I. « A Pielro Soderini, gonfalonicre di Firenze
« Magnifico ae, Excclso Domino lanquam Patri observandissimo, Domino vex illifero lusticiæ excelsæ Reipublicæ Elorentinæ.
« Magnifiée ae excelso Domine, lanquam Pater observandissimo.
« Sarà lo esibitore di questa RafTaele pitlore da Urbino, il qualo avendo buono ingegno nel suo esercizio, lia deliberalo starc qualclm tempo in Fiorenza per imparare. K perché il padre so (suo) chn è molto virtuoso, cd è mio aflezionato, e rosi il figliuolo discreto e gemile giovanc, per ogni rispetlo io lo amo sominamenle, c desidero che egli venga a buona perfeziono; perù lo racromando alla signoria vostra strellamente, quanlo più posso; pregandola |>er amor mio elle in ogni sua occoreoza le piaccia preslargli ogni aiulo e favore, che lulti quelli piaceri e eomodi clie riceverà da Vostra Signoria li
LA VIKRfiË ET L’ENKANT JÉSUS. 34
se dessiner dans son irrésistible séduction la jeune image du peintre d’Urbin?... Raphaël arrive donc à Florence, et dans l’exaltation de son premier transport en présence des maîtres toscans, il peint la Vierge du Grand-Duc, œuvre déjà magistrale, dans laquelle la nature, vivement saisie, s’éclaire de la lumière plus vive d'un sentiment nouveau.
Sur un fond vigoureux et sombre, la Vierge, de grandeur naturelle, tient l’enfant Jésus dans ses bras. Humble, douce, radieuse, belle au point de vue de la nature et plus belle encore au point de vue de la grâce, elle est debout en face de nous, contemplant l’enfant Jésus qu’elle porte sur son bras gauche et qu’elle protège de sa main droite. La robe rouge ne se voit que sur la poitrine. Un ample manteau bleu , doublé de vert , couvre le sommet de la tète, tombe sur les épaules et enveloppe le reste de la ligure. Un voile transparent se mêle aux bandeaux de cheveux blonds, et descend sur le front sans en atténuer la noblesse. Les traits sont calmes sans impassibilité, et d’une beauté que Raphaël lui-même a rarement dépassée. On s’étonne qu’il soit possible d’atteindre, avec des moyens aussi simples,
riputerù a me propria, e lo avero (la quella per cosi gralissitna, alla qualc mi raecomando ed oITcro.
« Urbini, prima octobris 4304.
« JüANNA ËKLTRIA (II'. RUVEIIE,
« Ducissa Sarao et Urb»* Preft** iiwa. •
LliS VIERGES DE RAPHAËL.
à une telle puissance d’expression. Voilà de ces choses qu’on ne comprend que si on les a senties, et que rien ne peut rendre. Le silence, l’humilité, l’adoration, 1’eflacement, toutes les qualités morales qui parent cette figure, la font rayonner en même temps d’une majesté divine. On conçoit ainsi la Vierge des vierges et la fleur de toute virginité. La franchise de son regard et la pureté de sa bouche disent la franchise et la pureté de son cœur. Ce sont bien là les yeux dont parle Dante, « les yeux que Dieu chérit et vénère,... »
Gli occhi da Dio diletti e venerati
et dès qu’on les a vus on ne peut en détacher son cœur*.
Jusqu’ici Raphaël avait cherché la Vierge dans un mouvement spécial et épisodique de son ministère. La voilà maintenant dans sa simplicité religieuse, abstraite, universelle. Elle paraît, ’et cela suffit à nous la faire aimer. Il est peu d’images de là Mère du Verbe qui répondent mieux au rêve des grands esprits chrétiens. « Sainte comme le Christ, qui a pris en elle notre nature afin de la régénérer, elle est la femme selon l’esprit, comme la Vénus antique était la femme selon la chair. Dans celte Vierge, tout détache de cette pensée de la chair. Telle qu’une fleur aérienne, elle flotte au milieu