‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 187 sur 226 · Ps. lxiv, Vulg. et lxv. Sept · texte numérisé non relu

Ps. lxiv, Vulg. et lxv. Sept

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LA VIERGE GLORIEUSE

des maîtres d’Urbin. de Pérouse, de Bologne et de Florence, le voilà qui s’empare à Rome du génie vénitien , et qui s’en approprie les dehors brillants et pompeux. Avait-il vu quelques-unes des œuvres de Giorgione? On le croirait à la hardiesse, à la liberté, surtout k la vigueur de son pinceau. En tout cas, à défaut des peintures de George Barbarelli, il était en train de faire connaissance avec celles de Sebastiano del Piombo. C’est sans doute à ce peintre récemment arrivé k Rome qu’il a emprunté la richesse des carnations, l’éclat des draperies, la douceur de l’air ambiant, la grâce et la beauté générale du coloris, qui font de la Vierge de Foligno une des œuvres brillantes du pinceau italien. Raphaël serait-il parvenu de lui-même à posséder une telle couleur?... Ce qui est certain, c’est que cette couleur, tout en rappelant les plus beaux Vénitiens, lui est toute personnelle. Ici. comme ailleurs, il a procédé par voie de transformation et de complète assimilation. Ni Sébastien, ni Giorgione, ni aucun autre n’aurait peint ce tableau. Et en nommant ces peintres, nous ne mettons en cause, cela va sans dire, que le charme extérieur; car pour la pensée, pour le style, pour ce qui est de l’esprit et de l’âme, Raphaël est partout hors de pair.

La Vierge peinte pour Sigismond Conti resta d’abord à Rome et fut placée sur le maître-autel de l’église d’Ara-Cœli’, au sommet du mont Capitolin. Le

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