EGLISE DE SAI>T-MACA1KE
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de longueur. L'entrée principale est à l'Ouest; des portes secondaires ont été percées et murées au Sud et au Nord. Un escalier est logé dans l'angle Sud-Ouest du transept et le été construit après coup dans l'angle Nord- Ouest de ce même transept.
Drouyn pensait que toute l'église avait été fondée d'un seul jet: il reportait à
l'époque romane les assises inférieures du ^ ^
monument entier, exception faite de l'angle ~Hf~J.. . i::
Sud-Ouest et de la plus grande partie de la
façade; dans le chevet, les parties basses
dateraienl des débuts du xii' siècle el les l^f ^jji , r^-/ - '~-*J^i!¥-'
parties hautes de la tin du même siècle.
Ce qui, du moins, saute aux yeux, c'est que le gros de la construction est plus ancien à l'Est: les trois absides sont romanes; le carré du transept marque une transition: les trois piles Nord-Est, Sud- Est et Sud-Ouest sont de type roman, tandis que la pile Nord-Ouest, comme les autres supports de la nef, est un groupe * de pilastres dont les angles sont arrondis et sur le milieu desquels ressort une
certaines clocher a
colonne engagée.
Les absides sont voûtées en cul-de-four. Le constructeur a bandé, à l'Est, au Nord et au Sud de la croisée, des arcs larges et puissants, comme ceux qui portent les coupoles; toutefois la voûte du carré est sur croisée d'ogives. Cette voûte et celle de la travée de nef qui est contiguë sont fortement bombées, mais appareillées à la façon des voûtes gothiques et les files de claveaux sont perpendiculaires aux côtés; les ogives ont un profil vigoureux: deux gros boudins courent le long d'une gorge qui porte un rang de fleurs à cinq pétales. Dans les travées suivantes, les voûtes sont moins bombées et le profil des nervures, aussi bien que la sculpture des chapiteaux, permettent d'intéressantes observations sur l'évolution des formes.
Les absides sont ornées d'une arcature de soubassement; l'abside centrale a, en outre, un second ordre d'arcades qui encadre les trois fenêtres. Cbacune de ces arcatuies est couronnée d'un cordon de
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Il/, MONOGRAPHIES
billettes, qui se continuait clans la nef: le cordon intérieur rencontrait les piles à peu près au milieu de leur hauteur; l'autre courait au niveau des tailloirs. Les deux ont été arasés; le cordon inférieur seul a été rétabli.
Les socles sont ronds dans la nef et plus élevés au Nord. La collection des chapiteaux est remarquable: chapiteaux romans des arcatures du chevet, frise nue en haut des quatre piles de la travée orientale de nef, chapiteaux à feuillages des travées suivantes. La série des fenêtres
de la nef n'est peut-être pas moins intéressante, depuis les fenêtres de l'Est, bien romanes, — surtout au Nord, où la fenêtre est cachée par le clocher, — jusqu'aux larges fenêtres à remplages de l'Ouest.
Les trois absides et le carré du transept ont reçu, vers i3oo, une décoration picturale, qui a été conservée sur les voûtes de l'abside centrale et de la croisée du transept. Ces peintures ont malheureusement souffert d'une restauration en 1825. La composition principale représente le Fils de l'homme d'après l'Apocalypse.
A l'extérieur, bien des détails sont à mentionner: les absides ont, comme la nef, des contreforts en forme de pilastre armé d'une colonne ; presque partout, les contreforts s'arrêtent quelques assises avant d'atteindre la corniche et, dans les absides, ils portent des colonnettes. Un énorme contrefort cylindrique monte contre l'abside Nord, jusqu'au cordon de billettes qui est sous l'appui des fenêtres et il se continue en un faisceau de colonnettes d'un dessin imprévu et piquant.
La corniche des absides, semée de billettes, repose sur des corbeaux dont le plus grand nombre rappelle les modillons à copeaux. Dans une portion de l'abside Nord, entre les corbeaux, les métopes sont décorées d'un ornement gravé à huit rais.
La travée Est de la nef a un cordon sous les fenêtres; la face Nord de cette travée est masquée par le clocher. Sur le flanc Sud, cette même travée a une corniche basse, au niveau de la corniche des absides, tandis que, dans les autres travées de la même face, le haut du mur garde des traces de pignons, dont les noues déterminent la hauteur du couronnement des contreforts. Au Nord comme au Sud, le mur de la travée Ouest s'amincit à partir d'un certain niveau; le même fait se produit à Saint-Émilion.
