LE PORCHE
Saint-Émilion, dans les églises de Saint-Laurent-du-Médoc et de Samonac, et il en était vraisemblablement ainsi jadis dans l'église de Préchac. On a parlé1 d'une avant-nef qui aurait existé dans l'église abbatiale de La Sauve : cette partie de l'édifice est assez bien conservée et, après l'avoir étudiée attentivement, je puis affirmer qu'il n'y a pas place pour une avant-nef.
Par contre, les porches ou ballets étaient nombreux. Lacanau a deux porches, l'un au Sud, l'autre à l'Ouest; Sillas possède un porche secondaire, construit en bois et placé en avant du porche principal. On trouve dans des paroisses du Bazadais, comme Escaude et Goualade (fig. i83(e'), un porche ou plutôt un abri à la porte du cimetière, ce qui est fréquent dans les Landes : j'ai gardé le souvenir d'un abri de ce genre qui existait à Saint-Paul-lès-Dax et des gâteaux qu'on y vendait à la sortie de la messe.
Les porches accolés aux façades et qui nous ont conservé bien des sculptures précieuses2 étaient destinés à garantir les fidèles contre les intempéries :
Saint-Michel-de-Rieufret, où avaient lieu des pèlerinages importants, avait de vastes porches, dont les traces subsistent. Assez fréquemment, ils concouraient à la défense, et ils abritent des tables de pierre, autels, tables d'offrande plutôt, oîi les fidèles déposaient leurs dons, où les officiers de l'église vendaient ces mêmes dons aux enchères. Des marchands s'installaient sous les porches et la fabrique leur louait les emplacements3. Le porche tenait une place importante dans la France rurale de jadis.
Drouyn a fait observer que l'usage de ces porches était répandu anciennement, puisque des façades romanes retiennent les corbeaux sur lesquels s'appuyait le faîte du toit en appentis4. Les constructions étaient légères, souvent en charpente : elles ont disparu ou on les a refaitesS. L'un des porches les plus anciens doit être celui de Tizac-de-Curton, où les piles de pierre ont encore quelque chose des formes gothiques0. Sans parler des porches formés par le rez-dechaussée des clochers, comme à Saint-Seurin-de-Bordeaux, certains porches étaient maçonnés.
Les cryptes. — Les cryptes sont rares dans la Gironde. Grégoire de Tours signale une confession à Bordeaux7. En 1186, on démolit la crypte de l'église bénédictine de La Réole, à l'occasion de la construction du château8. On a découvert, en i85o ou peu avant, sous l'église
1. F. de Vcrneilh, L'Architecture byzantine en France, p. 92. — 2. Une lithographie montre un porche en avant de la porte, à Loupiac-de-Cadillac. II y avait des porches à Saint-Martin-de-Sescas. ïauriac, Saint-Macaire, etc. — 3. Targon (E suppl. 3599). — k. Variétés girondines, t. II, p. 5o3. — 5. Lucmau, 1 638 (E suppl. 2101). Targon, 1677 (E suppl. 35gg). Daignac, 1739 (G 3io3). Masseilles a un porche pauvrement maçonné, daté de 17O0. Sainte -Radegonde, 1765 : (< Le ballet de l'église, qui est d'une grande utillité aux parroissiens, est tombé en ruine » (Rapport du curé de Pellegrue. C 37O9). — G. Coutras avait un porche sur une sablière duquel on avait lu la date de 1/195 (Compte-rendu des Monuments historiques, 1802, p. 2.")). Il est permis d'avoir des doutes sur la lecture de l'inscription : la qualité du français et les formules accusent une date sensiblement plus récente. — 7. De gloria martyrum, i 3/i. — 8. Dom Maupel, Acta memorahilia mon. S. -Pétri de Régula, ch. XIV, E suppl. 290/1, pp. 20-26.
LE PL\y DES' EGLISES
Saint-Michel de la même ville, une autre crypte1 et, en 1870, les travaux de' restauration de l'église d'Uzeste ont mis également au jour une crypte, que l'architecte a comblée sans même en faire un dessin '. On a prétendu qu'il existait une crypte sous le maître autel de Mérignas :
je n'ai pas su la voir et Drouyn n'en dit pas un mot dans sa description de l'église3. Peut-être a-t on pris pour une crypte un caveau sépulcral ;
des caveaux de ce
^tfH genre existent, par
M • lÉfc • ^1
^ cette pseudo-cryp- *«™^^ le, à Saint-Ferme'1 et à Vertheuil"'.
L'abside de Cérons et d'autres peutêtre laissent voir des traces de fenêtres percées bas qui peuvent bien avoir été faites pour éclairer une crypte.
En somme, la Gironde compte actuellement quatre cryptes : à Saint- Seurin de Bordeaux (fig. 17 et 18), à La Libarde (fig. i85 et 262), à Baron (fig. et à Saint-Ciers-d'Abzac(lig. 128). Les trois premières sont à trois nefs; encore faut-il préciser que, dans la crypte de Baron, tout l'aménagement intérieur est plus récent que l'enveloppe extérieure. 11 en est de même à Saint-Ciers, où les dosserets qui portent la voûte et la voûte elle-même ont été construits après coup. A La Libarde, c'est le chevet de la crypte qui paraît ajouté, comme d'ailleurs, à Saint Seurin, les enfoncements qui font suite, vers l'Est, aux nefs de la crypte.
Brutails rtelin.
Fig. iS5.
CRYPTE DE L\ LIBARDE.
i. Compte-rendu îles Monuments historiques, 18S0, pp. 20-23. — 2. Abbé Brun, L'zeste et Clément V, 2° éd., p. 7 et p. 109, note. — 3. Variétés ijirundines, t. I, p. 5 1 a . — *\. E suppl. 3453. — 5. 1723. E suppl. 3yii. C'est peut-être ce ca\eau que Jouannet a pris pour une crypte.