Ph. Gerbet, Esquisse de Rome chrétienne, t. I, p
habillement n’est pas en tout conforme à la réalité, il donne au personnage plus d’élégance dans la désinvolture, et laisse à son geste plus de liberté. La règle, en matière d’art, n’exclut pas une certaine fantaisie, et les éléments de la beauté doivent avoir le pas sur les conditions de l’archaïsme. Toute combinaison est bonne, qui permet d’augmenter le charme extérieur d’une figure en rendant avec plus d’évidence l’idée qu’elle doit exprimer. Or le caractère dominant de la figure de S' Augustin est mis en parfaite lumière dans le tableau de Raphaël. Les traits du saint évêque sont vifs, pleins de cette intelligence réfléchie qui gagne les hommes et les entraîne. « Son cœur tout en feu1 » cherche k toucher ainsi qu’il a été touché. L’orgueil en lui s’est transformé en humilité , et c’est l’humilité même qu’il prêche et qu’il montre dans la Vierge. Cette figure est, ainsi que les autres figures de saints dans ce tableau, presque identique à certaines figures de Fra Bartolommeo. Ce serait à s’y méprendre complètement s'il n’y avait là comme une étincelle déposée déjà, à peine visible encore, mais toute prête à jaillir au souille du génie de Raphaël.
S‘ Jacques Majeur est à côté de S' Augustin. Cet apôtre, si vivement adopté par l’imagination populaire, est ici très-simplement représenté. Sa tète est nue, vue de trois quarts à droite; ses traits sont