‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 138 sur 226 · Bossuet · texte numérisé non relu

Bossuet

d’immortel dans les affections humaines rayonne sur ce visage chargé de rides. La bonté, la dignité, la noblesse, transfigurent ainsi la vieillesse et lui communiquent une impérissable beauté. On comprend de suite, dans la mère de S' Jean-Baptiste, toute une existence d’honneur et de loyauté. « Dieu a conduit le juste par les voies droites*. » Raphaël a prodigué, nonseulement les ressources de son génie dans la conception de cette S" Elisabeth, mais il a mis aussi dans l’exécution toutes les délicatesses de sa main. Cette figure est vivante, vivante de la vie réelle, et vivante aussi de la vie surnaturelle dont le Fils de Dieu donne seul la révélation.

Le petit S' Jean-Baptiste disparaît en partie dans les plis du manteau de S,e Elisabeth. Plus âgé que Jésus, Jean ne se meut encore que dans les bras de sa mère. Le Verbe, au contraire, s’élance radieux dans le sein de Marie, et semble prêt à remonter au ciel d’où il est descendu. Quoi de plus charmant et en même temps quoi de plus religieux que ces deux groupes opposés, la Vierge et l’enfant Jésus, S'8 Elisabeth et S1 Jean-Baptiste? Marie, jeune, belle, régénérée par la grâce, mère et cependant vierge, unie à un fils qui est Dieu et qui veut dépendre d’elle comme le plus humble des enfants des hommes; Élisabeth, pliant sous le poids de l’antique déchéance, touchant déjà presque au néant, et dont Dieu vient de tirer mira-

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