La façade Ouest a été reprise à plusieurs fois: l'angle Nord, avec ses colonnes groupées, est roman; mais les chapiteaux, d'ailleurs refaits, sont gothiques; la porte est du xiii0 siècle; le fronton, la rose et le contrefort d'angle au Sud sont d'une époque plus avancée.
La porte est d'une conception ingénieuse: les pieds droits biais sont coupés en deux étages, soubassement non compris: de chaque côté, en bas deux arcs trilobés, en haut deux statues de plein relief, dont chacune est abritée sous un dais. Les voussures prennent naissance au-dessus de ce dais; elles sont décorées de feuillages et de statuettes: Vierges sages, Vierges folles, anges. Dans le tympan, le Christ, assisté d'anges; sous le linteau, qui est nu, un linteau inférieur porte le Christ et dix Apê>tres(?); tympan et linteaux sont soutenus en dessous par un encorbellement découpé en arc trèfle, dont la naissance correspond, ou à peu près, à la mouline qui sépare les deux étages des pieds-droits. C'est, avec une allure plus franche et plus libre,
Planche XIV.- PORTE DE SAINT- MAC AIRE
EGLISE T>E SAIXT-MICITET.-nE-I-A-RTVrÈRF,
l'idée de la porte Sud de Saint-Seurin de Bordeaux. La statuaire est également supérieure à celle de Saint-Seurin: le personnage mutilé du jambage Nord est joliment modelé.
Les vantaux de la porte de Saint-Macaire avaient été rendus classiques par un dessin de Drouyn1. On les a sottement remplacés, vers r 865, par une menuiserie quelconque. Les deux vantaux pourrissent dans un débarras voisin.
Le clocher, qui est construit, nous l'avons vu, dans l'angle Nord-Ouest du transept, dessine en plan un hexagone renforcé, sur les angles, d'éperons saillants. Le rez-de-chaussée a été converti en sacristie pendant le xixe siècle; dans le premier étage, autrefois livré au culte, il subsiste une piscine double sous un arc trilobé.
L'église de Saint-Macaire a été l'objet de mentions nombreuses3: Yitet en a donné le plan dans sa monographie de la cathédrale de Noyon3. Comme pour Bayon, Félix de Verneilh'1 pensait que la nef avait été couverte d'une file de coupoles. 11 ne semble pas que l'édifice se rattache aux églises rhénanes, non plus qu'aux églises périgourdines : à la vérité, le maître d'œuvre a ou apparemment l'intention de tourner une coupole sur le carré du transept; mais il n'a pas donné suite à ce projet. La voûte de cette croisée et la voûte semblable de la travée
Jîrutails photogr.
voisine se rattachent, par le plan carré de l'aire
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qu'elles couvrent et par leur galbe bombé,
à l'école angevine et peut-être à la cathédrale de Bordeaux; le tracé des absides à onze pans rappelle l'église Sainte-Croix de Bordeaux; la section des piles, avec les angles arrondis des pilastres, atteste l'influence de l'école poitevine; le portail est manifestement apparenté au portail méridional de Saint-Seurin, qui est étudié ci-dessus.
Un archéologue distingué de l'Agenais, M. l'abbé Marboutin, a trouvé dans le Lot-et- Garonne, sur les confins de la Gironde et dans l'ancien diocèse de Bazas, à Esclottes, une construction religieuse dont les marques d'appareil, les ogives et certains chapiteaux sont les mémos qu'à Saint-Macaire. Esclottes est peut-être dû à l'équipe d'ouvriers qui a construit une partie de notre Saint-Macaire5.
Saint-Michel-de-La-Rivière, ou de Vertuye, ou de Fronsac, arrondissement de Libourne, canton de Fronsac. — Fglise paroissiale.
