‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 139 sur 226 · Juslum deduxil per vins rectos . (Sap., x · texte numérisé non relu

Juslum deduxil per vins rectos . (Sap., x

culeusement un fils qui n’est pas la lumière ' , mais qui devra rendre témoignage à la lumière*. « Jésus est grand par essence, et Jean sera grand par un éclat et un rejaillissement de la grandeur de Jésus 3. » Voilà la doctrine, et rien ne la saurait exprimer plus clairement que le tableau de Raphaël. Jésus nous apparaît comme l’idéal par excellence, c’est le Fils de Dieu. S' Jean est remarquable par le choix de ses formes, mais ce n’est que le fils d’un homme, et il sera loin toujours de la beauté du Sauveur; aussi est-il humblement placé derrière Jésus. On dirait qu’il veut se rapetisser et comme s’effacer devant les splendeurs qui l’éblouissent. Toute sa figure est forte et un peu massive. C’est ainsi que l’art classique aurait conçu Hercule à côté de Jupiter , le plus grand des héros en présence du maître des dieux. Ses mains sont jointes, et une petite croix de jonc est appuyée contre sa poitrine. Sa tête, abondamment coiffée de cheveux bruns, est vue de trois quarts à droite et presque de face. Ses yeux, bien ouverts, regardent Jésus avec une naïve admiration, et la prière sort de sa bouche enfantine comme l’amour se répand de Pâme au dehors... Pourquoi faut-il que Jules Romain ait mis la main à cette figure de S' Jean? Pourquoi cette carnation massive, briquetée , noirâtre , au lieu des chairs naturelles et vivantes que nous eût données le pinceau de Raphaël?

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