‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 66 sur 185 · ÉGLISE DE SAINT-MAC A1BE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINT-MAC A1BE

et vigoureuses. Au-dessus est disposée une ligne de corbeaux, entre lesquels subsistent encore deux métopes.

La partie la plus curieuse de l'église est le clocher. Monté en même temps que les constructions auxquelles il adhère, il est à quatre étages: un rez-de-chaussée plein, qui avait jadis, semble-t-il, une porte à l'Ouest; ensuite, trois étages, dont chacun a, sur chaque face, une fenêtre. Dans la fenêtre haute est maçonné un remplage percé de deux petites baies jumelles.

Le rez-de-chaussée est couvert d'une coupole gauche, qui ressemble fort à une voûte en arc de cloître. Une baie à linteau s'ouvrait du premier étage sur l'église.

La tour est plus étroite à la base qu'au sommet, de o'ni5 à om2o, m'a-t-on dit. De plus, sur les arêtes Nord-Est et Sud-Est, la construction est échancrée en angle rentrant, jusqu'à la base du second étage au Sud-Est, jusque vers le milieu de ce même étage au Nord-Est; à partir de ce niveau, elle reprend toute sa largeur, de sorte que la différence, quand on regarde la tour de biais, paraît beaucoup plus accusée qu'elle n'est.

Une autre singularité du clocher consiste clans la façon dont est traitée la corniche de premier étage: entre les corbeaux, qui sont de forme inaccoutumée, certaines métopes sont forées de trous ronds. Des trous analogues se voient en d'autres endroits du clocher et dans le pignon voisin, où ils sont cernés de traits concentriques.

Saint-Macaire, arrondissement de La fiéolc, chef-lieu de canton. — Église d'un prieuré de Bénédictins dépendant de Sainte-Croix de Bordeaux et acquis par les Jésuites en 1079. Vocable: saint Sauveur; l'autel affecté au service de la paroisse était dédié à saint Martin'.

Si l'on en croit une charte bien connue2, les Bénédictins de Sainte-Croix de Bordeaux auraient eu, dès la première moitié du xr siècle, une cella dédiée à saint Laurent, où reposait le corps de saint Macaire. Les tentatives d'indépendance des moines de Saint-Macaire donnèrent lieu à des difficultés qui prirent fin à l'avantage de Sainte-Croix, vers n653. On a encastré dans le mur Nord, il n'y a pas très longtemps, une inscription qui commémore la dédicace d'une église, dans les premiers mois de io/io'1.

En ce qui concerne l'église actuelle, nous ne possédons pas de texte relatif à sa construction. Des doléances du syndic de Sainte-Croix signalent, en i583, l'état de la voûte de notre église, « qui tombe et est toute ruynée »5. Nous savons qu'en 1619 il était question de surélever le clocher0; en 1765, à la suite d'une visite, l'Archevêque ordonna de recrépir les murs et d'en arracher le lierre7. L'autel paroissial était, en 1726, « au milieu d'un des cotez de lad. église prieurale »8; puis, on coupa l'église en deux dans le sens de la longueur, par un mur élevé entre la troisième et la quatrième travée; l'autel de la paroisse fut adossé à ce mur. Après l'expulsion des Jésuites, en 1781, le curé fit renverser le mur, dresser l'autel de saint Martin contre une paroi de la nef et transférer au maitre-autel le service paroissial.

Comme tant d'autres, l'église souffrit de la Bévolution. En 181 1, la toiture était en très mauvais état et le curé écrivit à Ms' d'Aviau qu'on n'avait pas trouvé moins de trente barriques d'eau sur les voûtes.

De 1826, il nous est resté un ensemble de pièces afférentes à de multiples entreprises : le

1. Une charte du 20 octobre 1(120 mentionne «l'autar parropianal de Sent-Martin instiluit en la gleysa de Sent-Machari » (H, fonds de Sainte-Croix, droits à Pian). — s. Il y a lieu de faire des réserves sur l'authenticité de cette pièce (Richard, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 218, n. 3). — 3. Virac, Histoire de Saint-Macaire, pp. 427-431 ; cf. les pièces, H 5i6. — k. Jouannet, Statistique de la Gironde, t. II, p. 308, avec un dessin à la lin du volume. — 5. H 012. — 6. E suppl. 3toi. — 7. E suppl. 3i56. — 8. y décembre 172G (II, fonds do Sainte-Croix).

MONOGRAPHIES

peintre Sandre retoucha les peintures; Boirac répara la charpente; Moulin ié coupa «les corbeaux de pierre... à droite et à gauche des murs de ia nef», enleva une colonne pour loger la chaire, élargit deux fenêtres au clocher, restaura la façade latérale Nord, etc.

L'église de Saint-Macaire fut, semble-t-il, la première dont s'occupa la Commission départementale des Monuments historiques: dès i83g et i84o, elle signala l'urgence qu'il y axait à

Fie. l4o. — PLAN DE SAINT-MACAIRE

Dessin de M Lacombe.

refaire la charpente, qui pesait par endroits sur les voûtes, et à mettre les voûtes elles-mêmes en état. Le projet fut exécuté en 18/41 ; de plus, le porche établi en avant de la façade Ouest fut enlevé et la démolition du prieuré dégagea le monument sur sa face Sud. Voici le détail de quelques travaux effectués en i84i : réfection de la charpente, de 7 mètres de cordon au-dessus du portail et de 18 mètres de cordon sur le liane Nord, de quatre chapiteaux manquants, de •2 mètres d'entablement à l'abside et de 7 mètres de corniche à l'Ouest, du glacis correspondant au retrait du mur en dehors de la travée Ouest, côté Nord, d'un chapiteau et deux voussoirs «en face de l'hôtel Notre-Dame », lequel autel était dans le bras Nord du transept; enfin, un peintre brossa au vif les sculptures, qui étaient empâtées de badigeon.

Peu avant 1879, la fabrique fit construire une tribune et gratter les voûtes. Il fallut, cette année-là encore, remplacer dans la charpente deux tirants brisés.

On a, durant ces dernières années, repris une lézarde dans l'abside méridionale et mis la façade en état, réparé le bas de la rose, remplacé dix-neuf fûts de colonnettes et dix bases, sculpté un groupe de trois chapiteaux sur le contrefort Nord-Ouest et six chapiteaux du portail, etc.

L'église Saint-Sauveur de Saint-Macaire, orientée à peu près vers le Nord-Est, a un chevet tréflé; les trois absides groupées autour du carié du transept sont à onze pans coupés. La nef comprend quatre travées à peu près carrées. L'ensemble de l'édifice mesure près de 60 mètres

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