L'église de Saint- Michel est à peu près exactement orientée. Elle a été agrandie au vvii' siècle et dotée, à cette occasion, de collatéraux qui sont médiocrement intéressants. Il est aisé de reconstituer l'édifice tel qu'il est sorti des mains du constructeur roman.
i. Çaumont, Architecture religieuse, 5" éd., p. 563. — 2. A citer particulièrement la notice illustrée de Drouyn, dans le Bulletin monumental, t. XXVI, pp. 767-77 1 . — 3. Voir op. rit., p. 2i5. — li. Des influences byzantines, p. 23. — 5. Une église avait été bâtie à Esclottes vers 107O (Gnst. Desjardins, Carlulaire de Conques, p. 5j, n" 5o). La construction analogue à celle de Saint-Macaire est due à un remaniement.
MONOGRAPHIES
C'est une de ces églises, à faux transept portant clocher, comme il y en a toute une lignée dans les arrondissements de Libourne et de La Réole. Du mur Sud de la nef il reste une partie, dans laquelle était percée une porte aujourd'hui murée; l'arc de cette porte est redessiné par une archivolte d'extrados décorée de dents-de-scie. Un contrefort s'élève près de là, médiocrement saillant, terminé en talus. La voûte de la nef est récente; elle a remplacé une fausse voûte, qui avait elle-même été substituée à un lambris.
L'abside, en bon état de conservation, est, à l'extérieur, l'une des plus jolies de la région : fausse arcature, corniche sur colonnes engagées et sur corbeaux.
La partie haute du clocher est moderne. Peut-être le clocher s'arrêtait-il au niveau de la corniche sur corbeaux qui est au bas de l'étage supérieur. Dans l'étage du beffroi et à l'angle Nord Ouest, M. l'abbé Lamartinie, naguère curé do Saint Michel, a dégagé une ouverture et quelques marches: il devait y avoir dans la nef, à mi-hauleur, une porte desservant cet escalier, qui était combiné pour la défense.
La partie la plus intéressante de l'église est l'avant-clineur sis au-dessous du clocher, avec sa voûte d'ogives. Les supports sont encore romans; la vofile présente un mélange bizarre de formules rationnelles et de tâtonnements: formerels et doubleaux sont en arc brisé, épais à la clef, afin de diminuer la forme bombée de la voûte, très minces aux naissances, parce que la place manquait pour les loger. La place manquait si bien que le maître d'o>uvre a commencé les formerets deux ou trois assises plus haut que les ogives ; ils sont accrochés aux maçonneries voisines et, pour ainsi dire, suspendus en l'air. Les ogives s'appuient sur un coussinet posé en gousset dans l'angle rentrant que forme un ressaut du pilastre. Ce sont des nervures vigoureuses; l'intrados est découpé en trois tores juxtaposés, qui s'inscrivent dans un rectangle.
Au-dessus du berceau brisé de la nef existait une charpente gothique. Elle a été refaite partiellement, assez pour qu'il soit dilïicile d'en restituer la disposition primitive1.
Telle est, dans ses grandes lignes, celte église de Saint-Michel, qui a eu naguère, en la personne de son curé, un diligent et docte historien0. C'est peut-être en Gironde le spécimen le plus remarquable d'église à faux transept.
Fig. r/4/
Brutails rloli
l'I.W PAUT1F.L !>E SAIKT-MICHEL-DE-LA-BIV1KRE.
Saint-Vivien, arrondissement de Lesparre, chef-lieu de canton. — Eglise paroissiale. Décimateurs: le chapitre de la cathédrale de Bordeaux et le curé du lieu.
L'église de Saint-Vivien n'a d'ancien que l'abside. La nef était lambrissée et médiocrement intéressante. L'entrée était jadis défendue par des ouvrages qui n'avaient pas empêché les Protestants, en 1G22, de forcer et de brûler l'église3 et qui furent rasés au wui' siècle: « 11 y a environ vingt ans,» dit Baurcin, « qu'on a abattu le restant des fortifications et des crénaux.'1. » La nef a été refaite vers i85o. Le chevet était délabré; Drouyn, qui le vit en 1 858, écrivait: « Les
1. M. Lamartinie a néanmoins l^n t»'- cetle restitution à la ]>. 121 du livre donl le titre est donné dans la note suivante.— 1. F..-M. Lamartinie. Un min du Fronsadais, Libourne, 1905. — 3. A. Dupré, dans la Revue catholique île Bordeaux, du 10 mai 1891, p. 261. — k. Variétés bordelaises, t. Il, pp. 41-42.