‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 183 sur 226 · Vasari, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Vasari, t. VIII, p

2. Ceci n’est pas précisément une citation, mais la paraphrase de ces vers de Dante :

nacque al mondo un Sole,

Non era ancor molto lontan dall’ orto,

Cb’ei eominciô a far sentir la terra Délia sua gran virtude alcun conforto.

( Paradiso , canto xi, v. 50 et 55.)

3. Nel crudo sasso intra Tevere ed Arno Da Cristo prese l'ultimo sigillo,

Che le sue membra du’ anni portarno.

(Dante, l’aradiso, canto xi, v. 106.)

splendeurs. La tête, vue de profil à droite, est rasée ; mais il reste encore assez de cheveux pour couronner le front comine d’une auréole1. L’œil, limpide et brillant, s’illumine de la vision qu’il contemple; et par la bouche entr’ouverte s’exhale le trouble divin qui s’est emparé de l’âme tout entière. C’est bien là ce regard ivre de Dieu dont parlent les contemporains. Quant au corps, il s’efface et disparaît dans la longue robe grise des pauvres. François et la pauvreté de jour en jour s’aimèrent plus tendrement : « Leur concorde et leur aspect joyeux, leur admirable amour et leur doux regard faisaient naître de saintes pensées*... » Ces paroles de Dante n’ont-elles pas pris comme une forme sensible et vivante sous le pinceau de Raphaël ?.. Le S1 François de la Vierge de Foligno nous en rappelle bien d’autres encore, celles-ci par exemple : « Quand il plut à Dieu de l’élever à la récompense qu’il méritait pour s’être fait humble, il recommanda à ses frères, comme à des héritiers légitimes, sa Dame tant aimée et il leur ordonna de la servir fidèlement. Puis la belle âme voulut se détacher de l’enveloppe mortelle, pour retourner dans son

< . La barbe, soyeuse et peu fournie, couvre la lèvre supérieure, le menton et le bas des joues.

î. • La lor concordia, e i lor lieti sembianti,

L’atuore a maravaglia, e’I dolce sguardo Faceano esser cagion de' pensier santi.

Dante. Paradito, canlo xi, v. 76 !

LA VIERGE GLORIEUSE. 5îl

royaume'... » C’est une àme, en effet, qui veut monter au ciel. « Le dernier terme de l’amour, dit le Sauveur, est de mourir pour ce qu’on aime*. » S' François traduit ici fidèlement cette parole, et montre que sans la souffrance et le dévouement il n’y a rien de grand sur la terre. Tenant de la main gauche une petite croix qu’il élève vers Jésus, il étend vers nous sa main droite, et nous recommande à la bonté divine. Il est là dans un de ces ravissements de charité qui étaient la joie de son cœur. Raphaël est sorti définitivement de la routine et de la convention. Il a rompu avec le type traditionnel qu’il avait lui-même jusqu’alors accepté. Rien, dans cette figure, ne fait songer aux images stéréotypées de Pérugin ni d’aucun ffuattrocentista. C’est une création absolument neuve et originale. Se rapproche-t-elle davantage de la réalité, nous met-elle en présence d’une image historiquement plus vraie que par le passé ? Nul ne saurait le dire ; car on ne connaît qu’un seul document authentique, le portrait que Tullio de Pérouse avait exécuté à Assise pendant le fameux

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