‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 175 sur 226 · La famille des Conti s’éteignit en · texte numérisé non relu

La famille des Conti s’éteignit en

2. En neuf livres, que Giustiniano Pagliarini a publiés à Rome. (V. Pungileoni, p. 411.)

3. Abbreviatore del sacro Palazzo Apostolico. — Viso di Curia.

sa voix à ia voix des saints, et tient une tablette sur laquelle devait être mentionnée la destination du tableau... Voilà le motif répété des milliers de fois depuis plus de deux siècles par la renaissance italienne. Raphaël s’en empare à son tour et ne rompt point avec le passé; mais s’il adopte toutes les traditions, c’est à condition de les élever et de les concilier. Sans prétendre à des systèmes nouveaux, il épure et accorde les errements des anciennes écoles, aussi bien que les aspirations impatientes des maîtres contemporains. De grandes audaces se produisent autour de lui; il a garde de les imiter. Ce qui est vraiment inspiré de l'esprit de Dieu est simple, et Raphaël aborde son sujet avec une entière simplicité. Le plus grand hommage que nous puissions rendre à la liberté, c’est de nous soumettre; et Raphaël trouve dans la soumission la complète indépendance. Il honore la Vierge autant qu’il adore l’enfant Jésus. Pour lui, « Marie est la cause du salut de tout le genre humain » Dieu ne nous exauce que par les mérites de son Fils, qui ne nous entend jamais mieux que par la voix de sa Mère. Telle est la doctrine catholique dont Raphaël a été. à toutes les époques de sa vie, l’infatigable interprète. Et non content de ne s’écarter en rien, quant «au fond, de l’orthodoxie la plus stricte, il conserve à la forme sa disposition traditionnelle. Au sommet et au centre,

1. Maria univerto generi huinano causa facta est salutu. (S1 Irénée, liv. III, ehnp. xxxm.)

LA VIERGE GLORIEUSE. 505

la Vierge commande à toute la composition. A la base et sur les côtés, le donateur et les saints sont groupés symétriquement deux à deux ; à gauche. S' Jean- Baptiste est debout et S' François d’ Assise est agenouillé devant lui; à droite, S1 Jérôme correspond à S' Jean et Sigismond Conti k S1 François. Ces quatre figures, douées d’une adorable sagesse d’expression, s’équilibrent et concourent, sans aucune déperdition de force, k une résultante identique; animées du même amour et de la même foi. elles sont comme transportées déjà dans les régions célestes, et bien que touchant encore k la terre, elles la dominent de ce même point de vue d’où l’aigle la découvre du haut des airs. Ce tableau, pénétré d’une flamme ardente et généreuse, parle autant à l’imagination qu’k la sensibilité. F.n le contemplant, on se rappelle la parole d’Isaïe : « Cieux, distillez la rosée d’en haut, et que les nues pieu vent le juste; que la terre s’ouvre et qu’elle germe le Sauveur; que la justice en même temps se lève 1 ! » Comment Raphaël a-t-il trouvé dans cette peinture quelques-uns des plus nobles accents du langage religieux? Par quelle puissance est- il remonté jusqu’à l’antique simplicité de l’Evangile? C’est ce que va faire comprendre chacune des parties de cet admirable ensemble.

La Vierge, assise sur les nuées et tenant son Fils dans ses bras, plane sur « la nation sainte et sur la fait

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