LES LIMBES
Et voici qu'éternellement, Pour être mortes sans baptême, Sans que nul leur ait dit : « Je t'aime » Dans un vague chuchotement;
Pour n'avoir pas connu les fièvres, Les détresses ni les sanglots, Pour avoir gardé toujours clos Leur cœur, leur esprit et leurs lèvres;
Surtout, pour n'avoir point offert Leur part d'amour à d'autres âmes, Pour n'avoir jamais été femmes.
Et pour n'avoir jamais souffert.
Dans le pâle décor des Limbes, Toujours seules, elles iront.
Le cœur chaste et calme, le front Ceint d'auréoles et de nimbes;
L ES VJ ERGES
Mais jamais, dans l'air effleuré D'un appel invisible et tendre, Elles ne doivent plus entendre La voix proche de l'Espéré.
Table