‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 77 sur 185 · A 1 NT -ETIENNE- DE "LISSE · texte numérisé non relu

A 1 NT -ETIENNE- DE "LISSE

Les chevets en trèfle. — Je ne puis ciler dans le pays que trois exemples de chevet trèfle: Saint-Macaire, Saint-Étienne-de- Lisse (lig. i6o)> et Fossés (fig. 170)3. La partie orientale

de l'église de Fossés a été démolie et refaite à la fin de la période gothique; mais on voit nettement les naissances des absidioles de flanc, et il ne semble pas possible de reconstituer l'ancien chevet autrement que sur un plan en trèfle3. Quant à Saint-Étienne-de-Lisse, les bras du transept sont arrondis à leur extrémité; ils sont assez longs pour porter, du côté de l'Est, des absidioles. Nous ne possédons pas d'église, comme les églises agenaises d'Aubiac et de Saint-Pierre-del- Pech-', qui présente à la fois un chevet en trèfle et une tour centrale élevée sur le carré.

Tracé des absides. — Il est rare que le tracé des absides et des absidioles réponde à un demi-cercle, comme à l'abside de Villenave-d'Ornon : ce tracé est quelquefois irrégulier, à Aillas ou à Sainl-Genis-du-Bois, par exemple, et l'irrégularité peut être voulue : la courbe de l'absidiole Nord de Montagne s'aplatit en montant, afin de loger plus aisément la fenêtre.

D'une façon générale, en plan, l'abside se continue de chaque côté vers le Couchant en une ligne droite plus ou moins longue, et la profondeur de l'abside ainsi tracée est supérieure à la moitié de sa largeur.

Voici quelques chiffres

Fig

A Saint-homain-de-Vignague, l'ouverture est de

le creux, de 1"

A Saint-Aubin-en-Jallès . . .

A Sainte-Sporlalie, près de Podensac.

A Saint-Michel-de La-Kivière . —

Ailleurs, l'abside est plus profonde encore. Celte disproportion peut provenir de ce qu'on n'a pas accusé, comme il est d'usage de le faire, le point où l'abside rejoint le chœur, à l'aide d'un artifice, par une colonne engagée, par un dosseret, par un ou plusieurs ressauts.

1. Ct'r. Piganeau, Société archéologique, t. Il, p. 12;). — 2. Monferrand avait an chevet, tréllé: cela résulte d'un plan de Ch. Durand qui m'a été communiqué par M. Laeombe; mais, si l'on en juge par ce plan, le chevet de Monferrand ne devait pas être ancien. La paroisse elle-même ne l'est pas, ayant été démembrée d'Amharès en 1771 (Allain, Introduction à l'inventaire de la série G, p. XXVII, note i3). — 3. Cfr. Drouyu, Notes archéologiques, p. 12. — h- Tholin, Architecture religieuse de ÏAgenais, pp. 130 et i3o.

LE CHEVET

A titre d'exception, il faut signaler les absides de Saint-Hilaire-du-Bois (fig. 23o6'5) et de Saint-Léger-de-Vignague (fig. i58), où le creux est inférieur à la moitié de y$ l'ouverture : il ne mesure, en effet, que 2 mètres environ contre 4"' 70 à Saint- Hilaire et 2"' 60 contre 6"4o à Saint-Léger.

La tête de l'église de Saumos (fig. 171) offre une forme transitionnelle entre l'abside ronde et le chevet carré; à Goualade (fig. 172), un plan différent laisse percer la même préoccupation d'envelopper assez exactement les lignes courbes de l'intérieur dans les lignes de l'extérieur pour éviter, aux angles, les gros massifs qui existent lorsque le dedans est semicirculaire et le dehors carré. Un État des lieux conservé à la mairie de Périssac représente une église faite suivant ce dernier plan, qui est aussi celui de l'absidiole

Nord de Noaillan ; l'absidiole Nord de La Bmtaiis deiin.

Fig. 171. — saxmos.

Réole a été amenée à cette forme quand

on l'a renforcée d'une surépaisseur de maçonnerie afin qu'elle pût porter le clocher, et les

chevets de Vignonet1 et de Gazaugitat (fig. 173), plats en dehors, ronds en dedans, doivent peut-être cette particularité à des remaniements.

Ce qui est plus courant, c'est l'abside ronde en dedans, polygonale en dehors : Tauriac, Saint-Morillon (fig. 17/i), Lestiac, Saint-Macaire (fig. i4o), Balizac2. L'abside ronde de Saint-Léger-du-Balson a reçu après coup un placage extérieur polygonal : les fenêtres correspondent à des angles de ce polygone.

Les absides a pans coupés ; éperons. — Les absides qui sont à pans coupés en dedans comme en dehors sont

plus nombreuses que les précédentes. Presque toujours, dans ce groupe comme dans le précédent, les côtés sont en nombre impair, et une face occupe le milieu de l'abside. On compte les dérogations à cette règle : à Saint-Léger-du-Balson et à Cornemps (fig. 5o), un angle saillant est dans l'axe de l'édifice; Gujan, qui est de construction moderne, possède une abside à quatre pans et l'ancienne église de Sainte-Croix-du- Mont (fig. 175) se terminait, au témoignage de Drouyn, par « une abside romane

BruUils delin.

GAZAUGITAT.

Fig. 170.

xva siècle »3 : la restauration gothique avait, à ce qu'il parait, respecté le plan roman4.

triangulaire retouchée au

i. Ce chevet de Vignouet a subi des transformations profondes : la voûte serait de i854 (Guinodie, Histoire de Libourne, 2" éd., t. III, p. 134). — 2. Dessin de i864, dans les archives de la Commission départementale des Monuments historiques. — 3. Voyage à pied sur les bords de la Garonne, p. 17. — 4- Notes manuscrites de Drouyn.

LE PLAN DES ÉGLISES

En règle générale, les vieilles absides romanes bordelaises décrivent une portion de cercle.

Iirutails delin.

F 10. I 7/1 - — SAINT - MORILLON* FlG. I7J. — ANCIEN CHEVET DE SAINTE -CROIX - DU - MONT.

sont beaucoup plus difficiles à construire sur plan courbe. Ce dut être l'une des raisons

pour lesquelles le plan polygonal se substitua de plus en plus au précédent.

Il est donc normal qu'une abside ronde en bas soit polygonale en haut et cela s'est produit, en effet, à Illats, à Sendets, à Camarsac. Cependant, à Montagne, TabsidioleNord, qui est plus récente, est seule sur plan courbe, tandis qu à Caudrot l'extérieur de Tabside est en bas à cinq pans, en haut, à partir de 4"'5o environ, semi-circulaire. Il serait oiseux d'énumérer les absides polygonales des xve et XVIe siècles. Il se peut que l'abside ronde de Blézignac soit de la môme époque : c'est un spécimen attardé de plan roman. L'abside projette quelquefois à l'Est un renforcement qui peut être un massif plus

Brutails photogr.

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