ÉGLISE DE SAT\"T-VIVIEN
murs se lézardent dans certains endroits et ils font ventre dans d'autres. Cependant tout cela peut durer encore longtemps1.» Ces derniers mots étaient, semble-t-il, de trop.
En 1880, on démolit, pour les refaire avec les mêmes matériaux, trois travées de plan courbe, c'est-à-dire partie de l'abside proprement dite. On s'aperçut alors que les fondations et le reste du chevet étaient dans un tel état de désagrégation qu'il fallait procéder à une réfection totale. Le chevet entier fut déposé et reconstitué. Ce travail, qui prit fin en 1 883, n'eut pas un résultat satisfaisant: la voûte est lézardée et l'abside s'affaisse vers l'Est. Peut-être faudra -t- il reprendre une fois encore cetle malheureuse construction. Dès à pi'ésenl, quand on l'étudié, il faut se rappeler qu'une portion des maçonneries etdes sculptures est toute récente, principalement à l'intérieur; à l'extérieur, on a remplacé par des pierres brutes les ornements Irop détériorés.
L'ordonnance, au dehors, rappelle celle de Bégadan ; mais les proportions en sont bien plus heureuses. Comme conception d'ensemble, c'est à l'abside de Langoiran que celle de Saint-Vivien ressemble le plus. L'analogie s'étend même à un menu détail, d'ailleurs assez typique: il s'agit de colonnes légères, décorées jusqu'à une certaine hauteur d'un dessin courant et engagées dans chacun des faisceaux de colonnes qui décorent l'un et l'autre chevet.
L'étage des fenêtres comprend, à Saint-Vivien, de fausses arcades portant sur leur tympan des bas-reliefs. Sur les têtes des grands arcs de cet étage sont taillés des motifs répétés. Enfin, on a sculpté les métopes entre les corbeaux de la corniche.
L'intérieur du chevet de Saint-Vivien rappelle Langoiran, avec ses arcs, qui retombent alternativement sur une colonne et sur une console; mais le parti est, à Saint-Vivien, plus simple et plus franc. Au surplus, cette ordonnance intérieure a peut-être été modifiée: l'aspect n'inspire guère de confiance. On y peut signaler néanmoins une sculpture que le marquis de Castelnau observa en 18/19 ! : c'est une frise romane placée en haut du pied-droit Nord de l'arc triomphal; elle représente le pèsement d'une Ame que saint Michel et le démon se disputent. Le sujet, fréquemment traité ailleurs, est rare sous le ciseau des imagiers romans bordelais.