I. Mêle e locuste furon le vivande
Che nudriro’l Battista nel diserto;
Per ch' egli è glorïoso, e tanto grande Quanto per l'Evangelio v’è aperto.
(Dante, Purgatorio, canto xxn, v. 451.)
de tunique et un peu plus blonde que les cheveux, passe sur les épaules, couvre la poitrine et descend jusqu’aux genoux. Pour rehausser ce rustique vêtement, un manteau rouge, image de souveraineté spirituelle, est jeté sur l’épaule gauche '. Il y a, dans toute cette figure, quelque chose d’âpre et de heurté qui rappelle l’image dantesque : c’est « le grand Jean, qui, toujours saint, souffrit la solitude, le martyre et l’enfer durant deux ans*. » Une critique attentive signalerait bien quelques imperfections matérielles. On souhaiterait, par exemple, plus de rigueur dans le dessin du bras droit; on désirerait plus de justesse dans le modelé du nu; on demanderait plus de noblesse et d’élévation dans la tète... Il semble que Raphaël, en peignant ce S' Jean, se soit souvenu des sculptures primitives de la Toscane et particulièrement des œuvres si belles dans leur rudesse que Donatello et son école avaient laissées du précurseur; mais ces modèles, quelque admiration qu’on leur doive, étaient trop loin de la beauté pure pour inspirer Raphaël. Il est difficile d’ailleurs de ne point imputer aux retouches des restaurateurs ce qu’il y a maintenant de relativement défectueux et de presque gêné dans cette partie du tableau. Vasari, qui vit la Vierge de Foligno