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ÉGLISE DE SAINT-DENIS-DE-PILES

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L'église, orientée vers l"Est, avec une faible inclinaison au Nord, dessinait en plan, avant l'agrandissement de j86o, une croix grecque: abside et chœur développé, transept et absidioles, travée unique de nef. Le clocher s'élève sur le carré du transept.

L'abside et les absidioles sont voûtées en cul-de-four; le chœur, en berceau brisé; les bras du transept, en berceau brisé perpendiculaire à l'axe de l'église; pas de doubleau sous le berceau transversal, mais un formeret soutenant la voûte à sa rencontre avec les murs de tête; le carré du transept et la nef sont voûtés d'ogives. Dans ces deux dernières voûtes, doubleaux, ogives et formerets sont taillés suivant un profil à moulures concaves: ce sont les nervures dites prismatiques, de la fin du gothique. Drouyn pensait que le carré du transept avait été couvert d'une coupole1; mais les quatre piliers ont une colonne d'angle engagée qui ne se trouve pas sous les coupoles de nos pays.

Les supports appartiennent à un type répandu et quelque peu banal : des pilastres armés d'une colonne engagée et, sur le tout, une frise sans sculpture, sommée d'un tailloir mouluré.

Les fenêtres varient. Dans l'abside:

à l'intérieur, colonnettes ; à l'extérieur,

ressaut, colonnettes, moulure d'imposte qui se combine avec la moulure profilée à la naissance des arcs de décharge. Dans les absidioles: à l'extérieur, ressaut biais et, au Nord, archivolte d'éloiles à l'extrados. Aux deux bouts du transept, fenêtre : longue et étroite au Sud, soulignée d'une archivolte au Nord. Dans la nef : fenêtres en arc brisé, à double ébrasement, avec meneaux et remplage llamboyant.

La ligne de soubassement de l'abside est accusée, en dehors, par une mouluration qui forme la base des colonnes engagées. La partie supérieure de cette même abside a été refaite en maçonnerie commune, tandis que, dans la partie ancienne, l'appareil est plus beau.

Le clocher a été rebâti vers le xvi° ou le xvn" siècle. Il garde, sur la face Ouest, un sol in qui témoigne que le toit de la nef a été jadis plus élevé.

La façade comprenait une porte, au-dessus une corniche, puis une arcature aveugle.

L'un des caractères les plus frappants de cet édifice consiste dans l'emploi à peu près exclusif de la décoration géométrique: des chapiteaux nus, des modillons où l'ornement est réduit au minimum.

D'autre part, si l'on fait abstraction de la travée de 1860 environ, l'église parait homogène; dans les fenêtres de la nef, le remplage flamboyant doit avoir été refait; mais je ne sais pas si elles ont été percées après coup. Or, elles sont bien gothiques, et l'élévation de leur niveau exclut la possibilité d'une voûte en berceau. On peut se demander si l'église de Saint-Denis-de- Piles n'est pas une église romane attardée, dont la nef et la croisée auraient été, dès l'origine, voûtées suivant la formule gothique.

1. Monographie publiée dans l'Histoire de Guitres, de Godin, p. 20g.

Uriltails photogr.

Fig.

— Yl E PRISE DU SUD-EST.

MONOGRAPHIES

Saint-Émilion, arrondissement et canton de Libourne. — Kglise collégiale, aujourd'hui paroissiale. Vocable: saint Emilion.

L'église paroissiale de Saint-Emilion est celle qui est taillée dans le roc; l'autre église appartint d'abord à un monastère bénédictin; elle passa, vers la fin du xi" siècle, à des

FlG. 139. — PLAN DE I.'ÉGT.ISK COLLEGIALE DF. SAINT-EMILION.

Calqué, sauf rinàication'des époques, sur un plan conservé au Sous-Secrétarial <los Beaux-Arts.

chanoines réguliers; ceux-ci furent sécularisés, en i3o6, par Clément V, qui nomma doyen un de ses neveux, Gaillard de Lamothe.

En i'iio, le chapitre élait impuissant à réparer son église1.

t n registre du notaire Dartiguemale nous a conservé l'acte par lequel Jean Lescamp, verrier dans la paroisse Saint-Projet de Bordeaux, s'engageait, en 1/176, à faire une verrière pour une fenêtre de trois jours et deux meneaux5. On dut exécuter au chevet d'autres travaux, cpii nécessitèrent une nouvelle consécration en i5/|23.

Pendant le xixe siècle, l'ancienne collégiale, devenue église paroissiale, a, ou à peu près, échappé à la rage de restauration qui sévissait ailleurs. Un rapport rédigé par Paul Courau en 1 84 1 ne demande que des travaux d'entretien: enlèvement de terres qui donnent de l'humidité aux murs, réouverture des fenêtres Nord de la nef pour assainir l'église, réfection du mur en pignon élevé sur le doubleau à l'entrée de l'abside, mise en état de la charpente. En 187G, la charpente s'effondra et il fallut la rétablir. M. Paul fiout a elléctué des réparations pendant la période 1896-1899. Tout récemment, on a restauré les vitraux et changé les meneaux.

L'église de Saint-Emilion est orientée presque vers le Nord-Est; l'axe du chevet dévie fortement vers le Sud'1. L'édifice était couvert d'une série de coupoles sur la nef et probablement

1. Denifle, La désolation des églises, t. I, p. \h?.. — 2. Cette verrière devait figurer saint Pierre, saint Jean-Baptiste et. saint André présentant le donateur, Arnaud Vesin ; la Trinité, une Pietà, saint ftmilion ; saint Paul, saint Jacques et sainte Catherine présentant la femme du donateur et leurs deux filles. — 3. Archives liistoriiiues de la Gironde, t. WW1II, p. 74. Une verrière du chevet portait la date de i!>2j (Ch.-D. Tournoi, Note sur les vitraux anciens île l'église collégiale de Saint-Émilion, dans le Bulletin de la Société historique et archéologique de Saint-Ëmilion, 3" fascicule, p. ->o). — V II convient de rectifier dans ce sens le plan des Monuments historiques dont je donne la reproduction.

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