I . Vasari, t. VIII, p
presque reconstruite à la fin du xve siècle par Baccio Pintelli sous le pontificat de Sixte IV, et Jules 11 avait pour elle une prédilection particulière. On y tenait les deux tableaux de Raphaël en telle vénération, qu'on ne les montrait au peuple que les jours de grande fête1. Sandrart, en 1675, les vit encore exposés à l’admiration des fidèles. Peu de temps après le portrait de Jules II tomba entre les mains des Médicis; c’est ainsi qu’il se trouve aujourd'hui dans la Tribune de Florence. Quant à la Sainte Famille, ses pérégrinations sont encore enveloppées de mystère. Elle devint, on ne sait comment, la propriété d’un Romain nommé Girolamo Lotlorio, qui, en 1717 sous le pontificat de Clément XI, la donna au trésor de Lorette, d’où le nom de Sainte Famille de Lorette que prit dès lors ce tableau, sur le volet duquel on lisait :
PICTORUM PRINCIPIS ‘ RAPHAELIS SASCTII LRBINATIS OPOS
QÜOD HIERONYMUS LOTTORIliS ROMANDS SACRÆ DO MOI LAURETANÆ UÆRF.D1 EX ASSE RELIQUIT
AD PERENHEM PII TESTATORIS MEMORIAU CLEMENTE XI P. O. M. ANNUENTE IN LAURETANO THESA1IRO COLLOCATDM EST ANNO D. MDCCXVII *.
Tableau et volet ont aujourd’hui disparu. Les Français les auraient pris à la fin du dernier siècle et
4 . Amendue quesli quadri si moslrano le feste solenni. (Vasari.) i. V. Vincenzo Murri, Soprala Sancta Casa di Lorelo, p. 205.
transportés à l’Académie de France à Rome ; puis l’original aurait été dérobé, et on lui aurait substitué une copie pour l’envoyer à Paris*. La vérité est que cette Sainte Famille fut enlevée de Lorette, non par les Français, mais à l’approche des Français en pluviôse an vi (1799) par le général Colli, commandant des troupes romaines, et transportée à Rome chez le prince Braschi , neveu du pape régnant Pie VI. Qu’arriva-t-il ensuite? On ne sait. Il est certain qu’on garda l’original et qu’on envoya une copie au musée Napoléon. Cette copie fut plus tard, le 27 juin 1820, donnée à la commune de Morangis, par l’intermédiaire de Landon. Mais que devint la peinture même de Raphaël ? D’Agincourt pensait l’avoir retrouvée dans un tout petit tableau de l’Apothicairerie du collège Romain 1 2 3 4 ; Desnoyer la voyait dans le tableau de Morangis s ; le marquis Spinola la croyait à Gênes dans son propre palais et la vendit en 1847 au roi Charles- Albert ; d’autres la reconnaissent dans le tableau de M. Lauri*; d’autres encore pensent qu’elle est chez