‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 167 sur 226 · Conf., 1. X, c. xxvu, p · texte numérisé non relu

Conf., 1. X, c. xxvu, p

fermes et même un peu rudes, mais non pas sans douceur, amaigris par la fatigue, couronnés de cheveux noirs encore et encadrés dans une barbe déjà blanche. Vêtu d’une tunique longue qui découvre seulement les pieds nus, et d’un manteau qui laisse voir presque entièrement la tunique, il tient de ses deux mains un long bâton de voyage. On songe à ses pérégrinations fabuleuses et l’on se rappelle que l’Espagne, Hère de remonter à la plus haute antiquité chrétienne, a revendiqué pour apôtre le fils de Zébédée , le frère de S' Jean l’Évangéliste, ce Jacques, que Jésus avait associé aux splendeurs du Thabor et aux angoisses du jardin des Oliviers'. « Regarde! regarde! » dit Béalrix à Dante en lui désignant S' Jacques qui va interroger le poète sur l’espérance, « voici le baron pour lequel là -bas on visite la Galicie’. » Raphaël aurait pu charger cette figure d'attributs légendaires, accumuler sur elle les caractères fantastiques dont le

1. S' Jacques Majeur est le S' Jacques de Compostelle des Espagnols. Son tombeau serait à Santiago (Compostelle), qui fut la capitale de la Galicie. Ce nom de Compostelle ( Campus stellœ) vient de l’étoile miraculeuse qui, au ix' siècle, révéla la sépulture de l’apôtre. Une ville se forma alors autour de ce tombeau, et fut prise par les Maures en 997. Aussi voit-on, au moyen âge, S‘ Jacques représenté souvent à cheval, armé d’une longue épée, et poursuivant les Infidèles. (V. Les Moines d’Occident, par le comte de Montalembert, t. III, p. 25.)

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