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LE CHEVET
large qu'un simple contrefort: ce renforcement subsiste à Artigues (fig. 175'"); on le voyait jadis dans les églises, aujourd'hui détruites, de Gaillan et de Saint-Trélody l.
Les chevets plats. — Les chevets plats sont ordinairement de même largeur que le reste de l'édifice : c'est la tête du rectangle, une travée affectée au sanctuaire. Nous savons que le chevet rectangulaire peut être plus étroit que la nef: il forme alors une partie distincte dans la construction; ainsi en est-il à Loupes, où le chevet mesure 3m 70 de largeur, alors que la nef atteint 6m 12. Les chevets plats peuvent être romans : c'est le cas du chevet de Loupes, ci-dessus nommé, qui est roman par sa construction, mais gothique par sa date. Il n'en est pas moins vrai que les plus intéressants parmi ces chevets rectangulaires sont couverts d'une , ^
voûte gothique: Le Pian, Macau, Très ses (fig- 261) et Marcillac
(fi
où ils portent le clocher, Tizac-de-Curton (fig. 177), Saint- Ciers- de -Canesse, Saint-Seurin de Bordeaux, Cartel ègue, Saint- Martin de-Ia-Caussade (fig. 221).
Le plan du choeur. — En avant de l'abside vient d'ordinaire un chœur. Dans certaines églises, les murs ressautent et s'écartent entre l'abside et le chœur, entre le chœur et la nef.
Brutails delin
FlG. 17O. — LA.NDTÏIA.S 3.
Brutails delin.
FlC. 177. — TIZAC-DE-CURTOX.
(Extrait du Bulletin de la Société archéologique, t. XXVIII, p. 127.)
A Brannens l'abside mesure 3"' 7 ; le chœur, 4"'i3; la nef, 5"'52.
A Saint-Romain-de-Vignague. — 3"'32; — 5"'i6; — 6m22.
A Saint-Palais-Lalande. . . .
A Saint-Martin-de-Monphélix.
Les lignes de flanc du chœur, à Saint-Romain-de-Vignague (fig. 178), sont assez compliquées : le chœur s'élargit, se rétrécit et s'élargit de nouveau.
Le chœur est souvent très profond; c'est une caractéristique des églises de nos contrées; mais il n'a qu'une travée : Drouyn a noté comme une rareté notable le doubleau qui coupe en deux, à Sainl-Quentin-de-Baron, la voûte de cette partie de l'église3. Un arc est tourné à l'entrée du chœur et il est porté habituellement par des colonnes engagées, qui le plus souvent ressortent sur des dosserets. Les premiers siècles ont laissé, en Afrique notamment4, quelques églises où ces dosserets sont très saillants, où le vaisseau est, sur ce point, resserré et comme étranglé. Cet étranglement est très accusé dans nombre de nos églises girondines;
1. Comple-rendu des Monuments historiques, 1847, P- I0- — 2i L'absidiole Nord de Landiras est due à une réfection. — 3. Revue catholique, 1880, p. io3. Le chœur de Beychac a également deux travées. — k- Par exemple, basilique d'Annoana, chapelles d'Announa et de Tipasa (Gsell, Les Monuments antiques de l'Algérie, t. II, pp. 166, 169, 337); bas-côtés d'une église arménienne (Choisy, Histoire de l'architecture, t. II, p. 5g).
LE PLAN DES EGLISES
ruluils dehii.
Fig. 178.
SAINT -ROMAIN-DE -VIGNAGt F..
on en peut donner plusieurs explications. D'abord, on plaçait assez fréquemment un
clocher-pignon sur l'arc triomphal, les cordes pendaient à côté du clergé; or, le poids de cette surélévation exagérait la poussée de l'arc triomphal, et il fallait réduire celui-ci. En second lieu, lorsque la nef était couverte d'un lambris, l'arc devait ctre bas, sous peine d'être coupé par le lambris, comme il est arrivé à Mouillac, où le sommet de l'arc apparaît môme au-dessus du toit de la nef, à Doulezon et ailleurs. Enfin, contre les dosserets saillants qui formaient les pieds-droits de l'arc triomphal, il y avait la place tout indiquée de deux autels.
Quel que soit le motif, cette disposition est fréquente, et dans toutes les parties de la Gironde: Bagas, Sallebeuf1, Marions, Gironde, La Rivière % etc. J'en donne ci-après un certain nombre d'exemples.
A Brannens l'arc triomphal a de largeur 2"'6o;
À Saint-Sulpiee-de-Guilleragues. — 3 " 43 ;
A Auriolles — 2'" 58 ;
A Sainte- Radegonde — 2"'8o;
A Saint-Palais Lalande .... 3"'77;
A Saint Martin de Mazerat (fig. 180). 2"'5o;
A Saint Martin-de Monphélix (fig. 179), — 3"'85;
A Sauviac — 2'" 87 ;
A Mouliets 3 " 22 ;
AMazerac — 3" 53;
A Saint Hilaire-du Bois .... — 4'" 00;
A Insos — 4'" 90 ;
A Gironde3 —
la nef, 5m52.
I ImOO.
L'arc triomphal de Puybarban, avant les restaurations récentes, était large de 3mio et la nef, de 6 à 7 mètres. Des documents du xvm" siècle nous apprennent que Saint-Sulpice-de- Faleyrens'1 et Semens5 présentaient un rétrécissement analogue.
Le transept. — Il se peut que le transept ait été seulement prévu à Cornemps. Il est partout, sauf à Pellegrue, accompagné d'absidioles. Une curieuse famille d'églises du Castillonnais et des pays voisins, Doulezon, Ruch, Sainte-
Brutails delin.
Fig.