Félibien, Entretiens, t. II, p
2. Florent-Lecomte, Cabinet des singularités, Paris, 1699, t. Il, p. 54.
3. Quant au volet, il est également au musée du Louvre, mais il ne tient plus au tableau. Il figure, dans le catalogue de M. Villot, sous le n" 387. C'est un panneau de môme grandeur que le tableau (0m,38 sur 0m,35), sur lequel une allégorie de l’Abondance est peinte en grisaille.
pas plus de 0,n,38 de haut sur O™, 35 de large. C’est pour ainsi dire une miniature. Mais ce tout petit espace s’agrandit presque à l’infini. On y respire avec plénitude le souffle bienfaisant de l’amour et de la vérité.
La Vierge est assise, protégeant de son bras gauche l’enfant Jésus et entourant de son bras droit le petit S* Jean. On ne voit que la main gauche, appuyée sur le corps du Sauveur. La main droite et une partie du bras droit disparaissent derrière le précurseur; le geste de ce bras et de cette main est seulement indiqué par le mouvement général de toute la figure. Les jambes sont ramenées l’une sur l’autre1, et taudis qu’elles se portent vers la gauche, le corps, par un mouvement en arrière des épaules et de la poitrine, incline vers la droite. La tête, vue de trois quarts à gauche, se penche doucement du côté de S' Jean. Elle est un peu forte ; et la coloration, trop animée, trop lourde même, manque de cette délicatesse dont Raphaël seul savait marquer ses ouvrages. Mais le sentiment qui anime les traits de la Vierge est touchant, et nous place presque directement sous les enchantements du maître. Le front et la structure du crâne ont un extrême développement. La bouche essaye de sourire; mais les yeux, bons et aimants; se voilent malgré eux et sont prêts à pleurer. La note triste, religieuse, vraiment poétique en pareille matière, eût été plus accentuée sans doute par Raphaël lui-même; mais l’élève