacre des Innocents, la Cuite en lïgyntc (Notes, t. IV, p. i3i).— S. Il 22 cl 52.

ÉGLISE DE SAIîST-CIERS-d'aBZAC

i i i ii i

piliers vigoureux furent adossés sans beaucoup de soin, et sur ces piliers fut assise une voûte d'ogives de deux travées, sensiblement plus longues que larges; la voûte est bombée, surtout dans la travée Ouest. On monta des contreforts à l'extérieur, peut-être plus tard, et de façon si maladroite que le contrefort méridional n'était pas au droit de la pile ni dans le plan des forces à contenir. Des additions ultérieures, de la fin du gothique ou à peu près, firent, au Sud, comme un pseudotransept. Le clocher, dont l'étage supérieur est plus récent, s'élève, nous l'avons vu, sur le transept Nord.

C'est une tour carrée, d'apparence romane, mais qui renferme une voûte d'ogives des plus intéressantes: les nervures retombent sur un faisceau de trois colonnes qui , elles-mêmes, s'appuient sur une trompe; les formerets sont outrepassés, comme dans le clocher de Macau.

La façade Ouest a une paire de colonnes engagées,

qui semblent destinées à porter un arc de décharge. Sur les gros contreforts d'angle sont posées des échauguettes. Tout le dessus des voûtes est, d'ailleurs, garni de créneaux espacés et parait disposé pour la défense.

Au xviii' siècle, l'église fut, semble-t-il, négligée. En 1837, on s'aperçut que la nef menaçait ruine: Thiac, chargé de faire un rapport, proposa de la démolir. Par bonheur, Durand reprit l'affaire et il élabora un projet plus sensé. Le mal venait de ce que le pilier Sud, dégradé à la base, mal épaulé par le contrefort, s'était déversé: Durand enferma le pilier dans une armature de bois et fer et il étaya le mur à l'extérieur; après quoi, il reprit la pile, en remplaçant les colonnettes pleines dressées dans les angles par des colonnettes engagées1; il refît les maçonneries voisines et allongea le contrefort vers l'Est, pour qu'il fût vis-à-vis du pilier. Il prévoyait également, dans le clocher, la reconstruction de i5 mètres carrés de voûtes et la consolidation des murailles à l'aide de 3, 000 kilogrammes de tirants en fer.

Saint-Ciers-d'Abzac, arrondissement de Libourne, canton deGuitres. — Eglise paroissiale.

La crypte de Saint-Ciers avait été interdite par ordonnance archiépiscopale de 170/i3. Plus tard, on la convertit en un double caveau, qui fut coupé par un mur transversal en 17203 et

i, Les deux piliers se ressemblent à cet égard : le pilier Nord a peut-être été refait. — 2. G. 6&1. — 3. E suppl. 5&/ig.

Brulails delin.

FlG. 12 1. — l'LAN DU CLOCHER AU REZ-DE-CHAUSSÉE ET AL PREMIER ÉTAGE.

FlG. I!

Bvutails delin.

Page 1