‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 205 sur 226 · SAINTE CATHERINE D’ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

SAINTE CATHERINE D’ALEXANDRIE

(A la National Gallery, à Londres).

Cette peinture nous reporte vers le temps où Raphaël, dans l’essor de sa jeunesse, était à Florence et s’avançait vers cette virilité précoce, qui devait être bientôt à Rome si féconde et si prématurément arrêtée. C’était en 1506, il avait vingt-trois ans et il préparait la Mise au tombeau qu’il allait peindre l’année suivante à Pérouse pour l’église des Franciscains; ce fut alors aussi qu’il dessina le carton et qu’il peignit le tableau de la Sainte Catherine d’Alexandrie '. Jamais le

Le carton est au musée du Louvre; il est de la grandeur du tableau, piqué pour le décalque, et plus éloquent encore peut-être que la peinture. Le tableau est à Londres, à la National Gallerv. On trouve encore plusieurs esquisses à la plume, faites en vue de ce tableau ; une, par exemple, dans la collection d’Oxford, qui ne montre que la tête de la sainte; une autre où l’on voit toute la figure, dans la collection du duc de Devonshire, à Chatsworth.

chaste amour qui consumait cette vierge héroïque n'a été mieux senti ni plus éloquemment exprimé. La sainte, debout 1 2 et appuyée sur sa roue *, porte la main gauche à son cœur, et retient son manteau de la main droite. Le corps se présente presque de face, légèrement de trois quarts à droite, tandis que la tête , tournée spontanément en sens inverse, se lève vers le ciel et se montre de trois quarts à gauche. La robe est toute tlorentine. violette, agrafée par devant, et ornée d’une légende d’or en haut du corsage; les manches sont vertes et appartiennent à une tunique de dessous. Le manteau rouge, à revers jaune, est jeté sur l’épaule gauche, enveloppe seulement le bras gauche et tombe sur les cuisses. Un voile de gaze blanche, légèrement azuré, est ramené des cheveux derrière le cou, passe sur l’épaule gauche et forme une écharpe qui se croise sur la poitrine. Les cheveux blonds, ceints d’un cordon rouge, s’arrangent en nattes et en bandeaux ondoyants, qui dégagent les tempes et fuient derrière la tête en couvrant les oreilles. Le front, bien développé, s’ouvre à l’intelligence divine. Les yeux, levés au ciel, semblent voir dans une lumière radieuse que « la foi est le seul fondement sur lequel la science puisse bâtir quelque chose de stable3. » Remplie de cette pensée, la sainte enthousiaste « n’a plus dans l’esprit que des choses qui sur-

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