Bossuet, Panégyrique de. .9“ Catherine d'Alexandrie
LA VIERGE GLORIEUSE 58L
passent toute la nature : le martyre, la virginité; celui-là capable de nous élever au-dessus de la violence des hommes, celle-ci donnée pour nous égaler à la pureté des esprits célestes *. » Le visage porte l’empreinte d’une douleur profondément ressentie. C’est dans les larmes surtout que la beauté humaine paraît et se déploie ; Raphaël le prouve à chaque instant. La douleur est salutaire à l’âme ; elle élève vers Dieu beaucoup plus que la joie, nous rapproche ainsi de la beauté par excellence et nous permet d’en percevoir plus distinctement la splendeur. On reconnaît aisément dans cette S" Catherine une sœur de la Belle Jardinière et de toutes les Vierges florentines de Raphaël. Seulement le calme divin de la Madone fait place ici à une passion qui, pour être pure, n’en est pas moins humaine. L’amour de la mort qui s’empare des âmes saintes possède au plus haut point la Vierge d’Alexandrie. Ce qui la caractérise aussi, c’est le sentiment d’une grande humilité. Raphaël, en imprimant cette humilité à toutes ses figures religieuses, a presque résumé le christianisme dans cette vertu. « Je voudrais, écrivait S* Augustin à son ami Dioscorus, que vous missiez toute votre application à bien comprendre qu’il ne saurait y avoir pour vous d’autre moyen de parvenir à la vérité que la voie qui nous a été ouverte par Celui qui, comme Dieu, voit l'insuffisance de toutes nos démarches.