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ÉGLISE DE SAINT-FERME

Saint-Ferme (Sanctus Fremerius), arrondissement de La Réole, canton de Pellegrue. — Église d'une abbaye de Bénédictins, sécularisée quelques années avant la Révolution.

Les archives de Saint-Ferme sont perdues, et nous savons peu de chose sur Fhistoire de l'édifice. Les Huguenots l'assiégèrent sans succès en i585 et en i6i5r. En 1607, l'abbé de Gasc fit à l'église des travaux d'entretien2. La Gallia prétend que l'abbé Léon de Lalanne (1622-16G7)

Fig. 1 3 5 . — plan de l'église de saint-ferme

« navim ecclesia1... a fundamentis erexit ». Un successeur de Léon de Lalanne fit faire, en 1771, « le perron d'antrée de la porte principale de l'église » et, en 1773, il fit « ressarcir les fantcs de la voûte de l'églize devant la chapelle de Notre-Dame,... fermer le vitrau devant la cbapelle de saint Fiacre»3, etc.

P. Courau, en i8/|5 et 18/17, prépara des devis pour le renouvellement de la charpente et la reconstruction des assises hautes de deux contreforts du transept; il prévoyait, en outre, la réouverture des fenêtres dans les chapelles et dans le chevet, l'enlèvement des boiseries qui cachaient ces fenêtres, enfin le grattage des murs et des chapiteaux, couverts de plusieurs couches de badigeon. En 182/i et i855, il est question de travaux à la charpente.

L'orientation incline vers le Nord. L'axe du chevet s'infléchit du même côté. Le plan est celui des églises importantes du pays: abside au bout d'un chœur assez long, absidioles flanquant l'abside et s'ouvrant sur le transept, enfin nef sans bas-côtés. Cette nef étant sous voûte, les murs sont assez épais: i'"35. La porte principale est percée à FOuest, à travers un mur plus épais encore; une porte secondaire est au Sud, laquelle s'ouvrait sur le cloître.

1. Gauban, Histoirede La Réole, p. 5o/|. — 2. Gallia christiana(êd. 1870), t. I, col. 121g. La pile Nord-Est du transept porte la date 1O07, reste de l'inscription donnée par la Gallia. — 3. E suppl. 3452. 11 y avait deux « chapelles » dans l'église: la chapelle Saint-Fiacre, affectée au service paroissial (E suppl 3/|5a), devait être dans le bras Nord du transept, du côté opposé au cloître; l'autre était dédiée à Notre-Dame. La Voûte du transept Sud garde les traces de réparations.

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MONOGRAPHIES

Les absides sont voûtées en cul-de-four; la nef, les chœurs et les bras du transept, en berceau; le carré du transept, d'ogives. Il y a trois doubleaux dans la nef et un à l'entrée de l'abside principale; le carré du transept est encadré de doubleaux à deux rouleaux et à ressaut.

Les voûtes ont subi maintes déformations. La plus intéressante de ces voûtes est la voûte d'ogives de la croisée ■ les quatre branches d'ogives, du xn" siècle, sont couvertes de dessins

courants, différents de l'une à l'autre; la clef, qui est du xvnc siècle, porte les armes d'un abbé : de..., à un lion de..., au chef de..., chargé de trois annelets de... C'est, avec une variante, — trois annelets au lieu de trois molettes, — Técu de la famille de Gasc.

Le doubleau tourné sur la nef à peu de distance de la croisée n'a pas de colonnes. Les autres retombent sur des colonnes engagées, dont les chapiteaux sont historiés ou couverts de feuilles d'un joli dessin. Les tailloirs à billettes se poursuivent le long des murs, formant une moulure d'imposte.

Sur la presque totalité de sa longueur, du côté de l'Ouest, la nef ^st d'un autre parti: les chapiteaux sont nus; la moulure d'imposte est brute; les bases à griffes, où les deux tores sont séparés par un bandeau, imitent maladroitement les bases de la fin du xn" siècle. Entre les deux portions de l'édifice, à peu près dans le plan du premier doubleau de la nef, une suture bien apparente marque deux périodes. A l'Est de cette suture, les fenêtres, de type quelque peu variable d'ailleurs, sont en plein cintre et souvent accompagnées, en dedans, de deux colonnettes; à l'Ouest, les fenêtres sont en arc brisé et à double ébrasement, sans colonnettes.

A l'extérieur, sur le flanc Sud, la suture monte droit, avec une régularité déconcertante; à l'Ouest de cette ligne les reconstructeurs ont ménagé une baie, une fenêtre, dont l'arc est d'un appareil bizarre: on l'a prise pour la moitié d'une fenêtre, dont la présence sur ce point compliquerait singulièrement les choses.

Dans le carré du transept et le chevet, M. l'abbé Thibaut a signalé, comme à Mauriac, Aillas et Pellegrue, une différence de niveau sensible entre les socles, qui sont plus élevés au Sud.

L'extérieur du chevet est très simple. Il subsiste sur l'absidiole Nord quelques corbeaux qui paraissent avoir porté jadis une corniche. Il n'y a plus de corniche, plus d'autre saillie que celle des contreforts; l'encadrement des fenêtres n'a pas d'ornement, et les murs montent, surélevés pour la fortification.

Du côté Sud, la nef n'a qu'un contrefort et peut-être les arrachements des assises inférieures de deux ou trois autres; le reste peut avoir disparu dans les remaniements.

La face Ouest est d'aspect sévère. On y voit les vestiges d'une rose, qui était encadrée de pointes de diamant, et d'un arc formant mâchicoulis, qui tenait toute la largeur entre les gros contreforts d'angles.

Le mur Nord de la nef est maintenu par des contreforts, dont le relief mesurait en bas om55 à om75 ; on les a renforcés, et le pied atteint h mètres.

Les parements intérieur et extérieur ont, çà et là, des marques d'appareil, dont deux au moins méritent d'être notées : un arc avec sa flèche, une laye de tailleur de pierre.

En résumé, cette église de Saint-Ferme offre à la sagacité des archéologues un problème

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